Un cocktail de sentiments [Triss]



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La soirée... - District Glitannai

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 Un cocktail de sentiments [Triss]

STAR WARS - RISE OF THE FORCE
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Résistance

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Résistance





Les gradés de la Résistance avaient eu une bonne idée. A moins que ce ne soit ceux de Coruscantis qui avaient pris la décision. Ses coéquipiers avaient bien rigolé en tout cas. Au début il avait fait la gueule. Se rendre sur Naboo en étant que représentant de Coruscant lui avait parut insensé, voir même plutôt ennuyant. Il aurait largement préféré s’y rendre avec le reste et se mêler au reste de la foule. Le palais de l’endroit avait pourtant une réputation qui en intriguait plus d’un, mais cela ne changeait rien. C’était pas son truc. Il voulait faire la fête dans les rues, se torcher jusqu’à pas d’heures sans réfléchir au lendemain, au lieu de faire le pied de grue, en tentant d’ëtre joli devant ces monsieurs et dames du gratin. En plus il n’aurait même pas l’occasion de crâner avec son badge des Rogues….l’intérêt?

En résumé l’idée d’être envoyé dans la délégation lui avait tout d’abord parue fastidieuse, d’autant plus qu’il avait du se coltiner une formation à vitesse grand v à propos de la fête. Comment se comporter face aux autres diplomates et gens d’un certain rang, quoi dire, quoi ne pas dire, et puis quoi faire. Il avait du se concentrer pour tout retenir. Il n’avait pas tellement apprécié.
Mais maintenant, tandis que les doigts du masseur lui malaxaient le dos, il tenait un tout autre discours, et celui-ci était bien plus enclin à trouver la situation plus que plaisante. Ce gars avait tout simplement bien plus de talent qu’il n’était permis. Le jeune homme criait quand ses muscles étaient mis sous pression lorsqu’ils étaient méchamment maniés, mais qu’importe, au final le massage le laissait dans un état de renouveau qui frôlait la perfection. Il ressortit de la séance métamorphosé. D’autres sessions étaient au goût du jour, certaines moins intéressantes. Comme le nettoyage de peau…Visiblement il avait les points noirs qui lui labouraient l’épiderme, et ce ne plaisait pas. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre tout de même.

Il y eut également un soin pour le corps. Et finalement on le laissa se prélasser dans la piscine. L’eau chaude. Les vagues qui courraient sur la surface. Il se colla sur un côté, dissimulé derrière un colonne et profita, faisant ce qu’il savait le mieux faire. Comprenez, rien.

Tranquille. Derrière ses paupières fermées, il se détendit. Les dernières semaines n’avaient pas été de tout repos, depuis que la Résistance avait été reformée. Il avait couru à droite à gauche. Ensuite l’escadron Rogue, où il était évident que les exigences de ses leaders étaient bien plus grandes. Tuiren avait de larges épaules, mais pas suffisantes pour encaisser le tout à chaque instant. Il y avait les missions, celles qui finissaient bien et celles qui partaient en vrille. Il y avait les gens qui revenaient blessés. Il y avait certaines choses qui remettaient en question des souvenirs et qui faisaient monter la colère. Tuiren n’était pas haineux, il pouvait réagir au quart de tour, mais il était relativement tranquille, comparé à d’autres.

Il eut l’occasion de replonger dans un de ces souvenirs décevants lorsque, filant de la piscine et se dirigeant vers le restaurant pour y boire un verre, il croisa la Chiss. Ce fut inattendu et lui décrocha une expression de surprise finie, tandis qu’il voyait la distance entre eux se rogner à chaque instant. Il vit Kathleen flottant dans son bain de bacta, la colère de Ray, le récit d’une torture, et tous les beaux mots de l’impériale qui s’étaient écroulés ce jour-ci. Est-ce qu’il l’avait crue, quand elle parlait de l’ordre qu’elle voulait pour la galaxie? Il s’était effectivement laissé convaincre, non pas que l’empire avait raison, mais qu’elle au moins, pouvait avoir un raisonnement qui tenait la route. Et qu’elle était quelqu’un de bien. Il l’avait remarquée sur les écrans, négociant face à Coruscant et la Nouvelle République. Il était tombé de haut ce jour-là, en voyant Ray revenir avec Kathleen.

Il aurais du s’éloigner mais ses pas le portèrent à ses côtés. Le Coruscantis eut un regard froid, et tandis qu’il posait ses mains sur le comptoir, il garda les yeux rivés vers la carte, une holographique qui montrait les boissons disponibles. Il avait une expression fermée. L’envie de pas décocher un mot.

Mais la présence de la Chiss était déstabilisante.

Il se décida enfin à décoller ses mâchoires.

- J’avais compris qu’on devait se revoir sur Hoth mais j’ai du me tromper.

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Un cocktail de sentiments
Un cocktail de sentiments

Si Triss avait été un tant soit peu d'espèce féline, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'elle ronronnerait. Elle s'était montrée très réticente quand son supérieur, au terme d'une interpellation réussie du côté de Western Sea lui avait suggéré, ou plutôt imposé de profiter du reste de sa journée pour découvrir les bienfaits de ce District. Il ne l'avait pas admis mais Triss était certaine que Lupren n'était pas innocent dans l'affaire, la veille alors qu'elle était à bord du Vigilant, ce dernier lui avait fait remarqué sa "sale mine", souligné l'accumulation de travail, de blessures, de responsabilités et la dernière intervention en date, pour couronner le tout. Tout naturellement, elle l'avait expédié sur les roses avec sa froideur légendaire. Le Capitaine du Vigilant qui connaissait bien la Chiss avait manifestement lâché du terrain pour mieux en regagner en prenant à parti l'Amiral commandant la Flotte du Vigilant, sans doute en appuyant sur à quel point la Chiss méritait de souffler un peu. Sa dernière mission entièrement menée et planifiée par ses soins s'étant soldée par un sérieux succès tactique pour l'Empire, il ne dû pas avoir de mal à obtenir gain de causes pour offrir à Triss une petite pause forcée.

Il ne perdait rien pour attendre, ce sale traitre, délateur et procrastination. Comme si elle avait besoin d'être maternée. Mais pour l'heure, Triss avait mis de côté sa hargne envers son ami pour savourer le massage dont elle était la cible, parvenant même à apprécier la chaleur ambiante qu'elle avait trouvé excessive à son arrivée. La tête appuyée sur ses bras, elle avait fermé les yeux, se laissant aller à une torpeur dont elle ne se serait jamais pensé capable en étant si loin de son blaster ou de son comlink. C'était une expérience qu'elle avait sincèrement imaginé détester : laisser quelqu'un s'occuper d'elle ainsi, se "détendre", ce qui était une notion toute relative pour une personne comme elle pour qui le stress n'avait que peu d'emprise. Considérant qu'elle n'avait nul besoin de ce type d'attentions, il ne lui était jamais venu à l'esprit que même sans être nécessaire, en bénéficier pouvait s'avérer tout particulièrement agréable. Les premières minutes avaient été plutôt difficile, la Chiss n'avait pas le contact physique facile et elle s'était fait violence pour ne pas envoyer promener la Zeltron qui s'occupait d'elle. L'impériale était non seulement peu disposée à se laisser tripoter par une inconnue mais elle avait tendance à se méfier de cette espèce en particulier, surtout depuis l'affaire "Kenan et la Zeltron". Pourtant elle dû bien vite l'admettre, la réputation de l'espèce n'était absolument pas erronée et aussi surprenant que ça puisse paraitre, la froide Chiss se laissa bien vite apprivoisée par la masseuse qui avait dû avoir affaire à des clients bien moins raisonnés que Triss.

