Un cocktail de sentiments [Triss]



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La soirée... - District Glitannai

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 Un cocktail de sentiments [Triss]

STAR WARS - RISE OF THE FORCE
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Résistance

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Résistance





Les gradés de la Résistance avaient eu une bonne idée. A moins que ce ne soit ceux de Coruscantis qui avaient pris la décision. Ses coéquipiers avaient bien rigolé en tout cas. Au début il avait fait la gueule. Se rendre sur Naboo en étant que représentant de Coruscant lui avait parut insensé, voir même plutôt ennuyant. Il aurait largement préféré s’y rendre avec le reste et se mêler au reste de la foule. Le palais de l’endroit avait pourtant une réputation qui en intriguait plus d’un, mais cela ne changeait rien. C’était pas son truc. Il voulait faire la fête dans les rues, se torcher jusqu’à pas d’heures sans réfléchir au lendemain, au lieu de faire le pied de grue, en tentant d’ëtre joli devant ces monsieurs et dames du gratin. En plus il n’aurait même pas l’occasion de crâner avec son badge des Rogues….l’intérêt?

En résumé l’idée d’être envoyé dans la délégation lui avait tout d’abord parue fastidieuse, d’autant plus qu’il avait du se coltiner une formation à vitesse grand v à propos de la fête. Comment se comporter face aux autres diplomates et gens d’un certain rang, quoi dire, quoi ne pas dire, et puis quoi faire. Il avait du se concentrer pour tout retenir. Il n’avait pas tellement apprécié.
Mais maintenant, tandis que les doigts du masseur lui malaxaient le dos, il tenait un tout autre discours, et celui-ci était bien plus enclin à trouver la situation plus que plaisante. Ce gars avait tout simplement bien plus de talent qu’il n’était permis. Le jeune homme criait quand ses muscles étaient mis sous pression lorsqu’ils étaient méchamment maniés, mais qu’importe, au final le massage le laissait dans un état de renouveau qui frôlait la perfection. Il ressortit de la séance métamorphosé. D’autres sessions étaient au goût du jour, certaines moins intéressantes. Comme le nettoyage de peau…Visiblement il avait les points noirs qui lui labouraient l’épiderme, et ce ne plaisait pas. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre tout de même.

Il y eut également un soin pour le corps. Et finalement on le laissa se prélasser dans la piscine. L’eau chaude. Les vagues qui courraient sur la surface. Il se colla sur un côté, dissimulé derrière un colonne et profita, faisant ce qu’il savait le mieux faire. Comprenez, rien.

Tranquille. Derrière ses paupières fermées, il se détendit. Les dernières semaines n’avaient pas été de tout repos, depuis que la Résistance avait été reformée. Il avait couru à droite à gauche. Ensuite l’escadron Rogue, où il était évident que les exigences de ses leaders étaient bien plus grandes. Tuiren avait de larges épaules, mais pas suffisantes pour encaisser le tout à chaque instant. Il y avait les missions, celles qui finissaient bien et celles qui partaient en vrille. Il y avait les gens qui revenaient blessés. Il y avait certaines choses qui remettaient en question des souvenirs et qui faisaient monter la colère. Tuiren n’était pas haineux, il pouvait réagir au quart de tour, mais il était relativement tranquille, comparé à d’autres.

Il eut l’occasion de replonger dans un de ces souvenirs décevants lorsque, filant de la piscine et se dirigeant vers le restaurant pour y boire un verre, il croisa la Chiss. Ce fut inattendu et lui décrocha une expression de surprise finie, tandis qu’il voyait la distance entre eux se rogner à chaque instant. Il vit Kathleen flottant dans son bain de bacta, la colère de Ray, le récit d’une torture, et tous les beaux mots de l’impériale qui s’étaient écroulés ce jour-ci. Est-ce qu’il l’avait crue, quand elle parlait de l’ordre qu’elle voulait pour la galaxie? Il s’était effectivement laissé convaincre, non pas que l’empire avait raison, mais qu’elle au moins, pouvait avoir un raisonnement qui tenait la route. Et qu’elle était quelqu’un de bien. Il l’avait remarquée sur les écrans, négociant face à Coruscant et la Nouvelle République. Il était tombé de haut ce jour-là, en voyant Ray revenir avec Kathleen.

Il aurais du s’éloigner mais ses pas le portèrent à ses côtés. Le Coruscantis eut un regard froid, et tandis qu’il posait ses mains sur le comptoir, il garda les yeux rivés vers la carte, une holographique qui montrait les boissons disponibles. Il avait une expression fermée. L’envie de pas décocher un mot.

Mais la présence de la Chiss était déstabilisante.

