[Espace] -Each man is a little war - Agheera



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La soirée... - District Glitannai

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STAR WARS - RISE OF THE FORCE
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Il la voyait danser devant ses yeux comme le font rêves et fantômes parmi le bruit et la fureur. Et quelque part dans sa tête, quelqu'un appelait à l'aide pourtant, quelqu'un qu'il avait promis de venir retrouver. Sauf que l'homme n'entendait plus, du moins plus vraiment, pas alors que la jeune femme était proche, presque autant qu'un souffle ou un battement de cœur. Etait-ce là quelques manigances, une chose de ce Destin dont il avait une fois parlé à Ashleigh comme un des nombreux visage de la Force ? Il avait la gorge sèche à présent, et puis l'envie de fuir aussi, fuir comme un regret, comme un animal. Comme ce reflet qu'il supportait à peine dans le miroir...
Autour d'eux, l'agitation. Il y avait bien des pilotes ici, certains qui accepteraient de le conduire n'importe où pour une somme d'argent quelconque, d'autres qui chercheraient à l'escroquer quand même un peu, ou bien qui ne lui accorderaient pas même un regard. Des simples d'esprits aussi, le cœur rêveur au moins assez pour utiliser la Force sur eux, les convaincre avec un peu plus que des beaux mots et une grande cause. Et puis il y avait elle, qu'il retrouvait sous un autre soleil.
Il se rappelait des mots de Julen, son pilote, lorsqu'ils avaient quitté Naboo. Ou plutôt, il se rappelait que Julen avait parlé, sans pour autant se souvenir vraiment. Quelque chose à propos d'un bon choix, de fierté aussi, comme pour le rassurer, mais le rassurer de quoi ? D'être lui ?

Ce que je suis, ce qu'elle sera...

Et Julen était loin à préent, une affaire personnelle sur une autre planète, quelque chose en rapport avec une femme, quelque chose dont il parlait jamais. Sauf qu'il avait des problèmes maintenant, qu l'on devait venir le chercher et que pour cela il avait fait appel autant à son seul amie qu'à la seule foutue personne de la Galaxie incapable de piloter : Seth. Il y en aurait eu d'autres pourtant, des plus dignes de confiance, l'amitié ne faisant pas tout. Il y en aurait eu d'autre, mais le message n'avait été que pour lui... Comme une bravade aussi, quelque chose sur laquelle Seth avait déjà été trahi. Une manière de le lui dire avec maladresse : « tu crois que je n'ai pas compris avec tes grandes phrases et tes actions, tu crois que je n'ai pas deviné ? Alors si c'est ton rôle de sauver, sauve-moi... ».
Ce n'était pas son rôle, ça ne l'avait jamais été. Mais sans Julen, il n'y aurait plus que la solitude...  Alors il avait pris son paquetage bien sûr, un peu d'argent avec malgré tout l'idée de ne rien payer. Et il était parti, c'est tout, le nom d'une planète griffonnée sur la main,  les coordonnées aussi et l'idée d'y arriver.

Agheera, un nom comme un tambour de guerre que l'on portait au cœur entre guerre et éternité. Flamme du désert et fleur d'oasis, bruit de l'eau et parfum d'épice pour deux grands yeux noirs qui apprenaient, qui apprenaient tant. Ve qu'il était, ce qu'elle sera... Le sentait-elle, y arrivait-elle ou bien n'y avait-il que lui pour la voir, elle et ses sourcils froncés, elle et son air débraillé ? Car il lui donnait de l'importance, elle, ses mots, ce qu'elle disait, ce qu'elle voyait, ce qu'elle taisait aussi. Une innocence pure et sauvage lorsque tout semblait perdu pourtant. Des hommes pour la tuer, et lui, lui aussi... Il avait pris sa main pourtant, s'imaginant guerrier pour elle, rien que pour elle et surtout, se conduisant comme tel.

 « Petite... »

L'appeler ainsi comme une insulte, et comment faire autrement ? Elle avait eu un contrat sur sa tête,  et il y avait la Résistance aussi, alors le nom qui lui venait au cœur, il ne pouvait le prononcer. Petite, lorsqu'il la voyait grande à présent, de cœur et d'âme, de destinée, il l'espérait....

« Tu allais repartir, non ? Tu accepterais un passager ? »

Il aurait pu y avoir un sourire sur ses lèvres, ou une ombre tout simplement, mais Seth ne regardait que ses yeux. Un battement de cœur, peut être deux....

Son choix à elle.

***

Vingt six heures, vingt six heures exactement depuis cette rencontre sur les docks, à présent il n'y avait rien qu'eux, l'espace sombre et dévoreur, et ce curieux robot aussi. Ils étaient coincés, les commandes du vaisseau ne répondaient plus. Une trop forte charge magnétique peut-être, la tempête essuyée dernièrement avait été violente, il fallait attendre que cela passe. Attendre et espérer surtout, qu'il n'y ai pas autre chose, que Seth ne signifiait pas la mort d'Agheera, et Agheera la mort de Seth...
L'homme avait prit partie de ne pas parler beaucoup, préférant la méditation pour éviter des idées comme la panique ou la claustrophobie. Pour oublier la faim aussi, ou la simple envie de faim pour avoir l'impression de s'occuper. La présence d'Agheera était comme un fourmillement sur sa peau, elle et sa tempête d'émotions.
Il lui adressait peu la parole, ne voulant nuire à sa concentration. La jeune femme trouvait cependant le moyen de lui grogner après chaque fois qu'il s'approchait, Seth ayant pris l'habitude sur un cycle d'heures précises de la forcer à boire de grands verres d'eau. Piégés dans l'espace sans moyen de véritablement avoir conscience du temps écoulé, le risque de déshydratation était non négligeable, surtout comme quand pour Agheera, on suait sang et eau à vouloir trouver une solution. Par mesure de sécurité, Seth avait jugé utile de planquer les paquets de café.
Il ne se rappelait plus vraiment de la dernière fois qu'il avait dormi, la méditation le maintenant dans un état de fatigue correct malgré tout sans qu'il n'ait à souffrir de vertiges ou de carence. Et dans le vaisseau, Seth pouvait utiliser la Force sans rien craindre de personne...

 « Agheera ? »

Il devait la retrouver, ui donner de quoi boire, vérifier qu'elle avait mangé, ou bien grignoter un bout avec elle, lui montrer qu'aucun des deux n'avait à se priver. Elle ne répondait pas, peut-être perdue au milieu de ses machines, peut être boudeuse, peut être endormie. Elle ne répondait pas, et Seth ne craignait rien, car la femme était une lumière bien trop éblouissante pour bientôt s'éteindre...
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Occupation : Ancienne mécanicienne pour la résistance, excellente pilote et combattante. Sensible à la force, mécanicienne sur la Watchtower à présent.
Localisation : Coruscant, précedemment D’Qar, originaire de Qi Lozar.
Race : Humaine, sensible à la force. Née dans un vaisseau en direction de Qi Lozar.

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seth & agheera
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Il y avait bien quelque chose qu’elle pouvait faire, non ? Une solution qu’elle pouvait trouver pour les sortir de là, d’entre ces vagues magnétiques qui frappaient le vaisseau encore et encore. Depuis des heures, des jours peut-être ? Elle ne savait plus trop, n’arrivait pas à garder en tête le nombre d’heures qui passaient. Est-ce que la nuit était tombée sur D’qar ? Ou était-ce alors le jour, l’après-midi ? Agheera s’épuisait à vouloir trouver une réponse à toutes les questions qui lui traversaient l’esprit. Et elle ne pouvait pas compter sur BB-2, lui-même victime des ondes magnétiques qui l’obligeaient à fonctionner péniblement lentement. Comme si sa batterie avait subitement été vidée de son contenu, il n’était plus qu’une ombre.

Comme Seth l’était.

Elle l’avait croisé sur cette planète dont elle avait déjà oublié le nom. Et jamais elle n’aurait trouvé la force de refuser de lui venir en aide. Elle lui devait sa vie, que valait alors un détour ? À peine avait-il croisé son regard que l’air autour d’elle avait changé, laissant Agheera à nouveau en proie à la peur. Il lui avait fallut des jours pour se remettre de sa rencontre avec le chasseur de prime, pour essayer de trouver une explication rationnelle de ce qu’elle avait sentit : en vain. Alors elle avait simplement conclu que tout ça, tout ce qu’elle avait ressenti, n’était que le produit de son imagination. De l’adrénaline peut-être aussi.

Et pourtant les frissons qui parcouraient son échine étaient bien là.

La même sensation de soudainement faire partie de quelque chose de plus grand, de puissant. De sentir des choses qu’elle ne devrait pas, d’en comprendre d’autres qui la troublaient. Elle avait serré les dents, avait acquiescé, et n’avait pas dit un mot. Acceptant simplement la présence du brun sur son vaisseau. À bord, ils s’étaient rapidement mis d’accord sans un mot, sans un regard : ils s’évitaient. Du moins, Agheera mettait un point d’honneur à conserver ses distances, ayant remarqué que plus elle s’éloignait, plus l’atmosphère s’allégeait. Et ce, malgré la sensation de ne pas faire la bonne décision.

Comme si en voulant garder la tête hors de l’eau, elle ne faisait que plus encore se noyer dans ce quelque chose qu’elle n’arrivait pas à déterminer.

De toute façon, elle n’avait pas vraiment le choix. Parce qu’elle s’épuisait à la tâche de trouver une solution depuis qu’ils s’étaient fait prendre dans cette tempête magnétique, se faufilant là où Seth n’avait pas la place d’aller pour y tenter de trouver une solution : un branchement à modifier, un régulateur à booster. Elle grimpait, descendait, rampait. S’occupait l’esprit afin de ne pas penser à la présence de Seth qui la troublait plus qu’autre chose. Et même si elle se retrouvait dans les méandres du vaisseau, à plusieurs mètres sous le sol, elle sentait encore sa présence. Pas forcément près d’elle, mais quelque part. Comme si même tout le travail du monde ne suffirait pas à lui occuper l’esprit suffisamment pour ne pas avoir la sensation qu’il était là. Et qu’avec lui, ce quelque chose qui faisait écho à une partie d’elle qu’elle ignorait encore.

Combien de temps qu’elle parcourait le vaisseau à la recherche d’informations que BB-2 n’était plus apte à lui donner ? Elle n’en avait aucune idée. Mais la fatigue se faisait sentir. La rendait plus docile lorsque Seth arrivait sans surprise pour l’obliger à boire de l’eau, à manger aussi. Une attention qu’elle avait rejeté au début, trop peu habituée à ce qu’on se soucie d’elle, mais qu’elle avait finalement apprit à accepter. Plus vite elle s’y pliait, plus vite elle se retrouvait à nouveau seule. Et ça lui allait comme ça.

Elle était dans le cockpit. Seule. BB-2 était amorphe dans une cabine, Seth était quelque part. Agheera ne savait pas où, mais elle sentait sa présence. Comme un rappel constant qui arrivait par vague et auquel elle avait finit par s’habituer. Sa tête lui lançait par moment, fatigue, déshydratation aussi probablement. Mais elle continuait à vouloir enclencher certains contrôles, en éteindre d’autres. Pour voir si cela ferait une différence. Mais le résultat était le même : rien. Une vide qui la bouffait depuis l’intérieur : elle était incapable de trouver une solution et pourtant ne pouvait se résoudre à baisser les bras. La seule qu’elle avait trouvé ne la satisfaisait pas : il faudrait attendre jusqu’à ce que la tempête se calme, disparaisse. Mais cela pouvait prendre des jours, et au train auquel elle s’épuisait, elle ne tiendrait pas.

D’ailleurs, elle n’avait pas dormi depuis la tempête.

C’était peut-être ça son mal de tête. Agacée par l’absence de réponse du vaisseau, elle s’essaya sur le siège en cuir du pilote. Le sien. Immédiatement, le sommeil qu’elle avait jusqu’ici combattu repointa le bout de son nez. Doucement. Le regard fixé devant elle, vers l’immensité de la galaxie, elle s’accorda pour la première fois depuis le début de la tempête un peu de répit.