Elle s'était presque endormie quand la masseuse l'informa qu'un thé l'attendait à la cafétéria de l'institut, le mot magique qui tira la Chiss se sa torpeur aussi efficacement qu'un signal d'alarme. Elle se leva et passa un peignoir pour se diriger d'un pas léger vers le restaurant. Elle en était certaine à présent, Lupren avait dû faire passer ses consignes en douce, mais s'il s'agissait de thé elle pouvait bien passer l'éponge. Enfin, il entendrait tout de même parler du pays, lui imposer un tel piège avec tout le travail qui l'attendait à bord… Elle savait très bien ce qui avait poussé son collègue et ami à l'y forcer, cette raison portait un nom : Kathleen. Alors oui, peut être que ces derniers jours, Triss s'était renfermée, que depuis la préparation de cette opération elle dormait peu et peut-être que cela se voyait sur son visage, d'un bleu plus pâle que d'habitude, aux yeux un peu moins flamboyants et soulignés de légères cernes. Peut-être aussi qu'elle avait refusé tout net d'en discuter quand il était venu la voir à l'infirmerie et qu'elle lui avait, peut-être, envoyé un "lisez mon rapport, Capitaine, et foutez moi la paix.". Il était bien possible que tout cela ait inquiété Lupren qui faisait preuve une fois de plus de cette tendance désespérément humaine de sur-réagir au moindre détail.
Ce thé arrivait au bon moment. Triss sentait la tension revenir au galop alors que les images s'imposaient de nouveau à son esprit. Elle les chassa, accélérant le pas, et faillit s'arrêter net quand son chemin la mena face à un autre occupant des lieux.

A croire que la Résistance avait décidé de tout faire pour s'imposer à son esprit : même quand on l'obligeait à fuir ses responsabilités, elles la traquaient malgré tout. Sur le coup, elle ressentit une joie fugace en reconnaissant cet humain là en particulier. Même si leurs chemins ne s'étaient croisés que furtivement, elle l'aurait reconnu entre mille, la ramenant un bref instant à quelques souvenirs impliquant une rivière, sans doute les meilleurs souvenirs qu'elle gardait de son crash sur Dathomir. Mais cette joie fut presque immédiatement réprimée par deux choses : d'une, ils avaient beau être sur un territoire neutre, il était un résistant, elle une impériale, soit deux ennemis. Il n'était pas de bon ton de se sentir stupidement allègre en le croisant. De deux, le regard qui posa sur elle en la remarquant était aux antipodes de leur dernier contact en date, ce geste au moment où ils étaient repartit chacun de leur côté qui avait laissé Triss quelque peu déstabilisée.

Ils étaient à présent presque côte à côte au comptoir dans un silence tendu, lui qui consultait la carte, Triss qui agitait distraitement la cuillère dans sa tasse de thé alors qu'il n'y avait nul besoin de mélanger. Il était clair qu'il n'était pas ravi de la croiser, ni ici, ni ailleurs, et elle avait une idée assez claire de la raison d'une froideur digne de la sienne. Il finit par briser le silence par une référence à son invitation, sur Dathomir. Elle passa les doigts sur le contour de sa tasse, le regard fixé devant elle et évitant soigneusement l'humain.

- Je voulais t'envoyer une invitation mais j'ai réalisé que tu ne m'avais pas donné ton numéro de comlink. Elle l'avait voulu sur le ton de la plaisanterie qui tourna court. L'hostilité franche de Tuiren parvenait étrangement à la blesser.

Elle ferma les yeux un bref instant, elle savait que cela arriverait. Elle avait frappé la Résistance, c'était ainsi, ils étaient en guerre. Alors elle avait dû faire son devoir, attaquer, exploiter une faiblesse pour en tirer un avantage. L'avantage, c'était les informations recueillies grâce au dispositif d'écoute. Le prix avait été très dur à payer. Un prix que Triss avait espéré ne jamais avoir à payer. Sans doute le prix le plus lourd qu'elle n'avait jamais eu à accepter. S'était-elle crue assez forte pour vivre avec ? Non, elle savait que cela la rongerait et qu'elle ne pourrait jamais se le pardonner. C'était pour cela qu'elle avait fait échouer sa traque la première fois, quand Kathleen avait déserté, elle aurait pu l'avoir ce jour-là mais n'avait pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. Cette fois, elle avait fait ce qu'elle devait. C'était déjà insupportable mais si elle ajoutait Tuiren dans l'équation, c'était de loin la pire action qu'elle ait eu à commettre pour le bien de l'Empire.

- Il est question de Kath n'est-ce pas… Dit-elle dans un murmure. Sa tasse trembla un instant dans ses mains et elle la reposa aussi vite, espérant qu'il ne l'avait pas vu.

Ce n'était pas une faiblesse, elle ne la considérait pas ainsi. Elle se targuait d'une maitrise très poussée de ses émotions qui était bien réelle : elle tolérait bien plus que n'importe quel humain la pression, l'angoisse, la tristesse, le deuil, la culpabilité, mais elle n'était pas pour autant dénuée d'émotion. Elle vivait elle aussi avec des colères, des peines, des regrets, les joies, l'espoir… Il était juste naturel pour elle de les laisser venir et passer, observer ses émotions comme quelque chose de passager, d'intéressant et dont il y avait quelque chose à tirer mais qui ne devait pas prendre le pas sur son mental. Parfois quand la situation était extrême les émotions l'épuisaient. Les cris de Kathleen la hantait, c'était normal, elle lui avait fait du mal, sciemment, en haïssant chacun de ses gestes, sachant que c'était mal, objectivement et au-delà de toute considération manichéenne. Elle avait torturé une amie. Elle avait exploité leur affection, elle s'était privée sans doute à tout jamais de l'indulgence de Kath, elle l'avait choisi, planifié et devait à présent l'assumer. Tel était son rôle. Alors pourquoi se refusait-elle à lever le regard de sa tasse pour affronter celui de Tuiren ?





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Il sentit son poing se serrer sous la colère.
Il avait décidé de se la sortir de l’esprit, sans se poser plus de questions, en se disant que tant pis, il valait mieux tout oublier. Il n’avait pas eu le temps de réfléchir non plus. Les semaines s’enchainaient, les missions rythmaient les jours et les nuits. La lutte ne laissait pas de place à la déception. Mais tout au fond de soi, il restait les traces d’une rancoeur qui ne s’estompait pas vraiment. Les paroles de la Chiss avaient en soit ce goût vicieux de la fausseté. Les mots étranglés par le mépris. Certains voyaient dans la capacité de berner une qualité. Mais les yeux de Tuiren, quand ils se posèrent vers elle, portaient un tout autre jugement. Ne crois pas m’embobiner avec tes histoires. Elle avait tremblé, ses mains ils les avaient vues, oubliant l’espace d’un instant leur contenance, s’adonnant à la cavalcade sauvage de la peur. Encore une nouvelle facon de ferrer le poisson. Il l’avait bien vue sur Dathomir, jouant la pauvre femme désolée pour mieux se jouer des gens.