Il se décida enfin à décoller ses mâchoires.

- J’avais compris qu’on devait se revoir sur Hoth mais j’ai du me tromper.

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"I would ask all of you to lift your glasses and join me in a toast. To Rogue Squadron—past, present, and future. Those who oppose freedom and liberty oppose us. Let that fact give them pause to think and encouragement to travel the path of peace." Wedge


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Empire

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Empire


Un cocktail de sentiments
Un cocktail de sentiments

Si Triss avait été un tant soit peu d'espèce féline, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'elle ronronnerait. Elle s'était montrée très réticente quand son supérieur, au terme d'une interpellation réussie du côté de Western Sea lui avait suggéré, ou plutôt imposé de profiter du reste de sa journée pour découvrir les bienfaits de ce District. Il ne l'avait pas admis mais Triss était certaine que Lupren n'était pas innocent dans l'affaire, la veille alors qu'elle était à bord du Vigilant, ce dernier lui avait fait remarqué sa "sale mine", souligné l'accumulation de travail, de blessures, de responsabilités et la dernière intervention en date, pour couronner le tout. Tout naturellement, elle l'avait expédié sur les roses avec sa froideur légendaire. Le Capitaine du Vigilant qui connaissait bien la Chiss avait manifestement lâché du terrain pour mieux en regagner en prenant à parti l'Amiral commandant la Flotte du Vigilant, sans doute en appuyant sur à quel point la Chiss méritait de souffler un peu. Sa dernière mission entièrement menée et planifiée par ses soins s'étant soldée par un sérieux succès tactique pour l'Empire, il ne dû pas avoir de mal à obtenir gain de causes pour offrir à Triss une petite pause forcée.

Il ne perdait rien pour attendre, ce sale traitre, délateur et procrastination. Comme si elle avait besoin d'être maternée. Mais pour l'heure, Triss avait mis de côté sa hargne envers son ami pour savourer le massage dont elle était la cible, parvenant même à apprécier la chaleur ambiante qu'elle avait trouvé excessive à son arrivée. La tête appuyée sur ses bras, elle avait fermé les yeux, se laissant aller à une torpeur dont elle ne se serait jamais pensé capable en étant si loin de son blaster ou de son comlink. C'était une expérience qu'elle avait sincèrement imaginé détester : laisser quelqu'un s'occuper d'elle ainsi, se "détendre", ce qui était une notion toute relative pour une personne comme elle pour qui le stress n'avait que peu d'emprise. Considérant qu'elle n'avait nul besoin de ce type d'attentions, il ne lui était jamais venu à l'esprit que même sans être nécessaire, en bénéficier pouvait s'avérer tout particulièrement agréable. Les premières minutes avaient été plutôt difficile, la Chiss n'avait pas le contact physique facile et elle s'était fait violence pour ne pas envoyer promener la Zeltron qui s'occupait d'elle. L'impériale était non seulement peu disposée à se laisser tripoter par une inconnue mais elle avait tendance à se méfier de cette espèce en particulier, surtout depuis l'affaire "Kenan et la Zeltron". Pourtant elle dû bien vite l'admettre, la réputation de l'espèce n'était absolument pas erronée et aussi surprenant que ça puisse paraitre, la froide Chiss se laissa bien vite apprivoisée par la masseuse qui avait dû avoir affaire à des clients bien moins raisonnés que Triss.

Elle s'était presque endormie quand la masseuse l'informa qu'un thé l'attendait à la cafétéria de l'institut, le mot magique qui tira la Chiss se sa torpeur aussi efficacement qu'un signal d'alarme. Elle se leva et passa un peignoir pour se diriger d'un pas léger vers le restaurant. Elle en était certaine à présent, Lupren avait dû faire passer ses consignes en douce, mais s'il s'agissait de thé elle pouvait bien passer l'éponge. Enfin, il entendrait tout de même parler du pays, lui imposer un tel piège avec tout le travail qui l'attendait à bord… Elle savait très bien ce qui avait poussé son collègue et ami à l'y forcer, cette raison portait un nom : Kathleen. Alors oui, peut être que ces derniers jours, Triss s'était renfermée, que depuis la préparation de cette opération elle dormait peu et peut-être que cela se voyait sur son visage, d'un bleu plus pâle que d'habitude, aux yeux un peu moins flamboyants et soulignés de légères cernes. Peut-être aussi qu'elle avait refusé tout net d'en discuter quand il était venu la voir à l'infirmerie et qu'elle lui avait, peut-être, envoyé un "lisez mon rapport, Capitaine, et foutez moi la paix.". Il était bien possible que tout cela ait inquiété Lupren qui faisait preuve une fois de plus de cette tendance désespérément humaine de sur-réagir au moindre détail.
Ce thé arrivait au bon moment. Triss sentait la tension revenir au galop alors que les images s'imposaient de nouveau à son esprit. Elle les chassa, accélérant le pas, et faillit s'arrêter net quand son chemin la mena face à un autre occupant des lieux.