Elle regardait les étoiles depuis un moment déjà, se demandant si eux aussi, la regardaient. S’ils étaient fiers de la voir maintenant faire partie des histoires qu’ils lui racontaient le soir plus jeune. Ou si au contraire ils avaient peur pour elle. Son regard était plongé dans l’obscurité et pourtant il n’en captait que la lumière incandescente des étoiles, laquelle représentait sa mère. Laquelle était son père. Elle ne savait pas trop.

Elle repensa à Qi Lozar.

Et toutes ces nuits à rêver de parcourir les étoiles, à se demander à quoi l’espace ressemblait. Ce qu’avait l’air Qi Lozar depuis là-haut. Et toutes ces nuits à rêver de s’enfuir. Là voilà maintenant là-haut, dans les étoiles. Et pourtant elle avait l’impression d’être si bas. Ses paupières se fermèrent lentement. Agheera se décida à ne plus lutter.

Elle s’endormie.

Un sommeil, lourd, profond. Un sommeil sans rêve ni cauchemar. Comme si enfin, on avait décidé qu’elle était suffisamment épuisée pour mériter un repos comme elle n’en avait pas eu l’occasion d’avoir depuis son arrivée sur D’qar. Là où ses sommeils n’avaient été que combats et guerre, que trahison. Agités par des cauchemars qu’elle sentait ne pas en être. Eux qui autre fois lui permettaient de retrouver l’espace d’une nuit le souvenir de ses parents. Leurs visages et leurs voix. À présent, ils n’étaient plus qu’un champ de bataille qu’elle ne comprenait pas, dont elle se convainquait avec peine qu’il n’était que chimères. Mais là, maintenant, elle ne rêvait pas. Tout n’était que noirceur et silence.

Et pourtant, elle l’entendit.

Elle l’entendit l’appeler au loin. Son prénom, sa voix. Un mot qui ricochait entre ses tempes sans pour autant totalement la réveiller, comme dans un état second. Un entre deux. Elle l’entendait l’appeler, le sentait s’approcher à mesure que son propre pouls s’accélérait. Mais ne se réveillait pas.

«  Je suis ici. » souffla-t-elle à voix basse, entre éveil et sommeil.

Une phrase qu’elle savait inaudible mais qu’elle était sûre qu’il entendrait. Il l’entendait toujours.



« soon enough my time will come
and all who stood in my way will fall. »


.
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Elle lui parlait ainsi que l'on parle aux secrets, sans phrases ni mots vraiment. Un appel doux et amer, auquel il ne parvenait à répondre, car elle se bouchait les oreilles parfois, car elle avait peur tout le temps. Et lui aussi, lui surtout, homme trop sombre incapable de l'aider vraiment. Alors il la regardait, elle, sa faim immense, faim de tout, d'espoir, de lumière et de vie, là, blottie dans le grand fauteuil comme s l'univers entier la dévorait.
Parce que les étoiles étaient déjà mortes, elles, et que seuls leurs fantômes parvenaient à les éclairer. Il l'approchait comme un animal sauvage, conscient qu'elle ne voulait pas de lui. Cela ne faisait même pas mal, le rejet, non pas qu'on s'y habituait mais... Mais Seth ne connaissait que cela. Il comprenait aussi, et n'avait rien à lui dire pour la rassurer. Ce n'était pas son rôle, d'autres s'en occuperaient peut être, et sinon... Qui pouvait dire quel chemin la Force préparait pour la jeune femme ?

Avec douceur, il lui posa une main sur l'épaule, l'aider à la hisser hors du rêve comme il le ferait d'un océan, son corps de noyée entre les bras. Il lui tendit une simple canette de jus de fruit, espérant que le sucre lui redonne un peu d'énergie. L'homme, lui, du fait de son handicap, connaissait la fatigue perpétuelle, il gérait ainsi au mieux sa propre situation, conscient des défauts et des faiblesses d'un tel état. Un état qu'ils partageaient tous, y compris le robot à présent.

« Ne te rationne pas, il nous reste encore de quoi faire.... »

Stress, tension, colère aussi peut-être, jamais trop loin, comme l'ombre attachée à l'humain. Et Seth n'avait pas de mots à donner, le cœur lourd de solitude, la tête pleine de pensées. Être un homme de bien, recueillir Agheera comme l'on recueille un graal ou une lumière, mais après ? La boue et le sang restaient malgré tout, et la solitude surtout, celle qu'il ne pouvait combattre malgré tous ceux prêts à lui tendre la main. C'était le monstre attaché à son cœur, c'était le chien fou qui lui dévorait les entrailles, lui qui savait comment aimer mais ne trouvait comment l'être lui-même. Certaines quêtes ne pouvaient être assouvies et la solitude de l'espace le rendait par trop souvent face à ses propres rêves. Qu'importe, et la tête lui tournait un peu aussi...

Amie. Ne penser à rien d'autre qu'à cela, à ce petit bout de femme qu'il fallait aider et protéger, là, dans ce vaisseau trop grand pour eux. Trop grand pour la peur, trop grand pour les doutes, et des monstres les attendaient dans l'obscurité d'un couloir, dans le reflet d'un miroir. Agheera, son envie de vivre et sa fureur, ses poings serrés aussi pour prendre ce qu'on lui refusait de droit. Seth, lui, préférait donner, donner plutôt qu'accepter, et il se battait aussi à sa manière, lui, ses défauts, ce corps et cet homme que trop souvent il ne reconnaissait plus.
L'amertume, une hypnose, sa main restait sur l'épaule d'Agheera, et il y avait cette chaleur alors, ce réconfort entre eux, comme pour dire que tout irait bien malgré tout. Parce qu'ils s'étaient trouvé à nouveau.
Une tempête magnétique pouvait durer un certain temps, le principal était rester en bonne santé pour profiter du premier moment où le vaisseau se montrait capable de répondre. Ce moment qui ne venait pas, pas encore...

 « Je ne te suis vraiment pas d'une grande aide... »

Lui, ses mains pataudes, ses mains qui ne répondaient jamais vraiment. Et puis la mécanique, jamais l'homme s'y était intéressé. Alors il pouvait bien utiliser la Force, les connaissances primaires lui manquaient pour laisser parler cet instinct surpuissant et comprendre alors d'où pouvaient venir certains problèmes. Quant à apprendre une méthode de méditation à sa jeune pilote.... hé bien utiliser le mot Force devant elle reviendrait à lui souffler l'idée qu'elle se fasse un collier avec ses intestins à lui.

Et Seth tenait à la vie....
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seth & agheera
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Elle n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux et de se retourner pour savoir qu'il l'avait trouvée parmi les couloirs métalliques du vaisseau. Est-ce que c'était dû à son ouïe, à l'habitude qu'elle avait prise de ne plus chercher à le fuir sachant que de toute façon, il retrouverait toujours sa trace dans le vaisseau ? Elle n'en savait rien. Est-ce que c'était dû à ce pressentiment qu'elle ressentait jusque dans ses tripes ? Peut-être. À quoi bon chercher. Elle ne réussissait jamais à mettre le doigt dessus et son inconscient se refusait à la guider sur la voie de la connaissance, de l'acceptation.

Toujours entre éveil et sommeil, elle ne savait pas vraiment si la sensation qui revenait la tirailler était du à son sommeil ou si elle n'était que réalité. Et le chasseur de prime fût celui qui lui dévoila la réalité de manière si subite qu'elle ne put s'en défaire immédiatement.

Une main sur son épaule.

Elle émanait d'une chaleur particulière, douce mais puissante. Tandis que son épaule, elle en était certaine, devait être gelée. Agheera n'était pas habituée au froid, à l'oxygène recyclé des vaisseaux spatiaux, à l'atmosphère subtilement maintenue. Elle ne connaissait vraiment que la chaleur extrême, le vent puissant, la porosité du sable. Tant d'éléments dangereux qu'elle avait sût faire siens alors qu'elle peinait à s'habituer à la clémence du soleil sur D'qar, à la fraîcheur des vaisseaux et la délicatesse de la végétation autour d'elle sur terre. Elle les appréciait, en buvait chaque changement d'état, de couleur. Mais elle ne parvenait toujours pas à s'y accoutumer. Comme si chaque matin tout aurait disparu pour laisser place à la cruauté de Qi Lozar. Frissonnante, elle qui avait gardé les yeux clos se décida à les ouvrir -péniblement- pour retrouver l'ombre de Seth la surplombant.

Elle rencontra alors le regard du brun, sans se dégager de sa prise qui pour une fois ne résultait pas en un changement d'air drastique. Le souvenir de son rapprochement sur Naboo maintenant lointain, elle en gardait néanmoins une certaine appréhension qui ici n'avait aucun lieu d'être. Il y avait pourtant, quelque part dans l'air, un filet électrique qu'elle entendait bourdonner au loin. Plus doux. Presque rassurant. Toujours recroquevillée dans le siège du pilote, elle ne dit pas un mot. Elle savait ce qu'il voulait avant même qu'il n'en fasse l'offre. Agheera tendit la main doucement vers la canette, les membres encore endoloris par le sommeil court mais profond dont elle avait eu droit. Sans un merci, chose qu'elle lui accorda à travers un sourire endormi.

« Ne te rationne pas, il nous reste encore de quoi faire.... »

Il était fatigué. Elle le voyait dans son regard comme voilé d'un linceul qu'elle ne comprenait pas. Et elle ne savait pas s'il s'agissait là d'une fatigue nouvelle ou d'une plus ancienne. Jamais vraiment tût. Alors qu'elle buvait silencieusement, enfin apprivoisée, elle scrutait son visage qui transpirait d'émotions. S'en rendait-il compte ? De son regard intense qui cachait malgré sa noirceur une lueur quelque part. Surtout. Elle resta là un moment, à soutenir son regard du sien sans un mot. À se nourrir de ce soudain calme, elle qui avait depuis des heures cherché à fuir celui dont ruisselait une sensation qui lui serrait le coeur et qu'elle ne saisissait pas. Une atmosphère plus lourde, une impression de se noyer au milieu des étoiles, des Hommes, des êtres. Et de boire la tasse. Chaque fois.

Sa main toujours posée sur son épaule semblait s'y fondre, elle sentait sa peau brûlante là où l'absence de tissu lui permettait de toucher la sienne. Une chaleur qui ne tarda pas à se répandre. Autour d'elle, de lui, entre eux. Quelque chose auquel elle n'avait jamais eu droit, quelque chose qu'elle n'avait jamais assisté. Et qu'à nouveau dont elle n'en saisissait ni l'origine ni la cause.

« Je ne te suis vraiment pas d'une grande aide... »

Le ton qu'il employait la fit se redresser plus encore, renforçant certainement sans le vouloir le contact qu'il s'était entêtait à garder consciemment ou non. Défaitiste à nouveau, comme s'il n'avait plus foi en rien. Ni en lui, ni en le monde entier. Ni même en les étoiles. Et en elle, alors ? Elle termina de boire avant de prendre la parole. Elle savait qu'il était venu pour être sûr qu'elle n'oubliait pas de se nourrir ou de boire et c'était bien là la seule chose qu'elle pouvait lui donner.

« Et pourtant tu es la seule raison pour laquelle je suis toujours en vie. » lui dit-elle sans réfléchir.

À la fois ici, sur ce vaisseau perdu, frappé par des vagues qu'ils ne pouvaient pas voir. Et à la fois sur Naboo, dans cette ruelle, alors que sa propre vie était pourtant en danger. Agheera se leva, mesurant ses mouvements suivant son mal de tête. Aller trop vite c'était l'augmenter, aller trop lentement, c'était se perdre, se fatiguer. Et en se levant, elle rompu le contact qu'il avait établi, laissant la main de Seth retomber de son épaule en frôlant son bras. Elle le dépassa afin de poser la canette qu'il lui avait apportée sur le plateau du cockpit, dans un endroit qui avait été désigné pour.

« Est-ce que ça va ? » se surprit-elle à lui demander.