Elle avait vu juste, c’était bien de Kathleen qu’il s’agissait, et d’une certaine facon, le fait qu’elle l’appelle par son prénom l’indignait plus qu’autre chose. Elles se connaissaient visiblement, bien plus que lui ne connaissait la capitaine. Elles avaient un passé commun, mais ca c’était seulement d’après les dires de Ray. Deux agents de l’Empire, l’une ayant changé de camp, l’une fidèle au poste, qui réglaient leurs comptes d’une manière qui lui semblait insensée.

Tuiren n’était pas d’humeur à discuter, et les pseudos traits figés de la Chiss lui semblaient mesquins. Okay elle faisait semblamt. Ou alors elle en avait strictement rien à faire. Qu’elles étaient mignonnes ces filles au visage impassible, que rien ne semblaient contrarier. L’idée de devoir se coltiner un personne aussi dingue de contrôle n’était pas du tout tentante. Lui bouillonait au contraire, n’ayant pas l’insolence de se montrer vide de toute émotion.

- Mmmm ouais p’être bien.

Il s’éloigna juste du bar et n’eut pas d’autre réaction que de lui lâcher, dans le mépris le plus total, ce qui résumait bien ses pensées.

- J’ai cru à tes conneries. Le dernier des cons à me laisser embobiner par toutes les jolies histoires que tu racontais. Ca t’a bien faire marrer j’espère. Mais en fait t’es juste une tarée.

Triss n’avait pas seulement frappé la résistance, elle avait également joué avec lui, et ses sentiments. C’était peut-être son travail. Elle obéissait sans doute comme une soldat, celui qu’elle devait être. Tant mieux pour elle. Tant mieux pour l’Empire. Mais cela marquait la fin d’une éventuelle estime qu’il pouvait avoir pour elle. Elle avait enfoncé des aiguilles dans le corps d’une personne, repoussant les limites de l’indifférence, au nom de quoi, de l’ordre supposé pour une galaxie. Disait-elle sans le moindre frisson perceptible sur son visage.

Il toucha une fibre. La rigidité de l’impériale s’estompa, tandis que les larmes coulaient sur ses joues. Et cela le toucha. Quel monstre aurait été insensible aux pleurs d’une femme. Mais l’arrière-pensée qu’elle jouait encore persistait.

- Ca suffit avec ta comédie.

Elle siffla comme un serpent en colère. Puis elle tourna les talons et s’éloigna. Il resta seul quelques l’instant, à la regarder partir. Il y avait des traces d’hésitation en lui, sans doute fut-ce cela qui le poussa à la suivre. D’un pas rapide, il lui emboîta le pas au détour des couloirs, jusqu’à ce qu’elle les entraine vers les chambres, et disparaisse enfin derrière une porte.

Cette dernière n’était pas verrouillée, par volonté peut-être, et il lui suffit d’ouvrir la porte à son tour.
Il marcha dans la chambre.
Ses pas étouffés par une épaisse moquette.
Elle était face à la fenêtre, lui tournant le dos, et quand il se rapprocha d’elle, il remarqua les larmes qui continuaient à couler sur ses joues.

Prenant place sur lit, il essaya de trouver les prochains mots. Seuls dans cette chambre, et loin des oreilles indiscrètes, il n’y avait plus qu’eux, et le bruit des vagues s’écrasant sur le récif.

- J’ai pensé à toi tu sais. Il y avait la lassitude dans ses mots. Jusqu’à ce que tu mettes tout en oeuvre pour t’emparer de ton amie. Et que tu te comportes comme la dernière des brutes. Il avait mis du sien, pour rien lui semblait-il. Pour une femme qui finalement n’en valait pas la peine.

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Un cocktail de sentiments
Un cocktail de sentiments

Une tarée oui, un monstre, une tortionnaire, la représentation même de l'inhumanité, ce rôle qui lui allait si bien qu'on lui avait assigné dès ses premiers mois à l'Empire. Elle qui venait là pour protéger cette fichue galaxie et qui avait dû faire ses preuves, se montrer forte, sans pitié, qui avait dû sacrifier certaines de ses convictions les plus profondes et accepter les pires besognes pour mériter sa place. Ses mains se crispèrent sur le bar, incapable de reprendre sa tasse, à peine si elle parvenait à respirer. Toute sa concentration employée pour rester calme, ne pas craquer... Ne pas admettre que les paroles et le jugement de ce garçon comptait et la touchaient autant que les cris de celle qu'elle appelait toujours "amie". Sans doute Lupren avait raison, sans doute avait-elle été éprouvée par tout ça, peut-être qu'elle avait été trop éprouvée depuis Endor et que son refus net de prendre les moindres vacances, d'en faire toujours plus, avait fini par la rattraper, que la fatigue attisait la sensibilité qu'elle s’efforçait d'oublier. Son esprit la trahissait et voilà que son corps s'y mettait, à coup de tremblement, et ces fichues larmes qu'elle sentait lui brûler les yeux. Elle avait baissé la tête, les dents serrées, une vague de rage lui étreignant la poitrine jusqu'à ce que Tuiren lui somme de cesser cette "comédie". Une comédie ? L'expression honteuse de ses sentiments les plus authentiques qui se battaient pour s'exprimer quand tout en elle les combattait. Ce fut trop pour Triss, elle releva la tête dans un grondement furieux, furieux contre lui, contre elle, contre l'Empire, contre la Résistance et enfin contre la galaxie toute entière, pour s'éloigner d'un pas vif le plus loin possible.

Spontanément elle voulut quitter l'Institut, se détendre, tu parles ! Elle rentrait sur le Percutant et s'enfermerait dans ses quartiers pendant aussi longtemps qu'il lui plairait, là où personne n'oserait la déranger et ne risquerait de la surprendre dans un moment de détresse. Ne plus voir personne et même désactiver EDE, elle disparaîtrait avec son thé et ses livres jusqu'à ce qu'elle ai retrouvé son calme légendaire. Elle réalisa à quelques pas de la sortie qu'elle ne portait que son peignoir et que cela ne constituait pas une tenue respectable, aussi retourna-t-elle aussi sec à sa chambre. Au fond, c'était déjà un bon endroit pour s'isoler... La porte se referma derrière elle et, habituée au verrouillage automatique et sécurisé de ses quartiers impériaux, elle ne prit pas la peine de vérifier. Elle était seule à présent. Elle posa ses mains à plat sur l’appui de fenêtre, le regard perdu sur l'horizon de la Western Sea... C'était un endroit réellement beau... Dommage qu'elle se sente le cœur trop lourd pour l'apprécier. Triss inspira lentement, cherchant à retrouver la sérénité, mais la voix méprisante de Tuiren la hantait. Elle ferma les yeux, mais là ce fut Kathleen qu'elle vit, attachée devant elle, le visage marqué par la souffrance, puis les autres... Tous ceux qu'elle avait dû faire souffrir dans ses premières années de service, sur ordre et parfois menace, quand c'était trop dur pour elle. Eux ou elle, trop souvent, elle avait été mise devant cette alternative. Jusqu'à ce qu'elle soit reconnue pour son efficacité et n'ai obtenu son transfert comme officier de la Flotte, elle n'avait été que l'alien qui n'avait rien à faire là et que le moindre faux pas pouvait alors projeter au rang de traître. Ce qu'elle avait dû faire à l'époque la poursuivait encore aujourd'hui... Mais pour Kath, elle n'avait aucune excuse, si ce n'est celui de son devoir.