A croire que la Résistance avait décidé de tout faire pour s'imposer à son esprit : même quand on l'obligeait à fuir ses responsabilités, elles la traquaient malgré tout. Sur le coup, elle ressentit une joie fugace en reconnaissant cet humain là en particulier. Même si leurs chemins ne s'étaient croisés que furtivement, elle l'aurait reconnu entre mille, la ramenant un bref instant à quelques souvenirs impliquant une rivière, sans doute les meilleurs souvenirs qu'elle gardait de son crash sur Dathomir. Mais cette joie fut presque immédiatement réprimée par deux choses : d'une, ils avaient beau être sur un territoire neutre, il était un résistant, elle une impériale, soit deux ennemis. Il n'était pas de bon ton de se sentir stupidement allègre en le croisant. De deux, le regard qui posa sur elle en la remarquant était aux antipodes de leur dernier contact en date, ce geste au moment où ils étaient repartit chacun de leur côté qui avait laissé Triss quelque peu déstabilisée.

Ils étaient à présent presque côte à côte au comptoir dans un silence tendu, lui qui consultait la carte, Triss qui agitait distraitement la cuillère dans sa tasse de thé alors qu'il n'y avait nul besoin de mélanger. Il était clair qu'il n'était pas ravi de la croiser, ni ici, ni ailleurs, et elle avait une idée assez claire de la raison d'une froideur digne de la sienne. Il finit par briser le silence par une référence à son invitation, sur Dathomir. Elle passa les doigts sur le contour de sa tasse, le regard fixé devant elle et évitant soigneusement l'humain.

- Je voulais t'envoyer une invitation mais j'ai réalisé que tu ne m'avais pas donné ton numéro de comlink. Elle l'avait voulu sur le ton de la plaisanterie qui tourna court. L'hostilité franche de Tuiren parvenait étrangement à la blesser.

Elle ferma les yeux un bref instant, elle savait que cela arriverait. Elle avait frappé la Résistance, c'était ainsi, ils étaient en guerre. Alors elle avait dû faire son devoir, attaquer, exploiter une faiblesse pour en tirer un avantage. L'avantage, c'était les informations recueillies grâce au dispositif d'écoute. Le prix avait été très dur à payer. Un prix que Triss avait espéré ne jamais avoir à payer. Sans doute le prix le plus lourd qu'elle n'avait jamais eu à accepter. S'était-elle crue assez forte pour vivre avec ? Non, elle savait que cela la rongerait et qu'elle ne pourrait jamais se le pardonner. C'était pour cela qu'elle avait fait échouer sa traque la première fois, quand Kathleen avait déserté, elle aurait pu l'avoir ce jour-là mais n'avait pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. Cette fois, elle avait fait ce qu'elle devait. C'était déjà insupportable mais si elle ajoutait Tuiren dans l'équation, c'était de loin la pire action qu'elle ait eu à commettre pour le bien de l'Empire.

- Il est question de Kath n'est-ce pas… Dit-elle dans un murmure. Sa tasse trembla un instant dans ses mains et elle la reposa aussi vite, espérant qu'il ne l'avait pas vu.

Ce n'était pas une faiblesse, elle ne la considérait pas ainsi. Elle se targuait d'une maitrise très poussée de ses émotions qui était bien réelle : elle tolérait bien plus que n'importe quel humain la pression, l'angoisse, la tristesse, le deuil, la culpabilité, mais elle n'était pas pour autant dénuée d'émotion. Elle vivait elle aussi avec des colères, des peines, des regrets, les joies, l'espoir… Il était juste naturel pour elle de les laisser venir et passer, observer ses émotions comme quelque chose de passager, d'intéressant et dont il y avait quelque chose à tirer mais qui ne devait pas prendre le pas sur son mental. Parfois quand la situation était extrême les émotions l'épuisaient. Les cris de Kathleen la hantait, c'était normal, elle lui avait fait du mal, sciemment, en haïssant chacun de ses gestes, sachant que c'était mal, objectivement et au-delà de toute considération manichéenne. Elle avait torturé une amie. Elle avait exploité leur affection, elle s'était privée sans doute à tout jamais de l'indulgence de Kath, elle l'avait choisi, planifié et devait à présent l'assumer. Tel était son rôle. Alors pourquoi se refusait-elle à lever le regard de sa tasse pour affronter celui de Tuiren ?