Elle fronça les yeux, dos à lui. Réfléchissant. Quand était-ce la dernière fois qu'elle l'avait vu manger ? Certes, il venait toujours lui apporter de quoi tenir, mais lui, tenait-il ? Sa carrure imposante dans laquelle elle pourrait facilement se perdre pouvait tromper. Peut-être alors qu'elle n'était pas la seule à souffrir de cet asile imposé par la tempête. Elle ne l'avait jamais été, mais contrairement à lui, elle n'avait rien fait pour l'aider. Agheera fut soudainement prise de culpabilité. Elle n'était pas familière des relations humaines, plus encore de l'entraide. Sur Qi Lozar, personne ne s'occupait d'autrui. Mais ce n'était pas une excuse pour avoir été, pendant tout ce temps, égoïste. Elle se retourna alors, soudainement mal à l'aise. Inquiète aussi certainement.

« Je suis désolée. » commença-t-elle simplement, ne sachant par où commencer. « Tout est de ma faute, j'aurais dû regarder les informations météorologique de notre trajectoire. » c'était un début, incertaine de pouvoir soutenir son regard, elle se retourna faisant mine de regarder les commandes et les étoiles. « J'ai tout essayé. Rien ne répond. » elle posa ses poings serrés sur le tableau de bord, les sourcils froncés et le regard plongé dans l'obscurité de l'espace, y remarquant à peine la lumière des astres. « Je suis désolée d'être aussi ingrate, de ne pas t'avoir aidé plus. » Là, elle ne tournait plus autour du pot. « Tout est de ma faute et je n'ai rien trouvé de mieux que te faire parcourir le vaisseau en long et en large alors que tu dois certainement être épuisé aussi. »

Elle marqua enfin une pause, soupirant d'agacement. Contre elle, ses inaptitudes. Contre toutes les choses qu'elle ne comprenait pas et qui pourtant semblaient évidentes aux autres. Contre celles qu'elle touchait du bout des doigts, qu'elle sentait mais qu'elle n'arrivait pas à atteindre.

« Pardon. » finit-elle par souffle, alors qu'elle baissait la tête vers le tableau de bord.

Vers ses poings.

La déception se lisait aisément dans le ton qu'elle employait. Elle se sentait mal. Physiquement, d'abord. Sa tête était lourde, ses gestes incertains. Et moralement, ensuite. Tout était de sa faute et elle ne pouvait rien faire. Alors elle se replongea dans un silence, après ces excuses qui étaient à elles-seules certainement les premiers mots qu'elle prononçait depuis des heures.



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Des yeux noirs qui se cherchaient encore un peu, et il y avait les étoiles aussi alors Seth les contemplaient. Les étoiles des mots d'Agheera, les mots pour lui, les phrases comme un poignard tendu, une arme à saisir pour mieux se relever.
Ne plus être à genoux.
Sa main sur sa peau, la chaleur de la vie et le cœur qui bat, bourdonnant incessant à ses tempes lorsque pourtant, ce cœur n'était pas le sien. Et les lèvres comme un cri de guerre constant, comme le vol solitaire d'un goéland... Alors Seth s'aperçut que lui aussi, pouvait lire à son visage à elle, comme un espoir au monde, un de plus de tous ceux que la jeune femme était capable d'offrir. Il y avait ses ténèbres à lui, sa lumière à elle, et tant de contes avaient déjà existé sur des reines de jours et de tristes chevaliers...
C'était la recueillir au creux de ses mains comme un oiseau blessé, c'était lui nommer chaque étoile qu'elle lui faisait voir, mais l'homme restait encore incapable de parler. Le vaisseau, eux... et comment faire comprendre qu'il ne la cherchait jamais, qu'il la trouvait juste ? Parce que c'était simplement ainsi, entre eux, et les parfums de Naboo, entre fleurs et sang, étaient une passerelle alors de l'un jusqu'à l'autre. La regarder droit dans les yeux, s'imaginer comme l'assassin qu'il était parfois, s'imaginer la tuer.

 « Qui est la raison de l'autre, Agheera ? »

De l'affection dans les trois syllabes de son prénom, car l'espace était froid, car l'espace était grand, et peu importe que Seth n'ait jamais assez de son propre cœur pour tout remplir, car il le faisait quand même. Car il le ferait toujours, même si les larmes et la douleur, eux, ne resteraient jamais loin. Sombre était le soleil de l'homme, sombre était cette lumière qu'il partageait parfois, qu'il donnait aussi, mais cette noirceur portait également le nom de bonté. Tant de belles choses pouvaient exister, comme dans les histoires, comme dans les yeux des enfants. Comme dans ceux d'une jeune femme épuisée, une jeune femme debout.
Et cela lui déchira le cœur encore un peu, sa question. Parce qu'il sentait toute la souffrance d'Agheera comme un fleuve tourmenté alors qu'elle s'efforçait de ne pas trembler. C'était grotesque, c'était absurde, à l'image de cette chose que l'homme s'efforçait d'être chaque jour de sa vie : une douleur constante, une douleur debout. En étaient-ils réduits à cela ? Il n'y avait rien à dire, rien à pardonner, et des sanglots seraient partagés un jour peut-être, mais il fallait rester fort malgré tout.
Et puis faire face, lui faire face, alors que les mots étaient des larmes qu'on ne voulait voir couler. Seth resta silencieux, plantant ses yeux dans les siens avec autant de puissance que s'il se fut agi d'une épée. Parce qu'il y avait un guerrier dans l'ombre du chasseur, et qu'Agheera savait faire ressortir le peu de noblesse qu'il avait en lui.

 « De quoi t'excuses-tu ? Tu es humaine, avec tes perfections et tes erreurs... et nous étions tous les deux dans l'urgence. Agheera... »

Son prénom encore, son prénom toujours, et soudain Seth écarquilla les yeux alors qu'en lui s'écroulait la fatigue de toute une vie. Des mots trop simples, des mots trop justes, alors l'homme secoua la tête, les dents serrées, prêt à maudire le monde comme jamais il ne l'avait fait. Pourquoi elle, pourquoi maintenant ? Ingrate, non... Ingrate lorsqu'elle pensait à lui comme nul ne le faisait, lorsqu'elle lui hurlait droit au cœur une force qu'il se pensait incapable de posséder, mais acceptait également sa différence sans lui demander de changer.

C'était une flamme de ses yeux à ses joues, c'était une blessure, c'était des larmes. Il pleurait, loin de l'innocence des enfants, il pleurait pour la beauté d'Agheera dont l'âme était une galaxie de lumière, et pour lui dont les mains avaient appris comment tenir une épée.

 « Oh tais toi donc... »

Tais-toi princesse, tais-toi mon cœur, tais-toi aussi sombre douleur ! La rage d'Agheera, son désespoir,Elle était peut-être l'oiseau blessé sur son épaule, mais Seth refusait qu'elle ne puisse plus un jour chanter.
Oh les mots trop durs, ceux qui ne voulaient sortir, alors que lui offrir d'autres ? Il leva les bras, comme un déchirement, et ses mains tremblaient un peu : le geste, l'esprit, ces choses qu'il peinait à associer, réfléchir toujours, réfléchir encore.  Agheera comme une flamme vacillante, les poings serrés, les poings fermés, elle la seule d'entre eux capable de les ouvrir pour donner.
Il l'enlaça, lui, sa taille, son ombre. Et l'étreinte était brutale un peu, lui dont le corps se contrôlait peu, lui qui choisit de ne pas trembler. Parce qu'elle était là, au creux de lui, fragile et glacée, petite étoile capable d'éclairer.
Il avait peur, d'elle, de sa réaction, d'un rejet qui pouvait venir lorsqu'il n'avait que son affection à offrir. Son respect pour la petite guerrière qui n'avait rien perdu, pas à ses yeux.

 « Reste fière et forte, mon amie.... Ce que je fais pour toi, je le fais avec plaisir. Je vais bien, même si tu trembles, je vais bien... »

Et tout ce que la jeune femme pouvait prendre en lui, il le lui offrait. Parce qu'elle l'avait mis debout depuis le premier jour de leur rencontre, parce qu'elle l'avait fait pleurer avec toute la douleur d'un cœur comprenant que dans les yeux d'un autre, il avait le devoir d'exister.

 « Cela passera... et mon épuisement, je l'oublie. Parce qu'il faut bien quelqu'un pour venir te chercher de temps en temps, non ? A chacun sa tâche, voilà tout... Je suis ton gardien tout comme tu es le mien »
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seth & agheera
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Elle avait toujours eu du mal à accepter l’échec. Parce qu’elle ne le connaissait que trop peu, avait toujours eu le don de trouver une solution aux situations les plus désespérées. Et ce qui pouvait en attester, c’était sa simple présence dans le monde d’aujourd’hui. Sur Qi Lozar, l’échec n’était pas acceptable et était même, souvent, synonyme de fin. Peut-être considérait-elle d’ailleurs la disparition de ses parents comme un échec. Elle n’avait pas réussi à les sauver. À réunir suffisamment de crédits pour payer un médecin, pour soulager leur peine. Alors chaque échec faisaient écho au dernier, adagio interminable et douloureux. Tout ça, elle ne le voyait pas. Elle se contentait de le sentir, inconsciemment surement. Certainement.

Les yeux rivés vers le sol, elle attendait une réaction. Les poings serrés, anxieuse. L’histoire de sa vie, s’inquiéter d’un rien et pourtant de tout. Vivre dans l’angoisse, parfois dans la panique même. Mais vivre quand même et se lever chaque matin en espérant que le prochain serait meilleur. En en étant convaincue.

Coupable.

Telle était sa sentence. Elle n’avait pas eu la force de lui dire non, de le laisser sur terre. De lui refuser son aide. Coupable. Elle n’avait pas jugé utile de s’embêter à vérifier des informations pourtant essentielles à la sortie d’hyper-espace dans un système inconnu. Coupable. Elle l’avait laissé courir pour elle dans les couloirs du vaisseau sans même s’inquiéter de son propre état. Coupable. Elle avait maintes fois refusé son aide, contesté cette main tendue. Coupable.

« Oh tais toi donc… »

Elle leva les yeux, surprise par cette soudaine sommation à laquelle elle ne s’attendait surement pas. Peut-être un acquiescement, une remarque ou deux. Mais pas qu’il lui demande de se taire. Pas comme ça. Et ce qu’elle remarqua maintenant les yeux plantés dans les siens lui serra plus encore le coeur. Ce ne fut l’histoire que de quelques secondes, une vision volée avant qu’il ne l’enlace de ses grands bras brûlants.

Il avait pleuré.

Lui la grande ombre. Le chasseur de prime. La peine était donc bien réelle, la fatigue aussi. Plus profondément ancrée qu’elle ne l’avait d’abord pensé. Il cachait derrière sa façade désinvolte des blessures qu’elle ne réussissait pas à imaginer, à saisir. Dont la seule entrevue avait suffit à la bouleverser suffisamment pour qu’elle ne proteste pas lorsqu’il l’avait prise dans ses bras. Pour que l’espace d’un moment, l’air qui change ne l’effraie pas. Ni même ce bourdonnement plus mélodieux, moins effrayant. Elle était restée là, figée par le souvenir fiévreux de ses joues humides et de ses yeux sombres.


« Reste fière et forte, mon amie.... Ce que je fais pour toi, je le fais avec plaisir. Je vais bien, même si tu trembles, je vais bien… »

Ce sont ses mots qui la sortirent enfin de sa torpeur. Était-elle la cause de son malêtre, de ce trop plein d’émotion qu’il avait finit par expulser sous forme de larmes ? Elle en doutait, mais le doute était là. Il était fatigué, elle l’était aussi. Il était épuisé, elle l’était aussi. Et cela devait certainement jouer. Agheera leva ses bras, le naturel revenant au galop alors qu’elle retrouvait cette impression de noyade. Dans l’air d’abord, submergée par l’atmosphère, par le monde entier. Mais surtout dans ses bras, puissants, et sous les battements de son coeur. Prête à se défaire de son emprise, elle posa les mains sur les épaules de Seth. Mais elle hésita. Amie. Est-ce qu’il l’avait vraiment ou l’avait-elle seulement entendu d’elle-même ? Était-elle si seule qu’elle entendait maintenant ce mot, précieux, à tout va ? Elle resta interdite, silencieuse, arrêtée dans son mouvement par le doute et la sensation qu’elle ne devrait pas faire ça. L’instinct qu’il y avait là plus qu’ils ne le pensaient. Qu’elle n’imaginait.