Dos à la porte, ses larmes à présent libre de couler en sanglots silencieux, elle ne remarqua pas tout de suite qu'elle n'était plus seule. Elle tressaillit quand elle l'entendit s’asseoir sur le lit, sans se retourner : une seule personne avait pu l'avoir suivi jusque-là mais elle se maudit de sa négligence. Un tel manquement à la prudence était impardonnable... et Tuiren comptait à présent dans les très rares personnes de la galaxie à avoir vu les larmes de Triss.

- Alors tu as très mal choisi... Tu aurais sans doute eu meilleur compte de penser à une charmante petite résistante, une sans faille et sans reproche, quelqu'un n'a jamais eu besoin de se salir les mains... et encore moins de continuer à le faire. Murmura-t-elle.

Elle ne voulait pas se justifier auprès de lui. Elle n'avait pas à le faire, ils étaient ennemis et il était normal qu'ils soient opposés. Il était normal et de son devoir de s'attaquer à la Résistance, même si ça impliquait Kathleen, qu'importait ce qui les avait liées autrefois. Et qui les liait encore. Triss revit soudain, une fois de plus, son amie s'interposer entre elle et Noxis alors qu'il avait été sur le point de l'abattre. Elle lui avait sauvé la vie, c'était à ce titre que Triss avait pu justifier son refus catégorique de la tuer. Elle y avait déjà renoncé autrefois, des années auparavant, quand elle avait eu la première occasion de la neutraliser. L'amitié qui les avaient liées, cela comptait toujours, bien plus que ce que Triss s'autorisait à l'exprimer. Et là, au-delà de la culpabilité et du choc encore bien trop récent pour la laisser de marbre, elle s’inquiétait. Les mouchards laissés dans les vaisseaux avaient déjà rentabilisé le risque par des bribes d'information précieuse pour l'Empire, mais rien qui ne pu rassurer Triss quant à l'état de sa victime.

- Dis-moi qu'elle va bien... Finit-elle par lâcher. Elle se tourna légèrement dans sa direction, passant une main un peu rageuse sur son visage pour en effacer les traces de sa faiblesse. J'ai fait en sorte d'être sûre qu'elle n'en garde aucune... séquelles durables mais... rien n'est jamais certain quand il est question de... de ça.




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La chambre choisie par Triss, ou celle qu’on lui avait réservée, était décorée sobrement, plus fonctionnelle que réellement luxueuse. En rentrant il avait repéré la fenêtre de dimensions honorables et la vue dont elle pouvait profiter. La plage et la mer, aussi factices que la planète en elle-même, mais redoutablement commodes. Le sable était importé des meilleures plages de différentes planètes, avait-il découvert dans un holofilm de présentation qu’il avait vu dans la navette qui l’avait mené ici. C’était un mélange destiné à offrir la qualité que les clients méritaient. De toute évidence un marketting qui fonctionnait, vu le nombre de personnes qui s’y prélassait. Le reste de la chambre avait juste de quoi mettre le client à l’aise. De toute évidence l’espace faisait office de règle ici. Il n’y avait pas lieu de s’encombrer l’esprit et donc encore moins la chambre. Il y avait un lit où deux personnes pouvaient facilement dormir, un meuble pour ranger ses affaires, un bureau avec une chaise. Le tout était harmonieux. Triss au milieu de cet endroit ne dépareillait pas. Question de simplicité. Vêtue de sa robe de chambre, elle laissait deviner sa peau bleue, et malgré le ras-le-bol général qui lui faisait grincer des dents, il n’avait pas manqué de remarquer des détails coquins. La courbe de l’épaule qui se dessinait sous le tissu, une taille mis en valeur par une ceinture nouée près du corps, le galbé d’une jambe. La robe de chambre était d’une longueur drôlement peu réglementaire comparé aux uniformes impériaux qui ne laissaient pas voir grand chose.

Il mit un terme à sa contemplation passive. Elle lui tournait le dos, et s’était réfugiée dans une pose relativement hostile, remarqua-t-il, ou bien défensive suivant comment l’on voyait la chose. Son regard marqua un temps vers la porte. Il envisagea l’espace d’un instant de filer et d’oublier toute cette histoire. Pour une raison qui lui échappait, il l’avait suivie jusqu’ici. Et pour une raison qu’il s’expliqua encore moins, il décida de ne rien faire et de rester planté là. Les bribes de fureur qu’il avait pu ressentir s’étaient soudainement envolées. Une espèce de lassitude s’était installée à la place. Tuiren était d’un naturel tranquille, ce qui ne l’empêchait pas d’élever l’empire au rang de substance nuisible. Mais il gardait son sang-froid, peut-être pas en toute circonstance, mais au moins il ne se laissait pas aller à l’excès, et avec elle c’était plutôt même le contraire.

Il y avait des questions qu’il aurait du se poser, et qu’il ne se posa pas. Il évitait généralement de se triturer l’esprit avec beaucoup de choses. Ca épargnait des migraines. Il éluda purement et simplement la remarque qu’elle lui réserva au sujet de son mauvais choix de fille. Il était jeune mais il avait trois doigts de front, et son entourage lui avait appris une chose, qu’il considérait importante. Sur le thème des relations tu ne peux pas gagner. Lecon enregistrée. Tuiren n’avait pas masse d’occasions pour la mettre en pratique, mais là s’offrait clairement le cas. De toute facon, il n’aurait pas su répondre. Alors il se décida à ne rien répondre, et songea l’espace d’un instant à ce qu’aurait pu être une relation dans la Résistance. Son cerveau resta blanc, il n’imagina rien du tout.

Il songea finalement à l’absurdité de la conversation. Son message était simple, pourquoi lui parlait-elle d’hypothétiques femmes qui n’existaient pas? Les filles sont compliquées. Vraiment il y avait là de quoi s’y perdre.

- J’ai pensé à toi c’est tout, répéta-t-il.

Est-ce qu’il lui en voulait pour ce qu’elle avait f ait subir à Kathleen était une question différente, et la réponse était mitigée. Elle lui avait menti, elle avait fait des grands discours. Discours qui a présent s’effondraient. Elle avait touché une amie. Tuiren considérait Kathleen comme telle. Ils n’étaient pas proches mais avaient échangé des moments de complicité et des conversations tranquilles. Il avait toutes les raisons d’être furieux contre celle qui l’avait torturée. Pas revanchard par contre. Kathleen était revenue entière. La haine de Ray valait pour mille. De son côté il avait consacré un moment à la réflexion de ce sujet épineux. Calé dans son nouveau lit, dans la chambre où il venait juste de déménager depuis qu’il était Rogue et qu’il partageait avec l’un de ses nouveaux coéquipiers, il s’était isolé dans un moment où nul n’avait eu besoin de lui, et il avait passé plusieurs heures à réfléchir à la question. Il en était arrivé à une conclusion, floue mais une conclusion tout de même, que c’était la guerre et qu’il ne fallait pas qu’il s’en étonne plus que ca, et que ca lui servirait d’enseignement. Il n’irait plus croire à droite à gauche les élucubrations de la première venue durant une épopée pour la survie sur une planète où on pouvait servir de déjeuner aux bestioles du coin. Cela n’avait pas empêché qu’il perde le contrôle et qu’il ne manque pas de l’envoyer bouler. Il n’allait pas s’excuser. De sa propre opinion, quand on enfoncait des aiguilles dans la peau des gens pour leur soutirer des informations, on ne jouait pas franc jeu, et de toute évidence une remarque blessante était plutôt bien payé. Certains n’auraient hésité à sortir le blaster et à laisser des marques sur la Chiss dans une conversation bien moins évoluée.