« Cela passera... et mon épuisement, je l'oublie. Parce qu'il faut bien quelqu'un pour venir te chercher de temps en temps, non ? A chacun sa tâche, voilà tout... Je suis ton gardien tout comme tu es le mien. »

La sensation était bien là. Le coeur battant aussi, l’envie de courir, de s’éloigner. De faire taire cette impression de manquer d’air, de boire la tasse, de perdre pieds. D’être plus encore minuscule au creux de ses bras. Pourtant elle savait qu’il ne méritait pas ça. Et peut-être, qu’elle avait enfin le droit de souffler. Que la solution n’était pas tant dans le fait de respirer mais dans celui de se laisser plonger. Couler. Submerger. Tout entière disparaître dans ce qu’elle fuyait depuis le début. Résolue, Agheera posa son front contre le buste du brun et puis doucement, pleine d’hésitation, se décida à ne pas le repousser. Ses mains jusqu’ici posées sur ses épaules descendirent dans son dos dans un unique mouvement. Elle se rendait. Et c’était surement là sa première vraie étreinte depuis des années.

« Merci. » dit-elle simplement, son souffle allant se cogner contre son torse.

Elle ne l’avait vu qu’une fois. Et pourtant cela avait suffit pour qu’elle rentre sur D’qar pleine de doutes, de questions. D’appréhension. Mais aussi de curiosité. Il lui avait fallut des jours pour oublier cette sensation désagréable d’appartenance à plus grand, plus fort. De ne pas être seule, de faire partie d’un tout. Et de happer l’air sans succès alors.

Elle se rendait.

Et elle laissait à présent cette impression la submerger, serrant plus encore Seth alors que la peur la prenait. L’incompréhension la menait toujours sur ce chemin terrifiant d’inconnu. Son visage caché contre son buste, elle ferma les yeux pensant y trouver là un quelconque refuge. En vain. Elle se noyait dans des émotions qui n’étaient pas les siennes, dans des vies qui ne lui appartenaient pas. Et elle s’apprêtait à s’exprimer, à questionner peut-être, avant qu’on ne l’en empêche.

Une alarme se mise à sonner.

Agheera sursauta, et avec ce soubresaut la sensation qui la terrifiait autant qu’elle n’attisait sa curiosité s’évapora. Elle et tout ce qu’elle impliquait. Le sentiment de se noyer, l’impression de pouvoir trouver des réponses à ce qu’elle s’était toujours intérieurement demandé. Tout disparu alors qu’elle se détacha brusquement de Seth, titubant un instant sous la rapidité de son mouvement. Elle savait déjà de quoi il s’agissait sans avoir à lire ce qui s’affichait en rouge lumineux sur le tableau de bord. Une fuite dans le système de refroidissement des réacteurs.

« Je suis désolée. » se contenta-t-elle de dire, autant gênée que pressée. « Une fuite dans le système de refroidissement des réacteurs » elle rassembla ses affaires dans des mouvements concis et lents, réfléchis. Sa tête lui tournait encore, suffisamment pour qu’elle y pense à chaque instant. « Je dois la colmater avant qu’on ne perde trop d’eau. »

Et même si la fatigue se lisait sur son visage et dans son allure, elle se dirigea vers la sortie du cockpit et les couloirs tortueux. Elle avait besoin d’une nuit de sommeil mais n’avait eu droit qu’à quelques petites heures avant qu’il ne la réveille. Au moment de sortir du cockpit, elle se retourna vers Seth, incertaine de ce qu’elle allait dire.

« Tu devrais te reposer. » elle marqua une pause. « On a qu’à dire que c’est à mon tour de venir te chercher. »

Si elle avait besoin de sommeil, lui méritait le repos. Le vrai. Autant pour son corps que pour son esprit. Peut-être alors que ceux qui avaient décidé d’offrir à Agheera quelques heures de sommeil d’un calme plat le feraient également pour Seth.



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Et pourquoi était-elle si petite tout d'un coup, là, contre lui ? Ils respiraient au même souffle pourtant, alors rien ne devrait être plus grand. Cruauté bien sûr, ce qu'il lui faisait, ce qu'il lui demandait, elle trop seule, elle trop sauvage, elle trop jeune surtout, et trahie peut être. Il n'aurait pas du, non, il n'aurait pas du pleurer pour elle, ouvrir ses bras, la prendre comme ça, c'était trop de choses, c'était un drôle de combat. Le cœur n'avait rien à y faire, pas même lorsqu'on l'arrachait ainsi. Qu'il reste aux musiques et aux chansons, pour le sabre et les combats, c'était toute autre chose qui devait battre. Les combats, oui, comme celui qu'il infligeait à cette drôle de personne, à son amie. Combattre une nature colérique, esseulée, juste pour accepter deux bras autour d'elle, deux bras qui refusaient de la lâcher.
Alors qu'elle le craignait, oui, lui, ce qu'il représentait, la Force dont il ne se cachait plus, pas avec elle. Une autre chose qu'il lui imposait, derrière ses airs distants, rêveurs. Y avait-il de la méchanceté ? Peut-être, oui, la peur de ne pas être compris. Une femme face à une bête sauvage, une bête qui s'apprivoisait parfois mais jamais bien longtemps, le chien toujours, le chien en lui qui parfois se rêvait loup, parfois était pire.
Et lorsqu'elle le serra alors, lui rendant son étreinte, le monde explosa pour un court instant. C'était mourir un peu, par le simple son d'un battement de cœur, c'était la forcer à lui faire confiance, à s'abandonner et pour cela, Seth se haïssait.
Parce qu'il n'était pas un sauveur, à peine un personnage de conte, d'histoire...
Mais Agheera restait la seule à s'excuser, peut-être comprendrait-elle un jour, par delà l'espace, par delà les étoiles.
Elle le chassa d'une bien triste bénédiction alors que sonnait l'alarme. Quelque chose sur ses épaules à elle, une ombre, une traîne, la petite reine de son propre royaume. Et lui n'était qu'un soldat, alors il ne pouvait rien faire d'autre qu'obéir. Il acquiesça, brisant l'étreinte, incapable d'entendre jusqu'à son propre cœur, de comprendre quel sommeil pouvait l'attendre aussi. Il y avait le poids de ses larmes encore à ses yeux, il ne partait pas.
Brusquement, Seth sut que jamais il ne pourrait retrouver la chambre, pas tout de suite, pas maintenant. Car sa propre tête était un champs de bataille, car il n'avait plus assez d'énergie, pas même pour la Force.
Faible, trop faible...
A son tour, l'homme prit place dans le fauteuil. Il y avait les étoiles, et comme elles semblaient briller bien peu ! A peine la tête en arrière, qu'il s'endormait. Rien ne pouvait lui donner les rêves qu'il espérait, rien ne pouvait le guider entre les songes et les cauchemars. Une femme, morte maintenant mais vivante avant, elle avait eu les yeux noirs elle aussi, elle capable de l'entraîner pour un temps si court, de faire de lui la raclure qu'il était maintenant. L'était-il vraiment ?
Alia, et Seth se rappelait chacun de ses mots, chacun de ses reproches. Car il ne l'avait pas aimé, se rendant ainsi coupable de la chute de la jeune femme. Lorsqu'une douleur est si grande que seule la trahison existe alors... Elle avait voulu le vendre, il l'avait tué. Une histoire simple, une histoire triste peut-être, triste surtout. Elle ne lui manquait même pas, elle ne lui manquait jamais, et son regard était comme un reproche alors. Parce que des choses pouvaient compter pour lui, des gens aussi...
C'était cela, son repos, une femme oubliée ? Pendant qu'Agheera combattait le vaisseau, Seth se devait d'affronter ses propres démons, et Alia n'était jamais que l'un d'entre eux. Il voulait l'oublier, affronter d'autres tempêtes, des capables de vraiment compter.

Et dans son sommeil, Seth ne pouvait se reposer. Il y avait sa famille aussi, les frères qu'il avait eu, les frères capables de le battre, de le dépasser. Qui voulaient lui dire de continuer à fermer les yeux, là aussi une histoire déjà connue. Ses démons encore, ses démons toujours..... Il voulait repenser au vide, aux ténèbres qu'il ne craignait pas, du mons pas vraiment. Au néant, et dans le néant, une lumière pourtant, une lumière toujours. Sa tête était lourde, les mains d'Alia sur son corps, Alia et son couteau, le sang qui s'échappe des lèvres de la jeune femme, ses propres chutes à lui, ses propres pleurs....
Rien pour le consoler, juste la solitude, juste son cœur incapable d'aimer.

Cela était injuste, alors Seth ouvrit les yeux, une fne pellicule de sueur sur le visage. Il avait la gorge sèche, l'impression d'être condamné. Une intuition sensible et aigue, pareille à un poignard en plein cœur, celle de ne pas avoir de place dans cet histoire. Qu'il ferait mieux d'attendre, de mourir, car pour lui rien à faire, et des souvenirs du temple jedi vinrent alors assombrir sa vision. Ce n'était pas de la peur, c'était...autre chose. La sensation de n'être rien, juste un corps, juste une voix parfois, et un feu attendait pour le dévorer alors qu'on l'oublierait, malgré la promesse de Lucrèce, malgré la lumière qu'il essayait de porter.

La tristesse était grande, un peu trop peut-être...et combien de temps avait-il dormi ? Il n'aurait pas du, pas alors qu'il pouvait méditer, se cacher y compris de lui même. Il n'aurait pas du... L'homme se leva, les jambes tremblantes un peu, et la lumière, où était-elle ?
Dire son nom, le murmurer, les lèvres sèches, le cœur écorché, et puis finalement....finalement se taire. Lui, le lâche, le traître, qu'avait-il choisi si ce n'est abandonner les jedis, comment dire alors à une simple jeune femme qu'elle se devait de faire tout ce à quoi il tournait le dos ?
Il y avait une douleur, une conscience...combien de temps encore les grands mots, combien de temps les mensonges ?

Lentement Seth tourna les talons pour s'éloigner dans les profondeurs du vaisseau, car les ténèbres arrivaient, car les ténèbres approchaient, et la peur elle aussi viendrait. Peur de ne rien être, peur d'un simple relfet dans un miroir.

Et sa faiblesse qui le dévorait...

A lui même il se parla, à lui même il s'insulta. Il n''y avait que cela à faire...

 « Pauvre fou....tu es déjà condamné, ne la mêle pas à tout ça... Elle a d'autres amis, d'autres gens pour la protéger »
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Elle titube jusqu’à l’endroit qu’elle sait être touché par cette panne. Son esprit est focalisé sur le travail qu’elle doit accomplir, ni plus ni moins. Parce qu’elle sait que si jamais elle se laissait dériver loin de sa tâche elle n’en sortirait pas. Elle réfléchirait trop. À ses gestes, ses attentions qu’elle n’expliquait pas toujours. À ce qu’il disait, tout ce qu’il disait. Elle réfléchirait trop.

Et ne s’en sortirait pas.

Avec beaucoup de mal elle souleva le panneau qui cachait le système de refroidissement du vaisseau, sous le sol. L’eau s’était répandu sur quelques millimètres à peine, mais c’était suffisant pour l’inquiéter. Agheera fronça les sourcils, se hissant à l’intérieur de l’endroit restreint. La finesse de sa carrure lui permettait de se faufiler bien plus loin que cela était permis à d’autres. Frêle feuille de chêne qui se laissait porter par un vent dont elle n’avait ni la conscience, ni la connaissance. Un vent pourtant présent, fort, constant. Qu’elle avait toujours eu à ses côtés toute sa vie mais qui ne s’était réellement manifesté que depuis qu’elle avait mit les pieds sur D’qar. Comme la probabilité d’un danger s’était alors tant agrandie que le vent avait décidé de se transformer en tempête. Forte et puissante. Effrayante.