A la place on parlait maintenant de Kathleen. Triss voulait désormais savoir ce qu’il en était de celle qu’elle avait torturée, et Tuiren ne sut pas comment à réagir. De toute évidence, dans sa tête, un bourreau ne s’inquiétait pas. Elle savait ce qu’elle lui avait fait subir et pouvait l’imaginer toute seule. Ce qui amena Tuiren à penser qu’elle cherchait à libérer son esprit d’un poids qui lui faisait mal, et donc qu’elle s’en voulait. D’une facon ou d’une autre, elle n’était pas satisfaite.

C’était peut-être du bluff, mais ca semblait sincère. De toute facon, Tuiren ne pouvait lui répondre. Il ignorait tout de l’état de santé de Kathleen. Prise en charge dès son arrivée, elle était ensuite passée sous la responsabilité des gradés de la Résistance, et personne, hormis son cercle de proche, n’avait pu l’approcher. Tuiren n’avait pas non plus eu le loisir de rester dans le coin. Il était reparti en mission et cela l’avait tenu éloigné de D’Qar.

Il y avait d’autres raisons pour ne rien dire à Triss. Il y avait celle de la laisser se démeler avec ses remords, elle l’avait mérité. Mais cela ne traversa pas l’esprit de Tuiren. Il n’était pas retors à ce point. Sa raison était en réalité stratégique. Refiler des nouvelles d’une captive, c’était refiler des infos à l’ennemi, et tout troublé que puisse être Tuiren en face de Triss, il n’en perdait tout de même pas ses réflexes. Il n’était pas idiot. Elle pouvait lui mentir, vouloir s’assurer d’avoir bien mis à mal l’ennemi. Son regard de peine laissait penser le contraire, mais on ne pouvait se fier à rien.

- Je ne peux rien te dire tu le sais.

Elle devrait se contenter de cette réponse. Il laissa un silence s’installer. réfléchissant à ses prochains mots. Puis il se mit debout. Ils se faisaient maintenant face.

- Il se trouve que je t’ai vue sur l’holonet. Tu n’es pas la seule à le consulter, rajouta-t-il avec une pointe de moquerie tranquille dans la voix. Référence à leur première rencontre où il s’était énervé du savoir de la Chiss, qui à cet instant lui avait été aussi charmante qu’un pet de bantha. La réalité c’était que Tuiren passait beaucoup de temps sur l’holonet. Bien plus que la plupart semblait croire. Il lisait également, s’intéressait à des choses qu’on aurait pas pu imaginer. Il profitait d’une couverture de feignant, souvent vraie, mais qui l’associait à l’ignorance, et à la stupidité. C’était plus que faux, mais Tuiren se faisait une joie d’entretenir cette facette de pilote sans grand esprit. Quand on le pensait idiot, on ne l’emmerdait pas.

Il enchaina sur le vif du sujet.

- Tu étais à Coruscant pour le débat sur les dégats causés par la Nouvelle République et l’Empire. C’était bien joué. Je n’ai pas tout suivi, mais il y a eu de sacrées éloges à ton sujet.

Elle avait de la diplomatie à revendre, ou l’art de la négociation. Des qualités que le pilote supposait qu’elles pouvaient être utiles, bien qu’il n’avait jamais lui-même excellé sur le sujet.

- Et même un grade à ce que j’ai vu Capitaine.

Le ton resta neutre, Tuiren n’ayant jamais pensé qu’un grade pouvait être une récompense. Il y avait des choses qui lui échappaient dans toute cette histoire. Puisque Triss était tellement douée à la parlotte, pourquoi avait-elle décidé d’en venir à la torture. Et en admettant que ce soit dans le protocole impérial – ce qui ne l’aurait pas étonné, ils étaient plus que réputés pour leurs méthodes douteuses- pourquoi refiler cette tâche à un gradé? Ce n’était plus leur travail de se salir les mains.

- C’est dommage tout ca, finit-il par dire au bout d’un long silence. Cette histoire avait un goût de désolant, mais pas de complètement perdu. Il sentit qu’il perdit du terrain, qu’il lui donnait une chance. Il préféra ne rien en dire, et la laisser s’expliquer d’elle-même. Sans la forcer néanmoins. Peut-être qu’elle voudrait bien répondre à ce mystère, chose qu’il espérait.

- Je peux m’en aller aussi, c’est comme tu préfères.

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Un cocktail de sentiments
Un cocktail de sentiments

Elle aussi, elle avait pensé à lui. Elle avait pensé à lui quelques heures auparavant quand elle était arrivée dans cette chambre et avait découvert la vue des étendues d'eau scintillantes, des fontaines et des étendues d'herbe, rien de tout cela n'était naturel, mais qu'importait. Elle avait trouvé ça beau, et elle avait repensé à leur conversation sur Dathomir, quand elle lui avait demandé s'il existait des espaces plus naturels sur Coruscant.
Elle avait pensé à lui chaque fois qu'elle avait envoyé des escadrons patrouiller ces dernières semaines, quand elle voyait ses pilotes monter à bord de leurs chasseurs, enfiler leurs casques, elle revoyait ce résistant et sa ridicule tenue orange, qui, à la réflexion, faisait peut être un peu moins ridicule sur lui. Elle s'était inquiétée, quand elle recevait des transmissions de patrouilles résistantes, que ce soit la sienne.
Elle avait pensé à lui quand elle se tenait dans la tribune de la Coupole, dans sa volonté de donner à Coruscant une image plus modérée et plus responsable de l'Empire. Au fond, elle pensait à lui quand elle avait accepté de se joindre à la délégation impériale pour ces négociations, malgré son aversion pour la politique.
Elle avait pensé à lui les soirs où elle était de supervision sur Coruscant et qu'elle profitait de ses fins de services pour sortir un peu plus qu'à son habitude, comme si elle avait espéré qu'en flânant dans les rues elle tomberait sur lui par hasard.
Elle avait pensé à lui quand elle avait blessé Kathleen, en se demandant s'ils se connaissaient. S'ils étaient amis.

La réponse à cette question, elle l'avait, désormais. Il la connaissait, mais ça n'avançait pas Triss qui ne pouvait pas avoir la réponse à sa question, dont l'inquiétude était sans doute trop sincère. Elle inspira lentement, réprimant ses états d'âmes. Il lui faisait bien de répondre ainsi, il lui rappelait quel était sa place et l'attitude qu'elle devait par conséquent avoir.

- C'est vrai… Reconnu-t-elle, plus calme. De toute façon, je sais qu'elle va mieux, j'ai tout fait pour qu'elle s'en remette. Se dit-elle. Triss passa une dernière fois sa main sur son visage, le sel de ses larmes lui piquait la peau, lui donnait la sensation d'avoir les traits tirés et l'air las.

Ce n'était qu'une sensation, sans quoi ça aurait été embarrassant, d'autant plus que Tuiren s'était levé et s'avança à ses côtés. Triss quitta l'horizon des yeux pour se tourner et affronter le résistant. Il lui confia l'avoir vue, lors de son intervention au débat. Sa remarque sur l'holonet parvint à lui arracher un bref sourire, du moins, un frémissement de commissure, bientôt tentée d'une légère gêne quand il parla de ces éloges. Ça, c'était embarrassant. La Chiss n'avait pas du tout l'habitude d'être mise sous les projecteurs, elle était habituée aux éloges de la part de ses supérieurs ou de ses collègues, c'était son travail et cela ne restait qu'entre ceux que ça concernait. Mais se voir reconnue par des civils, c'était autre chose. Et voilà qu'on lui accordait des talents pour la diplomatie et la conciliation qui étaient, selon elle, largement surestimés : elle n'avait fait que limiter la casse, rien de plus. Elle ne méritait en rien ces attentions et préférait de très loin l'appréciation discrète de son travail de l'ombre, celui en lequel elle excellait réellement. Pire, elle se sentait insultée quand on lui attribuait des chances d'une carrière politique.

- Je ne les mérite pas, je ne faisais que ce qu'il y avait à faire. Le grade en revanche, c'était une agréable surprise.

Depuis Endor, elle faisait le travail d'un capitaine, secondant le Capitaine Lupren Keith dans ses tâches, anticipant souvent et assumant bien plus de responsabilité qu'un simple Lieutenant. Elle ne recherchait pas la montée en grade pour le prestige du grade mais quand, après tout ce temps à tout donner pour l'Empire, on la récompensait en lui accordant ce qu'elle méritait, elle appréciait cette promotion à sa juste valeur. Bien sûr, elle n'était pas naïve, elle savait que sa promotion, surtout accordée en public lors de telles négociations étaient surtout un outil pour l'image de l'Empire, que ceux qui avaient pris cette décision s'étaient servie d'elle, non pas pour le travail qu'elle avait accompli ou pour ses talents, mais bien par propagande. Elle en était consciente, et elle comptait bien s'en servir.
Car passer Capitaine, en plus de lui donner plus de marge de manœuvre dans son but de protection de la galaxie, lui avait aussi accordé un énorme confort dont elle n'aurait jamais osé rêver si tôt : le respect. Pour la première fois en dix ans, le respect lui était enfin dû, elle n'avait plus à distribuer sur son chemins menaces, intimidations et autres bottages de culs. Elle avait tout enduré pour gagner sa place, allant de l'humiliation à l'obligation de se porter volontaire dans des tâches ingrates ou moralement insupportables. Alors oui, cette promotion pouvait sembler être une façon de se servir d'elle, mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne l'avait pas amplement mérité. Et qu'elle se présentait à présent comme le Capitaine Triss avec une intense fierté.

Elle haussa légèrement le sourcil quand Tuiren brisa le silence, la tirant de ses pensées. Dommage, oui. Tout comme il était dommage que la galaxie se soit scindée dans une guerre civile qui ne menait nulle part et n'apportait rien sinon la destruction. Dommage que la seule armée ayant le potentiel suffisant pour défendre une galaxie ait pris l'habitude d'employer la cruauté et la violence là où Triss tentait de mettre en place un calme pragmatisme. Dommage que cela ne pouvait pas se faire d'un claquement de doigts et qu'elle devait encore s'en référer parfois aux méthodes tristement célèbres de l'Empire. C'était d'autant plus difficile d'accepter ce qu'elle avait fait à Kath : elle en avait perdu l'habitude. Elle secoua légèrement la tête, refoulant de nouveau ses larmes. Tuiren et son attitude la déstabilisait, de nouveau. Il s'était calmé, il restait dans la chambre, comme s'il voulait comprendre. Il faisait preuve d'une sagesse et d'un recul digne d'un chiss, Triss s'en fit la réflexion tout en se disant que si elle jouait le rôle de la cruelle impériale sans compassion, lui aussi était bon acteur : il cachait bien son jeu derrière son allure de pilote mignon mais un peu benêt.

- Tu as choisi de me suivre, non ? Elle s'assit sur le lit, lasse. Chez elle, les émotions étaient une chose qu'elle gérait sans effort, aussi, quand même elle se trouvait submergée, c'était signe d'un bouleversement très puissant. C'était épuisant. Tu as toutes les raisons d'être furieux mais tu m'as suivie. Pourtant tu dois te douter que je n'ai aucune excuse à donner. Ce que j'ai fait, je suis consciente que c'est terrible. Je n'ai pas l'intention de trouver des faux prétexte ou de m'en décharger. Elle secoua la tête et passa une main un peu fébrile dans ses cheveux bleutés. Mais comme tu es là et que je n'ai pas envie que tu partes je… peux te faire un aveux.

Ses sourcils se froncèrent alors qu'elle ferma les yeux, un bref instant, et laissa tomber son masque d'indifférence. Je déteste la torture, j'ai toujours méprisé cet outil. Jamais on ne m'aurait demandé de faire du mal à quelqu'un pour obtenir quelque chose quand j'étais dans la Flotte Chiss. C'est une pratique barbare que je ne pouvais pas imaginer pratiquer un jour et que j'exècre ! S'emporta-t-elle soudainement. Je suis entrée au service de l'Empire et on m'a collée au service le plus dur et méprisable de toute l'armée. On m'a appris à torturer et j'ai dû y exceller, sans quoi j'aurais été reléguée au rang de traitresse, d'alien infiltrée ou que sais-je. Tout ce qu'il me restait, c'était la volonté de gagner le respect et obtenir le droit de choisir ma branche de l'armée. Ce que j'ai fait. Dès que j'ai été nommée officier, j'ai voulu laisser tout ça derrière moi mais c'était sans compter ma réputation. Alors j'ai choisi l'évolution progressive, en montrant que j'étais bien plus efficace autrement.

Elle soupira, ça marchait plutôt bien. A bord du Vigilant, les outils de torture étaient devenu obsolètes, il restait bien une sonde dans un stock des geôles mais elle ne se rappelait même plus où ils avaient rangés cette saloperie. Parce que je te l'ai dit, l'Empire n'est pas parfait, il a tous les outils pour devenir la puissance dont la galaxie a besoin mais sur ce genre de chose, il y a beaucoup à refaire. Ce n'est pas en fuyant le système ou en le détruisant à coup de torpilles sur des Destroyer qu'on en fera ce qu'il doit être : c'est en le faisant évoluer. Ça ne se fait pas du jour au lendemain et encore moins sans quelques dégâts en passage… et compte tenu de mon passif avec Kathleen, c'était… la façon la plus efficace de gérer les choses. Elle avait voulu dire ça de son ton calme et pragmatique habituel mais ce fut un échec et la douleur perça dans sa voix. Soit j'obtenais assez d'elle pour justifier qu'elle soit utile vivante soit... elle devait mourir. Elle frotta légèrement ses bras comme si elle avait froid, elle frissonnait un peu mais c'était purement mental. Puis elle eut un rire nerveux. Dire que je ne comptais pas me justifier… Marmonna-t-elle avec un sourire mal à l'aise.