Les mains tremblantes, elle ne mit que quelques minutes à colmater la fissure probablement simplement dû à l’âge avancé du cargo. La résistance ne roulait pas sur l’or, c’était indéniable. Peut-être alors qu’il s’agissait également là d’une technique spéciale afin de n’attirer aucun regard sur Agheera et ce que transportait son vaisseau ? Les pieds dans l’eau, les mains humides, les genoux trempés, elle attrapa du bout des doigts le sol qui encadrait le trou par lequel elle s’était laissée tomber. Trop haut.

Problématique.

Elle regarda autour d’elle et tenta à nouveau de s’extraire du trou, utilisant tuyaux et branchements comme prises afin de finir d’attraper le sol et de se hisser non sans s’écorcher mains et tibias. Elle ne broncha même pas, habituée aux dommages collatéraux. Las, aussi. Fatiguée, épuisée. Seth l’avait réveillée en plein sommeil réparateur. Remettant le panneau en place, celui-ci s’imbriqua dans le sol disparaissant entre les motifs de ce dernier. Immédiatement l’alarme s’arrêta et le silence reprit ses droits sur le royaume qu’était le cargo. L’espace. La galaxie peut-être également.  

Pour rejoindre ce qui aurait servit à l’équipage du vaisseau comme de salle-à-manger, elle passa devant le cockpit à nouveau. Sur le chemin, Agheera s’étonna de pour une fois ne rien sentir. Pas d’air lourd, pas de noyade, pas de bourdonnement. Un calme plat, distant. Arrivant à hauteur du cockpit, elle voulut y regagner sa place. Retrouver la présence rassurante des étoiles. Mais s’arrêta net devant le siège du pilote.

Seth dormait.

Et son visage n’était ni sombre, ni triste. C’était un canevas vierge attendant patiemment qu’une vague d’émotions et de souvenirs ne le frappe. Mais c’était surtout étrange d’être témoin d’une telle scène dans laquelle l’ombre de Seth n’était plus si grande. Plus si sombre. Dans laquelle il retrouvait sa condition d’homme, de garçon même. Il semblait vulnérable mais conservait une aura imposante. Peut-être était-ce alors dû à sa taille, qui sait. Agheera se surprise à le fixer silencieusement et un mouvement de sa part, aussi minime fût-il, fût suffisant pour la faire déguerpir en silence. Ne laissant derrière elle aucune trace de son passage. Et qu’une image adoucie de la personne qu’elle avait autant cherché à fuir qu’à retrouver.

***

Sans Seth pour lui rappeler de se nourrir, Agheera avait tout de même réussi à se maintenir consciente. Affaiblie, fatiguée, mais bien là. Cela faisait des heures qu’elle ne l’avait pas vu, et elle n’osait pas retourner dans le cockpit de peur de le réveiller. Alors elle avait simplement attendu, silencieuse, que quelque chose se passe.

En vain.

BB-2 ne répondait plus. Seth dormait. Elle était seule. Seule avec ses pensées, ses souvenirs. Et Agheera en profita pour réfléchir à son séjour sur D’qar. Le processus long et difficile d’intégration qui avait finalement payé. Elle pouvait maintenant compter sur certaines personnes plus encore qu’elle ne l’avait fait avec la population entière de Qi Lozar ces six dernières années. L’apprentissage simple et satisfaisant du métier de pilote. Le rêve d’une gosse qui pilotait des modules pour nourrir ses parents lorsque ceux-ci ne ramenaient plus suffisamment d’argent pour remplir l’estomac de toute une famille. Toucher les étoiles, briser ce ciel bleu constant, quitter ce grain de sable. Longtemps elle se contenta de ne penser qu’à ça.

Jusqu’à ce qu’il refasse surface.

Lui. Le soldat. Le traitre. Ses pensées lui faisaient défauts, l’avaient poussée à s’endormir assise inconfortablement sur cette chaise, à cette table. Elles l’avaient guidée à ce cauchemar récurant. À cet avertissement. Le corps par terre, le sabre qui s’abaisse. Le cri qu’elle reconnait. Puis la résistance, ses troupes. Des tirs de blasters vers leurs propres frères. Et ce soldat, de dos. Qui hurle des ordres, qui mène ce renversement. Le coupable.

Il se retourne. La fixe. S’avance.

Elle se réveille en sursaut.

Elle avait flanché, l’espace de quelques minutes. Le souffle encore court, le coeur battant, elle se releva la tête lourde. Agheera ne percevait plus le temps qui passait. Et elle avait terriblement besoin d’air pur, une envie qui l’aurait certainement poussé à se jeter dehors s’ils avaient alors pût sortir du vaisseau. Mais non. Ils étaient coincé là. Sa faute.

Se levant, elle se dirigea vers les rafraichisseurs. Peut-être qu’une douche lui changerait les idées, l’empêcherait de penser trop à ce cauchemar qui la suivait depuis presque un mois maintenant.

Il était debout.

Elle ne savait pas comment, ni pourquoi, mais elle en était intimement convaincue. Comme si cela était évidant, face à elle. Et avec son éveil, suivait celui du vent. De la tempête. Elle tenta de l’ignorer et manqua de lui rentrer dedans.

« Pauvre fou....tu es déjà condamné, ne la mêle pas à tout ça... Elle a d'autres amis, d'autres gens pour la protéger »

Sa présence l’avait coupé dans ce qui semblait être des pensées dites à voix haute. Agheera le fixa, surprise. Déçue peut-être aussi. Il voulait partir.

C’était évident.

Et il pesait le pour et le contre, à voix haute, pour lui. Sans avoir imaginé croiser Agheera dans le processus certainement. Tu es déjà condamné, ne la même pas à tout ça. Cela aurait dû piquer sa curiosité, mais son esprit se contenta de se concentrer sur le ressenti global. Sur ce qu’elle ressentait comme étant la vérité.

Il voulait partir.

Serrant les mâchoires, elle baissa les yeux vers le sol. Interdite. Ils partaient toujours. Elle en avait eu des amis, sur Qi Lozar. Et elle n’avait jamais oublié personne, se rappelant de chaque être, de chaque histoire. De chaque abandon. Parce qu’ils partaient toujours. De Pirn, de la planète, du système surement aussi. Qui voudrait rester sur cette planète ? Qui voudrait de cette vie ? Qui voudrait d’elle, aussi ? Elle qui n’avait jamais trouvé le courage de partir de Pirn de peur d’y oublier son histoire, ses parents. Et pourtant elle l’était, courageuse. Les yeux rivés sur le sol, n’osant pas les poser sur lui, elle sera les poings.

«  Si tu veux partir, vas-t-en. » commença-t-elle, sa voix comme coincée dans sa gorge. «  Je ne t’en voudrais pas. » mentit-elle, les yeux toujours rivés vers le sol.

Elle n’était pas en colère. Et pourtant elle savait qu’elle le devrait. Après toutes ces belles paroles, il envisageait de l’abandonner. Peut-être pas ici, surement pas ici. Mais une fois à bon port. Elle était déçue, alors. Peut-être un peu (trop) triste aussi. Mais pas en colère.

Elle n’était rien, et le monde voulait tout.

Alors pourquoi lui en vouloir quand il prenait la même décision qui avait poussé Agheera à oublier le monde pour avancer sans eux par peur d'être à nouveau blessée. Pourquoi lui en vouloir quand il n'était même pas le premier à penser que l'abandonner était la meilleure décision. Et certainement pas le dernier, finalement.

«  Ce n’est pas grave. » souffla-t-elle en le dépassant, frôlant son épaule de la sienne alors qu’elle décidait de changer de trajectoire et de se diriger vers ses quartiers plutôt que vers les rafraichisseurs.

Soudainement prise de l’envie de s’isoler pour faire face à la tempête qui grondait en elle et autour d’elle. Seule. Comme si le destin s’entêtait à lui arracher le moindre brin d’espoir, quand celui-ci le lui présentait. Sans pour autant qu’elle ne perde de cette fraîcheur et de cette espérance qui lui étaient synonymes.



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C'était l'ombre pour les détester, c'était la Force aussi, c'était le monde... Pourquoi ? Ils n'avaient que ce vœu commun : celui de ne plus être seuls. Ce vœu qu'ils ne savaient comment exaucer, trop de blessures, trop d'abandons. C'était un espoir mort et une lumière qui vacillait tout autant, alors lentement Seth se retourna. Il la regarda elle, son visage comme une épée dégainée, une épée sans fourreau, sans jamais rien où se poser. Une lame pour la Résistance, une larme pour ses yeux à lui, et qu'avait-il fait ? Lui, ses doutes et ses mots... Lui, sa haine peut-être, celle qui ressortissait parfois, celle de tout ce qu'il était, et où était-il, l'amour là dedans ?
Il n'y en aurait jamais, une fable, un mensonge pour chaque cœur faible rencontré. L'amour ne pouvait pas exister, pas lorsque l'on réfléchissait au delà des étoiles, que l'on goûtait la faiblesse comme un mauvais vin, qu'il n'y avait que la souffrance comme maîtresse au matin.
La regarder encore, la regarder toujours, elle qui semblait incapable de haïr. Ce n'était pas sa faute, la pure, l'innocente, ce n'était pas sa faute et elle était seule, si seule, à présent Seth le comprenait, peu importe les noms et les visages.
En lui, le chien pleura, en accord avec le cœur de son maître. En accord pour la première fois peut-être..
Et chaque mot était une douleur, comment était-ce possible ? Comment était-ce possible que l'on ai pu voir cette jeune femme sans rien savoir des ombres et des souffrances, sans comprendre qu'il fallait l'aimer et la protéger pour que jamais l'obscurité ne revienne ? Elle qui savait entendre son cœur, elle qui se noyait, triste, sans sa ferveur.
Le monstre se couchait, le monstre abandonnait. Alors, dans le visage marqué et impassible, une humanité nouvelle semblait s'éveiller. Une humanité capable de murmurer un nom enfin, sans peur et sans regret, comme un chant en pleine bataille.
Car il n'était point parti en guerre pour en revenir solitaire...
L'homme et ses mains brutales, l'homme et son cœur en effroi, ce n'était pas à la femme d'apprivoiser le monstre, mais au monstre d'apprivoiser la femme, elle, légère et fragile, sombre flamme qu'il désirait incendie.
Alors vint la violence, celle de ses gestes, celle de son regard, lui qui maîtrisait si peu de choses déjà. Sans douceur, sans douleur, il la saisit au poignet comme on le ferait d'une simple prisonnière, empêchant par là toute fuite. Elle ne partirait pas, pas comme la dernière fois, la première fois, avec le cœur à vif que cela lui avait laissé.

 « Non. »

La voix comme un ordre, un grondement, le chien était réveillé, la regardait, il avait les yeux verts un peu, ou sombres peut-être, comme les forêts obscures dans lesquelles, animal il se terrait. Et son mot était un aboiement, un cri qu'on ne pouvait défaire. Comme si pour la toute première fois, Seth s'exprimait, prenait le risque de la haine pourtant.
Un parfum de sang, les blessures d'Agheera, son tribut payé au vaisseau, ce vaisseau qui ne répondait plus ou si peu. Le sang sur sa main, le sang sur sa paume, La paume que Seth tenait entre les siennes, qu'il embrassait comme un baptême lorsque plus rien d'autre ne pouvait exister. Le cuivre des machines, le cuivre du sang, leurs yeux à eux, cœurs humains dans un cercueil d'acier.

 « Là où tu es, je dois aller.....Il y a quelque chose qui m'appelle lorsque pourtant je ne le mérite pas. J'ai peur, peur de ne pas être à la hauteur, peur d'être ta perte lorsque je suis déjà la mienne. »

Et de son ombre qui s'éloigne, et de sa voix qui se tait, mais comment dire tout cela, ces choses au delà des mots ? Alors il accepta. Courber l'échine simplement, ployer ainsi que le font les héros déchus, là, les deux genoux à terre, la main d'Agheera qu'il embrassait pour un ultime sacrement. Il était sombre guerrier peut-être, mais il y avait une flamme capable de s'étendre, de se battre. Combien d'histoires avaient survécu, sur ces hommes à l'épées, sur les dames dont ils étaient les champions ?
Il n'avait plus de sabre, plus d'épée, une épée oui, comme les yeux d'Agheera, acérée comme le cœur qu'elle portait. Alors, si tel était son désir, avec ses mots à elle, oui, elle pouvait le faire chevalier.