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Il était soulagé qu’elle n’insiste pas.

Il étudia son visage avec l’application de ceux qui veulent lire entre les lignes. L’impériale s’était assis sur le lit, lui restait à distance, sans rien dire. Il trouvait son discours dangereux, et l’espace d’un moment l’envie de fuir le prit. Il ne bougea pas pour autant, restant aussi enraciné qu’un arbre. Ce fut quand elle prononca ses mots qu’il sut que la loyauté de Triss à l’empire était une chose qu’il ne pourrait jamais entendre.

Il se frotta les yeux. Est-ce qu’il devait lui dire qu’elle courait après une illusion? Que les systèmes ne leur réouvrivraient pas leurs portes, à moins d’être réellement idiots. Et que l’empire même imparfait qu’elle servait, et qu’elle comptait améliorer, n’était qu’une pure machinerie de son imagination.

- Tais-toi s’il te plait. Sa voix était dure, teinté d’une lassitude qui remplacait la colère. Je ne t’ai pas suivi ici pour que tu me refasses l’apologie de l’empire que tu veux arranger. Tu ne peux pas être sérieuse quand tu dis que l’Empire a tous les outils pour….Il se mit à rire. C’est l’héritage d’un mégalomane qui n’a apporté que la haine, le commandement d’un seul homme ne peut pas être celui qui apportera la paix à la galaxie.

Des gens avaient donné leur vie pour éviter que cela puisse arriver, et cela n’avait pas marché. Elle qui avait tellement lu, qui avait sans doute appris l’histoire, comment pouvait-elle fermer les yeux sur ce qui s’était passé? Il croyait fort en la démocracie. Il y croyait dur comme fer. Elle pouvait argumenter ce qu’elle voulait, il y avait des notions comme la liberté auxquelles il n’était pas prêt de renoncer, et que sans doute une bonne partie de la galaxie ne voudrait pas plus laisser partir.

- Je crois que tu te trompes. Je ne crois pas que l’Empire t’ait forcé à faire quelque chose. Personne ne le peut.

Il releva la tête, laissa son regard courir à travers la fenêtre. Les lueurs des lumières lentement s’illuminaient pour venir déchirer la pénombre tombante. Le soleil s’échappait de leur vue, laissant les rues du Westen Sea. Bientôt il serait temps de rentrer. Il pensait à Kathleen et à cette étrange relation qui la liait à Triss. Il ne pouvait nier qu’il ne comprenait pas. Je l’ai torturée pour la sauver, disait-elle. Certains de la Résistance en auraient hurlé.

- Il y avait plus que ces choix, il y avait celui de l’aider à s’échapper et bien d’autres encore….

Il soupira, songeant que la Chiss se mentait à elle-même, parce que quoi qu’elle en disait, on avait le choix. Le choix de refuser de faire ce que l’on considérait mal, même au prix de sa dignité. Les médailles que portaient la Chiss n’était pas le prix de ses victoires, mais de sa soumission.

Peut-être qu’au fond Triss n’avait pas encore fait le point de ce qu’elle désirait réellement.

Sans compter qu’elle s’était mise une cible entre les deux yeux, cible qu’elle avait plus ou moins en étant impériale, mais désormais jamais plus évidente. Ray ne se rendrait pas à la raison. Et au vu de sa folie, il ne la laisserait pas en paix, laissant simplement une unique fin. L’un des deux devrait périr. Pour tout dire cette éventualité lui nouer l’estomac d’une facon qu’il ne s’expliquait pas. Après tout il n’avait jamais été proche de Ray, mais suffisamment pour le considérer comme un ami, et surtout un homme qui partageait les mêmes valeurs que lui. Quant à Triss, ce n’était même pas la peine d’en parler. Il y avait cette fascination qu’elle exercait sur lui. Et c’était tout, parce qu’ils ne se connaissaient absolument pas. Ils s’étaient serrés les coudes lors d’un épisode qui s’était terminé. Après cela chacun était revenu à sa place.

Il savait qu’en faisant le choix de rester ici près d’elle, cela finirait par le conduire à sa perte.

- Non pas que cette chambre est ennuyeuse, coupa-t-il soudain, chassant ses pensées d’un haussement d’épaules, mais te voir en tenue légère est assez...Un sourire effleura ses lèvres. Ca te dirait d’aller faire un tour? Il me semble que la promenade vaut le détour.

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Un cocktail de sentiments
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De nouveau ils s'étaient aventurés sur le terrain glissant de leurs idéalismes opposés. C'était l'une des limites les plus infranchissable de leur surprenante entente, elle savait qu'elle ne parviendrait pas à le convaincre, pas plus que lui ne pourrait lui faire admettre la moindre légitimité à leur rébellion. Et la Nouvelle République a été bâtie selon les restes d'un régime corrompu qui ne fonctionnait plus. C'est triste à dire mais les deux principales puissances galactiques ne sont que les héritiers de systèmes qui ont échoués. Les seuls qui s'en tirent bien sans se faire renverser ce sont encore les Hutt, ce n'est pas pour autant que j'aurais envie de les suivre. Mégalomanie, corruption, violence. La République et l'Empire étaient les deux faces d'une même pièce de monnaie et la Rébellion était l'enfant de la discorde. Le Bien et le Mal étaient des notions abstraites employées pour ériger des lignes de conduites mais néanmoins subjectives. Pour Triss, seul comptait l'Ordre contre le Chaos. L'Empereur et cette force qui l'animait utilisait l'Ordre comme prétexte pour le Chaos, Triss, elle, se cachait derrière le Chaos pour espérer établir l'Ordre, c'était ironique.

- C'est vrai, ces choix sont les miens. Conclu-elle froidement, d'un ton volontairement tranchant pour cacher sa pensée : celle qu'elle avait effectivement permis à Kath de s'enfuir. Elle devait être capturée, puis penser avoir pu fuir, afin que Triss n'ai pas à la tuer. Car elle ne pourrait jamais la tuer.
Et ça non plus, l'Empire ne pourrait l'y contraindre.
Pour cela comme pour tout depuis qu'elle avait quitté les Renseignements, car les rares cas où elle avait dû refaire appel à ses compétences les moins glorieuses, il y avait tout le reste. Il y avait eu sa victoire quand elle avait obtenu d'être promue dans la Flotte, malgré toute l'opposition, et les "jamais une alien ne servira à bord d'un Destroyer", il y avait les ordres dont elle avait pris l'initiative, les combats qu'elle avait initié, les commandements qu'elle avait eu le courage de prendre quand il le fallait. Elle n'avait pas été enlevée à son foyer par l'Empire et formatée jusqu'à en perdre son identité, elle avait rejoint l'Empire, elle avait choisi d'y rester et de s'y imposer. Et aujourd'hui malgré cette nouvelle épreuve, elle avait des rêves pour l'Empire, la grandeur d'une armée que ni les Résistants, ni la République n'aurait l'intransigeance d'initier. Mais leurs failles n'excluaient pas une coopération, la compréhension de la République, la puissance de l'Empire… Parfois, Triss se prenait à rêver à la fin de la guerre et l'unité de la galaxie, la complémentarité de ces deux systèmes que tout semblait opposer.

Mais ils en étaient encore si loin.