Ellel'avait rejeté une fois pourtant, et la Force était là, trop puissante, la sienne, la Force dont elle ne voulait pas, c'était se noyer bien sûr, en elle, pour elle, c'était répéter son nom du bout des lèvres, du bout du cœur.

Pourquoi lui ?

Et ses mains ne tremblaient plus soudain, pas plus que son corps entier, il était l'arc tendu, elle était la flèche décochée, leurs deux Forces pour s'accorder, ses souffrances à lui sachant où le faire reposer. La gorge sèche encore, la gorge sèche toujours, il baissa la tête, qu'importe le ridicule, qu'importe....

Qu'elle parte, elle aussi, il ne la retiendrait pas. Elle était sa déchirure à présent, et le seul désir qu'il portait au cœur, parmi toutes les âmes qu'il avait condamné ou sauvé.
Et des mots qu'il ne prononça pas, des mots pour son seul regard , pour effacer l'abandon, pour punir la trahison:

 Tu es merveilleuse..
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seth & agheera
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Il y avait son coeur d’abord, qui battait lourdement. Comme un tambour qu’elle entendait sonner entre ses tempes, chaque battement plus long, plus lent que l’autre. Plus fort surtout. Par la soudaine peine qu’elle ressentait, surprise par ce changement de situation auquel elle ne s’attendait pas. C’était lui, lors de leur rencontre, qui l’avait supplié de rester. C’était lui qui avait cherché à la protéger. Et c’était lui maintenant qui voulait partir.

À trop vouloir faire confiance, elle finissait à nouveau par en pâtir.

Qi Lozar l’avait pourtant bien formée, l’enfant des dunes. Là dans le désert, il était difficile de savoir en qui elle pouvait avoir confiance alors elle ne faisait confiance à personne. Trop souvent blessée, laissée pour compte. Abandonnée. Trahie. Roulée. Battue. Elle avait finit par se refermer totalement sur elle-même, sachant que chaque rencontre était propice au combat et à la souffrance. Mais ici, qu’il s’agisse de D’qar, de Naboo, de Coruscant, de l’espace même, elle savait que l’honnêteté et la justice circulait toujours entre les âmes. Et qu’il existait des personnes dignes de confiance. Comme Ray, Jayden. Ashleigh, qui lui avait sauvé la vie. Si ce n’était pour elle, Seth l’aurait certainement tué. Enfin… Pouvait-elle en être sûre ? Agheera dépassa alors le brun, les yeux voilés par la difficile réalisation qu’au final, Qi Lozar n’avait peut-être pas tord. Que la galaxie toute entière était propice à l’abandon. Et alors qu’elle s’éloignait, les yeux rivés vers le sol, le coeur lourd et la tête pleine de doutes, elle sentit sa main se refermer sur son poignet. Un geste fort, brutal, qui la stoppa net.

Immédiatement, elle se retourna, tentant de ramener son poignet vers elle plutôt que de se laisser attirer vers lui. Sans succès. Face à l’échec, elle le défia du regard, brûlante. Autant que pouvait l’être le désert de Pirn.

« Non. » la somma-t-il, d’une voix grave et autoritaire.

Surprise, elle se figea. Ses muscles se tendirent sous la poigne croissante de Seth qui aurait du lui faire mal mais qu’elle sentait à peine sous la chaleur du contact de sa peau contre la sienne. Dans l’électricité qui circulait entre elle et lui, d’elle et de lui, autour aussi. Partout, alors que le bourdonnement revenait, un vrombissement discret mais qu’elle aurait juré pouvoir toucher. Et si jusque là, elle avait fuit son regard, elle le planta dans le sien avec violence.

Un regard qui se voulait sûr et fier, peut-être un peu hostile aussi, mais dont émanait surprise, incompréhension, peine. Et toujours cette lueur d’espoir que rien ni personne ne réussirait à souffler, lumière constante qui ne s’embêtait pas à se cacher et qui brillait avec force derrière le noir de ses yeux. Son regard dans le sien, elle remarqua pour la première fois une volonté qu’elle lui méconnaissait. Un regard perçant et sûr de lui, intense, loin de celui voilé qu’il portait d’ordinaire.

« Là où tu es, je dois aller. »

Subjuguée, elle le laissa s’approcher, hisser sa main meurtrie vers son visage alors qu’elle continuait de le fixer avec force. L’obligeant à se rapprocher plus encore alors qu’il conduisait lentement sa main vers ses lèvres, sans qu’elle ne puisse comprendre pourquoi. Agheera restait muette, déroutée. Jusqu’à ce qu’il n’embrasse sa main d’un baiser unique, se moquant bien du sang qui avait goûté le long de ses doigts dans le couloir.

Un frisson lui parcourut l’échine.

Particulier, singulier. Alors que l’air semblait plus dense encore qu’il ne l’avait été jusque là. Elle avait retenu son souffle et le réalisant, happa l’air dont elle avait pourtant peur. Le coeur battant, elle le fixa, incrédule.

« Il y a quelque chose qui m'appelle lorsque pourtant je ne le mérite pas. »

Immédiatement, ces paroles firent écho à tout ce qu’elle avait ressenti jusqu’à présent. L’air qui changeait, qui l’appelait parfois. Le vent qui la menait toujours jusqu’à lui et qui lui faisait parvenir ses paroles, ses maux. Elle se pinça les lèvres, il l’entendait aussi. La voix au loin qui la poussait vers lui, qui le poussait vers elle. Et l’électricité de sa peau contre la sienne.

« J'ai peur, peur de ne pas être à la hauteur, peur d'être ta perte lorsque je suis déjà la mienne. »

Elle aussi. Plus que la peur, elle était terrifiée. Chaque instant de la journée, chaque moment, chaque heure, chaque minute. Elle était effrayée par l’inconnu qui pourtant l’attirait. Comme deux mains qui ne cessaient de vouloir attraper les siennes et de la faire plonger dans un vide plein de mystère. Plein de lumière. Elle avait peur de ce qu’elle faisait, ce qu’elle ressentait. De ce que sa présence à lui faisait pousser autour d’elle. Avec délicatesse, elle glissa sa paume jusque dans la sienne, y refermant ses doigts entre les siens. Lui faisant comprendre, qu’elle aussi.

Alors qu’elle s’apprêtait à prendre à son tour la parole, à s’excuser peut-être, à accepter surement, il l’étonna à nouveau. S’agenouillant doucement au sol, comme si dans ce geste il lui prêtait serment. Agheera serra sa main dans la sienne qu’il ne quittait plus, tandis qu’il perdait son regard pour trouver compagnie ailleurs. Dans la solitude, tête baissée.

Plus rapidement, elle l’imita. Bien piètre silhouette face à la sienne imposante, même à terre. Elle chercha son regard des yeux, le coeur serré par la peine qui émanait de son être, en vain. Alors elle détacha sa main de la sienne, seulement pour venir prendre son visage entre ses deux mains, relevant ainsi son regard vers le sien. Silencieuse, elle lui offrit une unique caresse du bout des pouces alors qu’elle enlaçait son regard du sien.

« Je sais. » souffla-t-elle, d’abord doucement, la voix faible mais le ton certain. « J’ai peur, aussi. » elle marqua une pause, infime. « Tous les jours. Ici plus encore. »

Ici, dans ce vaisseau. Au milieu de l’espace immense et silencieux. Là-bas sur D’qar, à se battre pour quelque chose de trop grand pour elle. Maintenant. Près de lui. Prise au milieu d’une tempête qu’elle sentait sans voir, sans saisir.

« Reste debout. » lui intima-t-elle. « Et bats-toi. »

Bats-toi pour tous ceux que tu n’as pas pu sauver et pour tous ceux que tu sauveras.

Les mains de part et d’autre de son visage, le regard vissé dans le sien, elle ferme alors les yeux. Las. Les sourcils non pas froncés mais cette fois-ci plissés, marquage de peine, de doute, d’inquiétude. Son front vient se poser contre celui de Seth, mêlant son souffle au sien. Elle se noie.

« Je suis désolée. » murmure-t-elle « Je suis fatiguée. »

Ses mains glissent alors le long de ses mâchoires pour atteindre sa nuque, forte, où elle y entrelace ses doigts. S’y repose.

« Je ne veux pas que tu partes. » Pas maintenant.



« soon enough my time will come
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Comment promettre à quelqu'un qu'il ne serait plus jamais seul lorsque nos pouvoirs n'étaient que poussière ? Les doigts d'Agheera, son souffle sur sa peau, le sang qui bourdonnait à ses tempes, comme pleurant de ne pouvoir couler pour elle. Coeur fou, cœur agile prêt à s'échauffer soudain, et ces battements, c'était les siens... Il y avait trop à comprendre, de ce corps qu'il enlaçait, du souffle qu'ils partageaient, et les regards...
Oiseaux terribles, oiseaux blessés, souvent à terre qui cherchaient à s'envoler. Les yeux d'Agheera, les yeux qu'il n'oubliait pas. La voix de la jeune femme, différente de Naboo, quelque chose avait changé en elle, quelque chose avait changé en lui.Une maladresse de plus ou de moins, elle, simplement elle.
Debout alors ? L'ordre de la reine au chevalier, et cela était si triste, et cela était si beau, ce moment déjà à moitié brisé, ce moment qu'ils ne retrouveraient jamais, en dehors du monde et de la violence, comme si simplement eux pouvaient exister.
Juste eux...
Il inspira, vivant vraiment, peu importe les fantômes qui hurlaient, peu importe une femme qu'il avait tué, et tous les déçus, tous les déchus.... Pour la première fois peut-être, Seth fut grand véritablement, debout à nouveau, les mains fortes, les mains sans tremblements alors qu'il se saisissait d'Agheera pour ne pas qu'elle le lâche, pour ne pas qu'elle reste à terre surtout. Elle était dans ses bras, petit bout de rien presque, et ses doigts s'accrochaient à sa nuque à lui, et son front restait collé au sien, car se séparer, ce serait mourir.
Des mots pour leur chute commune, des excuses encore, des excuses toujours, et que faire à part acquiescer ? Car il n'y avait rien de plus à ajouter, et toutes ces choses qu'ils ne pouvaient combattre...

Il était ce géant de livres d'images, cet homme sombre de quelque planète isolée, portant en lui le souvenir d'un cœur disparu qu battait, oh qui battait... Et le géant protégeait la princesse bien sûr, alors brusquement Seth comprit : pour elle, pour ce poids qu'elle était dans ses bras, il retrouverait un chemin. L'homme n'avait pas besoin de le lui dire bien sûr, car la route d'Agheera pouvait être bien plus autre que la sienne, en rien il ne pouvait l'obliger. Seulement, elle faisait partie de son monde à présent, une chose qu'il ne saurait oublier. Et sa voix, un murmure à peine, dans sa poitrine le chien pleurait.

 « Je sais, mais tout va bien.... »

Il aurait pu se cogner au mur, tomber encore, vaciller peut-être, échouer surtout, malgré les mains de la jeune femme, mais la Force était avec lui, avec eux. Il ne songea pas à une quelconque défaite, à toutes ces fois où l'homme sétait retrouvé perdu, trahi par son propre esprit, abandonné par un corps par trop étranger. C'était son corps qui tenait celui d'Agheera, c'était lui....
Alors lentement, il la mena à ses quartiers, son univers près duquel il avait fait attention de ne jamais s'attarder, respectant les limites du territoire de l'autre.
Il y entra comme seul le ferait un conquérant.

 « Dors, je veillerai sur ton sommeil. »

Sans sabre, sans épée, et un jour à nouveau, il en brandirait. Car telle était sa volonté, alors de bien loin sembla lui venir la voix de Lucrèce, pleine de larmes comme il l'avait connu. He bien quoi, une autre femme trahie ? Une femme à qui il avait refusé tout serment, et l'entendait-elle alors, son âme apaisée, l'entendait-elle se calmer de tout hurlement ? La tête lui tournait un peu, et la rose qu'il avait cueilli portait un nom, à nouveau il le murmura. Elle ne le lâchait pas....Elle ne le lâchait pas malgré le lit sur lequel il voulait la déposer, malgré la fatigue, malgré les larmes, celles retenues, celles déjà trop versées. Sa main, ses doigts, son cœur.....
Alors Seth lui-même s'étendit, gardant la jeune femme tout contre lui, l'entourant de ses bras bien plus encore, observant son visage aux subtils changements.
Il était fini, il était vaincu, il lui avait tout donné....

De nouveau le chien pleurait, et bien des choses pourraient être dites, bien des reproches pourraient être lancés, car cet attachement était pur, car cet attachement était profond et sombre tout à la fois, sans mots, sans définition propre, juste eux, deux enfants perdus, esseulés. Et le bleu du ciel pour les supporter, pour les oublier....
Il n'avait pas le droit à cela.

 « Dors, tu me raconteras tes rêves »

Cela, il l'avait demandé à une autre, en des temps bien plus noirs, lorsque ne semblait survivre que la tristesse.

 « Ils seront beaux, et j'y croirai... »
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seth & agheera
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Ils restèrent là un instant. Un instant qui lui parût être une éternité, alors que son souffle se mêlait à celui de Seth, l’imitait pour ne plus exister qu’à travers le sien. Ses mains sur sa nuque, à la recherche d’un repos qu’on ne voulait pas lui donner. Qu’elle n’osait pas s’octroyer alors qu’elle était la seule à être fautive mais aussi à pouvoir trouver une solution à défaut d’attendre que les vagues magnétiques ne cessent de frapper le vaisseau dans un flux constant.

Et par la fatigue, elle se libérait.

Elle se libérait de ses propres chaînes qu’elle s’imposait. De cette armure qu’elle possédait, s’était construite au fil du temps. Elle s’abandonnait aussi. Au coeur d’une tempête qu’elle était alors las de combattre. Laissant le vent lui fouetter le visage autant que la traverser comme si elle n’était faites que de fumée, que de poussière. Laissant le vent la confondre avec le brun, dont elle ressentait même jusqu’au battement de coeur. Ou alors était-ce le sien ? Elle s’abandonnait à Seth, aussi, qu’elle laissait l’enlacer de ses bras, la hisser jusqu’à lui. Contre lui. Sans même tenter de se défaire de son emprise bien plus douce que lorsqu’il avait agrippé son poignet pour qu’elle reste.

Alors que c’était elle maintenant qui s’agrippait à lui.

Pressant ses doigts fins, mais forts, sur sa peau. Elle disparaissait dans ses bras, minuscule étoile sablée, et s’y sentait soudainement bien. Rassurée. Parce qu’il ne partait pas, ne partirait pas. Il ne l’abandonnerait pas comme tant d’autres l’ont fait, il resterait alors ce pilier constant sur lequel elle aurait la force de se reposer. Le courage aussi, d’accepter qu’un autre partage sa tempête à elle, son combat.

« Je sais, mais tout va bien.... »

Elle était forte, Agheera, mais parfois elle perdait pieds. Elle ne trouvait plus ses repères, ses lumières. Minuscules amies qui la guidaient quand elle ne savait plus quoi faire. Elle perdait pieds parce que c’était trop, tout ça. D’qar, la résistance. Et ce contrat qu’on avait gardé, que ses parents lui avaient légué. La guerre, les autres. Et ses cauchemars qu’elle sentait ne pas en être. La sensation de manquer d’air, de se perdre au milieu d’un tout dont elle ne savait que faire. Et ce vent qui la poussait en avant, toujours dans la bonne direction. Qui parfois la frappait de plein fouet, d’autres fois se contentait d’alléger son fardeau. Un vent qu’elle ne maîtrisait pas mais qui pourtant était bien là. Agheera ferma les yeux, serrant plus encore Seth de ses mains frissonnantes. Lui qui venait de prendre une ampleur qu’elle ne saisissait pas encore.

Elle le sentit bouger, avancer. Et elle se fichait bien de l’endroit où il l’emmènerait. Parce que pour la première fois, elle lui faisait vraiment confiance. Elle savait que là, dans ses bras, elle ne risquait rien. Ne risquerait jamais rien.

Quand il murmura son prénom, elle ouvrit enfin les yeux.

Plantant son regard dans le sien, elle ne comprit pas bien pourquoi il s’arrêtait tout à coup. Mais elle se rendit rapidement compte qu’ils se trouvaient dans ses quartiers, à elle. Là où elle n’avait mis que trop peu souvent les pieds depuis le début de leur enfermement. Et pourtant, elle ne le lâchait pas. Elle se contentait de le fixer, les yeux fatigués, comme implorant de ne pas la laisser seule face à ses démons.

Un regard suffit.

Et il l’accompagna sur ce matelas trop dur pour d’autres. L’entourant de ses bras plus encore, elle, rien qu’elle. Toute entière. Doucement ses mains migrèrent de sa nuque vers son coeur, là où elle décida de se blottir. Sa tête contre son buste, cachée, tandis que ses mains tiraient le tissu de son t-shirt en une prise qu’elle ne lâcherait pas. Elle entendit sa voix alors, aussi lointaine que proche. Dans laquelle résonnait une lueur qu’elle s’étonnait trouver.

« Dors, tu me raconteras tes rêves »


Et puis elle s’endormie, sereine, entourée de ses bras mais aussi de quelque chose qu’elle décelait à peine. Une aura, une lueur, une lumière. Et qui pour la première fois ne l’effrayait pas.

***

Cela faisait maintenant plus de trente-six heures que dehors, la tempête magnétique brouillait toute transmission, déréglait tout capteurs, tout émetteurs, tout matériel.

Doucement, Agheera s’éveilla.

La main toujours crispée autour du tissu qu’elle avait agrippé avant de sombrer. L’autre qui avait finit par être recouverte de celle de Seth. Longtemps, elle resta là, à contempler leurs mains emmêlées. Se posant milles et unes question. Sur tout ce qui s’était passé depuis son départ en mission. Sa première, qui ne devait durer qu’un jour mais qui en dépassait bientôt quatre depuis qu’elle avait quitté D’qar. Que pensaient-ils là-bas ? Est-ce que Ray était en colère, inquiet ? Est-ce que Jayden la pensait partie à jamais, voleuse de vaisseau ? Est-ce qu’Ashleigh se doutait qu’elle allait bien, qu’elle reviendrait ? Elle fronça les sourcils un instant, prise de culpabilité tout à coup. Première mission, premiers problèmes. Lui feraient-ils confiance à nouveau ?

Elle leva les yeux vers le visage de Seth.

Il dormait encore. Le visage calme, paisible. Les traits soudainement doux lui qui semblait toujours en colère contre lui et contre le monde. Toujours inquiet aussi. Toujours triste. Il se pensait si sombre, mais n’avait surement jamais posé les yeux sur la lumière de son visage lorsque celui-ci n’était pas tourmenté. Et qui était-il, au fait. Que faisait-elle là, blottie contre lui, à sentir le temps passer.

Elle s’éloigna.

Perplexe. Le vent la poussait vers lui, mais pourquoi soufflait-il toujours dans sa direction, alors ? Agheera retira sa main de son buste, prenant soin de ne pas le réveiller, démêlant plus tard leurs doigts. Puis elle se leva dans un mouvement fluide. Elle n’avait pas encore faim, mais elle savait que celle-ci se réveillerait bientôt. Un dernier regard vers la silhouette immobile de Seth et elle sortie de ses quartiers. Se dirigeant vers les rafraîchisseurs du vaisseau d’abord, elle y effaça toute trace de la journée qu’elle avait passé la veille à parcourir le vaisseau, affolée de ne pas trouver une solution à leur asile imposé.

Une solution, oui. Elle devait toujours en trouver une. Ça n’avait pas changé depuis la veille, et c’était peut-être bien la seule chose qui n’avait pas bougé. Les cheveux détachés et humides, elle enfila des habits que la résistance lui fournissait et se dirigea vers la salle commune du vaisseau. La faim s’était réveillée, avec force et violence. Pour la faire taire, elle chercha de quoi manger. Il leur restait de quoi tenir encore trois jours, et elle espéra alors que d’ici-là, la tempête dehors aurait faiblis. Puis elle retrouva la même sensation dont elle avait jusqu’ici eu terriblement peur.

Mais qu’elle commençait à accepter maintenant, sans pour autant savoir ce qu’elle était.

Les cheveux tombant sur ses épaules, elle grignota une barre de céréales silencieusement. Elle réfléchissait. Il leur restait deux jours pour trouver une solution ou pour avoir la chance suffisante pour que la tempête s’arrête. S’en suivrait un voyage vers la planète la plus proche afin de renflouer leurs placards de nourriture. Puis enfin, le départ de Seth et un dernier voyage vers D’qar. Tout semblait loin et elle se surprise à soupirer. Une mèche lui tomba dans les yeux, elle fronça des sourcils. Il fallait qu’elle s’attache les cheveux. Elle la glissa derrière son oreille et se leva, prête à repartir à la course contre la montre.

Mais il était là.

Debout. Elle lui adressa un sourire.

« Bonjour. » dit-elle, sans savoir si autour d’eux il faisait jour, ou nuit. Qu’importe.

Autour d'eux, il n’y avait plus que la tempête et le vent dont elle avait apprit à apprécier la mélodie. À accepter les brises et les rafales.

« Bien dormi ? » lui demanda-t-elle.

Avait-il rêvé d’un monde libéré. Avait-il rêvé de tempêtes et de souffles. Ou avait-il comme elle, profité d’un sommeil réparateur. Sans peur et sans angoisse.



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Lorsqu'elle s'éveilla, ce fut une déchirure... A moitié dans les limbes d'un sommeil triste, Seth ne pouvait la retenir, et cela faisait mal. Il ne bougea pas pourtant, emprisonné par le corps, emprisonné par l'esprit, des gestes trop compliqués à faire d'un simple mouvement, et la fatigue qui restait, de tous les efforts d'hier, la fatigue qui s'accumulait...
Ouvrir les yeux et reprendre place dans un univers de douleur, dénué des mots pour dire combien il essayait, combien il pleurait ? Non, pas maintenant. Agheera, libre et lointaine, fuyante comme le vent du désert, mirage d'oasis pour le voyageur épuisé. Il buvait à l'eau de ses yeux pourtant, entre chiens et loups, car il était l'ombre de sa lumière et l'un ne pouvait avoir d'existence sans que l'autre n'éclose aussi.
Naître malade et seul, naître sans jamais pouvoir devenir un homme entier, un homme complet... Différent, non pas comme ces héros des contes et légendes, différent comme une erreur, voilà tout. Une erreur que par sa simple présence,Agheera semblait corriger, entre innocence et désespoir, car à elle aussi il manquait quelque chose de précieux peut-être. Les défauts de l'un pour porter les qualités de l'autre, en une nuit simplement, en un rêve jamais. Ainsi, ils n'avaient pas partagés de songes ainsi que le feraient un frère et une sœur, ils s'étaient simplement donnés le repos comme l'on se donnerait la mort. Avec pitié, miséricorde, avec amour surtout, puisque rien d'autre ne pouvait compter.
Les yeux fermés toujours, une brûlure, la présence d'Agheera encore palpable entre les draps, elle qui déjà n'était plus là... Elle avait tenu sa main, ou peut-être était-ce l'inverse, il ne savait plus, et il avait le cœur lourd aussi de ne plus avoir le parfum de ses cheveux au visage. Comme la promesse d'un monde où se réfugier, un monde où n'être plus rien d'autre qu'un secret....Elle était jeune comme un cri au cœur, et à cette âme tendre, tant aimeraient à y planter les dents. Hors de ses bras, Seth craignait pour elle, mais l'oiselle était libre et sauvage, allant de branches en branches, d'arbres en arbres et lui, il était homme et non cage.
Des mots comme des fantômes, il avait dormi pourtant, rêvant de neige et de glace comme l'on rêverait d'un cimetière. Comme une mise en garde aussi, contre son cœur fou, son cœur hardi qu'il lui faudrait geler de nouveau.
Jamais, oh jamais, pas pour tout l'amour de la lumière, car sinon ne resteraient que les ténèbres. Tant pis pour la peur, tant pis pour la chute, il y avait eu des mains aussi pures que des suppliques, il y avait eu un serment aussi, entre le rêve et le sang....