Mais un peu moins loin aujourd'hui, pourtant, se dit-elle en sentant à ses côtés la chaleur du résistant sans tourner le regard vers lui. Ses paroles l'avaient mis en colère, mais là encore, il était resté. Ils ne pourraient s'entendre tant qu'il serait question de leurs choix dans leurs combats, pourtant quand il reprit la parole, ce ne fut plus pour l'accuser, mais pour lui proposer de bouger. Sa remarque sur sa tenue la surpris, la confusion fut furtive et vite remplacée par l'acceptation : ils faisaient une pause dans la bataille. Son visage s'éclaira d'un sourire tenu mais bien présent.

- Allons, tu m'as vue avec bien moins que ça. Dit-elle dans un rire bref en faisant référence à leur baignade sur Dathomir. Elle se montrait décontractée mais cette situation devenait de nouveau très étrange. Quand elle s'était dévêtue pour se baigner avec le minimum vital que constituaient ses sous-vêtements, pas un instant elle s'était dit qu'elle pourrait… séduire le résistant. Elle n'avait réalisé qu'il y avait une attraction particulière entre eux qu'au moment de son départ. Et là… Elle tourna lentement la tête vers lui, le sourcil vaguement levée et se demandant bien quelle était la marche à suivre dans une situation aussi spéciale. Rien dans le Manuel de l'Armée n'avait pu la préparer à éprouver une quelconque attraction envers un ennemi. Et chez elle, les sentiments étaient une chose trop rare pour qu'elle sache spontanément quelle était la conduite à adopter.

- On me l'a également recommandée. Tu m'excuse une minute ?

Elle se leva et disparu quelques instants derrière le paravent qui séparait la chambre du petit local de toilette où elle s'habilla. Une fois de plus, alors qu'elle étudia sa tenue dans le miroir, elle réalisa l'incongruité de la situation. Elle allait donc se promener en tête à tête avec un résistant. Certes, il n'y avait personne dehors, elle s'en était assurée d'un coup d'œil à la fenêtre… mais tout de même ! Allons, nous sommes en terrain neutre, c'est une bonne chose de savoir se comporter comme des gens civilisés et ne pas sortir les blaster à la moindre occasion. Admettons que nous donnons un exemple de cohabitation. Se dit-elle en revenant vers Tuiren. Au moins, elle portait une tenue assez neutre pour qu'on ne puisse pas reconnaitre spontanément une tenue impériale, même si les gouts sobres de Triss donnaient à ses choix vestimentaire toujours une sensation militaire qui ne la quittait jamais vraiment.

La promenade était effectivement un endroit très sympathique. Surtout à cette heure, vidée de toute présence sinon le duo improbable, le tout baigné dans la lueur orangée du coucher de soleil. Au fond, Triss aimait beaucoup cette planète. Sposia l'avait vu grandir, Csilla était son foyer qui lui manquait parfois cruellement, mais Coruscant était devenu son chez-elle. Coruscant c'était comme ce vieux pull de l'Académie qu'elle avait toujours au fond de son sac : usé jusqu'à la corde, aux couleurs passées, informe, absolument pas présentable mais dans lequel elle se sentait si bien. Finalement, la paix qui semblait être revenue entre l'impériale et le résistant semblait presque normale sur un monde aussi décousu et contrasté que celui-ci. Elle se perdit encore quelques instants dans le silence, contemplant la lumière crépusculaire si apaisante qui baignait son regard.

- Donc on paye des séances de spa aux pilotes de seconde zone maintenant ? Finit-elle par lâcher avec un regard vers Tuiren. C'était peu confiante qu'elle avançait une plaisanterie, l'échange avait encore une fois bien mal commencé mais ils avaient eu un départ bien plus mauvais sur Dathomir. Toi aussi on te met des pauses en traitre sous prétexte tu ne prends jamais de congés ?





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La galaxie était vraiment devenue une foire. Soit on avait des principes qui ne tenaient pas la route - l’Empire- et les gens le suivaient au pied de la lettre, la plupart du temps par peur. Soit les principes étaient cools - la démocratie- et soudain c’était les corruptibles au pouvoir. Tout cela donnait envie de se jeter dans le Sarlacc, littéralement. Comme cette conversation qui devenait terriblement déprimante et qu’il évapora d’une proposition. Elle semblait carrément emballée, tant mieux, et tandis qu’elle partait se changer, il jubilait dans son coin. Il allait faire un tour avec une nana bien roulée.

Elle revient dans une tenue mois tape à l’oeil, mais qui la mettait bien en valeur.

- Jolie, la complimenta-t-il.

La promenade était couverte par les lumières des néons qui s’étalaient le long des chemins. Sous leurs pieds, la mer venait caresser les constructions, et les remous de l’eau bercaient la nuit. Ils marchaient. Silencieux, ils se laissaient à la contemplation des îles.

Les températures étaient clémentes, une légère brise lui effleurait la peau. Il était en vacances. Il n’avait strictement rien à faire autre que de se la couler douce. Une délicieuse femme étaient à ses côtés.

Hum.

La délicieuse femme venait de le traiter de pilote de seconde zone.

Il la regarda les lèvres plissées dans une expression de perplexité. Est-ce que c’était une forme d’humour, comme celle bien connue qui consistait en rabaisser les gens? Pas certain que ca soit certifíé gagnant, excepté peut-être chez les Hutts. Est-ce que c’était une remarque à la capitaine Grayson “t’as pas encore 49 médailles à ton âge, mais t’as raté ta vie!”. Est-ce que c’était une forme de drague “eh le nul on est bien ensemble tu trouves pas?”. Ou est-ce qu’elle avait raté la lecon sur comment parler aux hommes, dont l’orgueil pouvait parfois être facilement écorché.

Elle confirma en rajoutant une couche sur le fait qu’elle était incapable de laisser son travail.
Non vraiment on en était là? Y’avait des gens dans cette galaxie qu’on obligeait à filer en vacances? Elle en faisait partie?

Il fit un pas vers elle, et se pencha tout près de son visage.

- Toi ca fait longtemps que t’as pas eu de rencard je me trompe? lui lâcha-t-il dubitatif.

Il s’éloigna pour la laisser méditer sur ca durant quelques courtes secondes, et il se retourna vers elle.

- Okay j’ai une nouvelle proposition pour ce soir. Je connais un endroit sur Coruscant, un bar pour être plus exact. Il leva la main dans une position explicative. Un bar où l’on fait la fête, rajouta-t-il, des fois que madame collée au travail n’aurait pas compris. Une parfaite opportunité pour se changer les idées. Ne plus penser aux médailles, aux galons et au fait que par tous les hutt il y avait des pilotes trop cool et puis des pilotes moins cools. Et puis peut-être qu’elle se décoincerait un peu. L’ambition et le travail acharné c’était cool mais fallait pas pousser sur le côté creepy merci.

Il commenca à marcher sur la promenade et fit demi-tour, tout en continuant à marcher. Il écarta les bras.

- Tu sais ce que je crois? la provoqua-t-il. Je crois que t’as peur parce que tu commences à trouver le pilote de seconde zone à ton goût. On sait jamais tu pourrais finir dans mon lit. Mais t’inquiète je promets de ne rien tenter qui pourrait entacher ta réputation!

Et il se fendit d’un large sourire charmeur.

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Un cocktail de sentiments [Triss]

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