Alors sa perception devint autre, tandis que le sommeil s'effaçait enfin sans que rien n'en reste. Il ouvrit les yeux, le cœur lourd de l'absence à ses côtés, incapable de comprendre quels choix lui apporteraient le jour. Il y avait des conséquences à tout cela, et Seth n'en possédait plus le contrôle. Dans le lit défait par leur propre peur de l'abandon, il se redressa, et la souffrance revint, celle du corps, celle des gestes. Celle qu'il traduisait sur son sombre visage par une tristesse toute autre, étrangère. Car l'homme vivait avec la douleur, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en fasse, et que quelqu'un lui pardonne alors, malgré le masque, malgré la comédie. Il n'était rien d'autre qu'un mensonge, le serait toujours, son poids à porter, rien de plus...
Jouer la normalité.

Et les tempêtes autour d'eux continuaient de leur envoyer leurs hordes de Calibans enragés lorsque le calme naissait de leurs deux cœurs.
Elle se retourna pour lui faire face, elle, la fille aux cheveux défaits et lui, lui l'homme debout. Il y avait une vérité à la voir ainsi, tête nue, comme libérée de ses entraves. Comme si la nuit avait eu un sens, un but profond qui ne s'effacerait pas. Lui-même ne se tenait pas une main au mur comme il en avait si souvent l'habitude, et tant pis s'il n'était pas tout à fait droit, tant pis si il y avait quelque chose en lui d'immensément tordu, car certains arbres ne peuvent être qu'ainsi.
Un choix s'imposa alors : celui de faire ou de rester faible, immobile. Faire le geste tout en sachant qu'il serait laid, imparfait, mais qu'il serait fait quand même lorsque tant d'autres le réussiraient à sa place, ou accepter l'ombre encore une fois.
Il était une ombre peut être, mais il avait choisit sa lumière. Alors, dans quelque chose d'impossible à décrire, parce qu'il y avait son sourire à elle, parce qu'il y avait toutes ses imperfections et ses erreurs à lui, il leva le bras. Effleurer une mèche de cheveux, sentir la peau en dessous, le corps, le cœur qu'il avait choisi de protéger. Il fallait dire quelque chose, bonjour peut-être, comme elle, et Julen lui avait si souvent reproché avec un rire de ne jamais savoir comment se comporter avec les autres, raison pour laquelle le pilote pouvait parler pour deux.
Il y avait eut la neige et la glace, dans son rêve, il y avait eut l'idée d'un sommeil tout autre dont il ne voulait pas malgré tout.

 « J'ai été heureux de me réveiller, je crois... »

Il avait oublié le bonjour, il avait oublié le sourire, ne restait que la sincérité de ses yeux songeurs, des rêves qu'ils portaient encore en eux. Et cela était vrai, car s'il y avait eu la douleur de son propre corps, de son existence entière, ratée, indomptable, il y avait aussi eu la chaleur d'un corps qui avait dormi contre le sien, qui était resté aussi, qu'il touchait maintenant, lui rabattant les cheveux d'un seul côté du visage avec douleur, avec maladresse, sans pourtant lui faire mal. Il essayait. C'était comme lorsqu'il lui avait saisit le poignet, c'était la même urgence d'un corps qu'on ne contrôle pas, où le geste peinait à s'accorder avec la pensée, alors toute la tendresse qu'il ne pouvait mettre dans ses doigts, Seth la traduisait par le regard.
Elle le regardait dans les yeux, c'était peut-être cela la différence...
Elle avait entendu battre son cœur.

 « Les choses vont s'arranger »

Une certitude, il la sentait capable de l'accepter à présent, de réfléchir à ses mots, à l'instinct derrière et d'acquiescer à ce qu'elle pouvait ressentir aussi. Les restes de la barre de céréales dans sa main... Elle ne mangeait pas d'habitude, pas sans qu'on la force un peu, qu'on la houspille. Aujourd'hui, elle s'était levée et avait pris ce qu'elle désirait, voilà tout. Tout cela, Seth se sentait capable de le lire en elle, une connaissance profonde et en même temps étrangère, il songea au bonheur qu'Agheera pouvait apporter à un maître si elle s'acceptait padawan, avec son intelligence aiguë, sa perception des choses, et envia quelque peu celui ou celle qui saurait en accepter la charge. Cela était bien, ces images, ces futurs... car bientôt le vaisseau répondrait de nouveau, les emportant vers la vie. En attendant, ils bénéficiaient encore de longues heures à eux, sans la peur désormais.
Pas vrai ?

« Je.... »

Quoi ? Non, les mots s'échappaient, se bousculaient. Il voulait parler pour le simple plaisir d'une discussion tout en ne sachant pas quoi dire. C'était une main tendue vers l'autre, un rappel amer d'une drôle d'idée d'abandon. Aucun des deux ne le voulait..

 « Et toi, as-tu rêvé ? »

Car je veux encore entendre ta voix...
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seth & agheera
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Il était grand, soudain. Quelque chose avait changé sans qu’elle ne puisse vraiment dire quoi. Peut-être était-ce alors cette étincelle dans le néant de ses yeux, ou cette soudaine assurance. Incertaine et instable, mais quand même là. Pendant longtemps, ils se toisèrent sans dire un mot et elle se surprise à sentir sa main dans la sienne, son front contre le sien. Comme si la veille continuait à la hanter, à être là. Contre elle.

Elle le regarda s’approcher, sans pour autant reculer d’un pas comme elle l’aurait fait tant de fois auparavant. Et la brise qu’elle ressentait, se transforma en torrent dans lequel elle essaya de ne pas se noyer. Le bras tendu vers son visage, elle préféra mêler ses yeux aux siens dans l’attente d’une réponse. Et même si elle ne viendrait jamais, cela l’importait peu. Son geste était brusque, hésitant, bien loin de la tendresse de son regard fiévreux.

« J'ai été heureux de me réveiller, je crois… »

Il y avait la tempête dehors, et la tempête dedans. Son coeur qui peinait à subsister parmi les rafales de plus en plus nombreuses maintenant qu’il effleurait avec peine son visage. Il était maladroit, mais tout aussi juste. Un entre-deux bancal qu’elle essayait d’apprivoiser, qu’elle acceptait. Et il y avait ce bourdonnement singulier auquel se mêlèrent les battements de son coeur. Peut-être était-ce le sien. Alors, dans le silence qu’imposait ses yeux dans les siens, elle attrapa sa main et y posa la sienne. Elle accompagna son geste, y distillant une délicatesse qui devait lui être étrangère, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que leurs mains crispées, entremêlées.

« Les choses vont s'arranger »

Elle soutenait son regard avec ardeur. Agheera savait qu’il disait vrai, mais la question n’était plus là. Le temps leur manquait, toujours, il lui glissait entre les doigts alors qu’elle s’acharnait à essayer de trouver une solution. Elle serra une dernière fois sa main avant de la laisser tomber, pensive.

«  Je sais… » dit-elle hésitante.

Elle y croyait, voulait y croire. Ne pouvait faire que ça de toute façon. Car si le temps leur manquait, les solutions aussi. Ils ne pouvaient qu’attendre que les vagues passent, qu’elles s’arrêtent. Même quelques minutes seulement pour leur permettre de s’enfuir. Et elle avait l’intime conviction qu’il avait raison. Mais le voulait-elle vraiment, retourner là-bas ? Peu importe ce que "là-bas" signifiait. Voulait-elle vraiment replonger dans la guerre, trop vaste, dans la peur, trop forte. Ici, ils n’étaient qu’eux. Perdus dans l’immensité de l’espace, inatteignables. Il n’y avait que lui, et qu’elle.

Pendant un long moment elle le laissa l’observer, sentant son regard couler sur son visage comme l’aurait fait les rayons ravageurs du soleil de Qi Lozar. Où ceux plus doux de la lune de D’qar, elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus en vérité. Et elle réfléchit. À lui, à ses démons. Y avait-il personne plus sombre et lumineuse que lui ? Impensable. Son regard planté dans le sien, elle remarqua l’hésitation, la confusion, l’envie.

« Et toi, as-tu rêvé ? »

Elle détourna aussitôt son regard du sien. Ce n’était pas la gêne qui la prenait tout à coup, mais la soudaine réalisation qu’elle avait rêvé et que sa nuit n’avait été néant ni cauchemar. Elle se pinça les lèvres, comme pour s’empêcher de sourire bêtement.

«  Oui. » commença-t-elle, le regard tourné vers les hublots qui donnaient sur l’espace. « D’une forêt, je crois. »

D’une forêt oui. Verte et humide, parfois lumineuse et parfois sombre. Où la douceur de l’herbe sous ses pieds n’égalait que celle tranchante du vent qu’elle sentait tourner autour d’elle. D’eux. Elle y avait vu des lueurs rassurantes côtoyer l’obscurité des bois. Elle y avait vu des visages qu’elle ne reconnaissait pas mais qui lui semblaient si familiers.

«  Mais ce n’était pas celle de la résistance. » ajouta-t-elle, les sourcils froncés. De laquelle s’agissait-il alors ? Perdue dans ses pensées, elle finit par conclure. «  Elle était plus grande. »

Plus sombre aussi.



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Lui saisir la main, c'était prendre l'épée. Une bataille grondait en leurs veines à tous les deux, ils s'y perdaient, ils y mourraient, chacun à leur façon. Comment reconnaître le droit de l'injuste alors ? Elle n'avait pas peur de lui, elle n'avait pas de de l'ombre, pas plus que de l'homme. C'était beaucoup bien sûr, c'était presque trop surtout, mais lui-même ne pouvait voir que la lumière dans cette femme-soleil.Car leurs yeux reconnaissaient le chemin de leurs cœurs à tous les deux...
Il y avait des gestes à faire, il y avait des choses à dire, d'autres choses. Des choses plus sensibles, des choses plus sincères qu'ils préféraient taire pourtant. Pas tout de suite, pas maintenant, animaux à peine apprivoisés, chacun mi-bête, mi-enfant...
Ce nom comme une prière, ça non plus on en guérissait pas. L'hésitation encore, parce que Seth ne savait comment tout rassurer. Pas quand un crépuscule étrange se levait sur les yeux d'Agheera. Elle entendait son cœur malgré tout, elle ne s'en détournait pas...
Il songea aux larmes, alors, celles qu'aucun d'entre eux n'auraient espéré verser. Les larmes des faibles, ne rien ressentir, souvenir du soleil et de la nuit, la solitude. Pleureraient-ils à présent ? Il l'avait déjà fait, lui, dans ses bras, pour ses bras, pour son cœur. Et Seth n'y avait vu ni force, ni faiblesse alors, juste un fait qu'il n'avait pas eu à dénier. Un temps pour tout, le chagrin savait trouver le sien...
Mais la tendresse ?
Arracher des secondes aux heures, des heures aux minutes, que vienne une éternité factice, la leur. Cela ne durerait pas, il y aurait les larmes, il y aurait la mort, et la violence les couronnait tous deux, peu importe les causes, peu importe les combats. Cela aussi, devait être accepté, la perte. Il y avait une leçon à prendre, par delà leurs propres émotions, il y avait des vœux à murmurer aussi, mais Seth brandissait son silence alors comme un étendard.
Il n'y avait rien d'autre à faire...

 « Une forêt.... »

Odeur de pin, odeur d'humus, et le ciel à peine visible entre la trouée des grands arbres aux feuillages immenses. Il rêvait de cela aussi quelque fois, le bruit de l'eau, un ruisseau non loin, une ombre....
Lui-même, au reflet trop souvent capable de changer. De longues années il avait été un loup sans lune, il se découvrait lion à présent. Le lion porteur d'une étoile, et dans cette forêt il était le maître. Un fauve avec un cœur, les battements de celui d'Agheera, une odeur de sable chaud finalement, deux univers pour se répondre un peu. Sa peau, tendre et fraîche, son sourire qu'il imaginait parfois, et un tapis de mousse pour s'y coucher, s'y coucher tous les deux alors qu'enfin venait le printemps.
Par delà le hublot, l'obscurité des étoiles, et sur beaucoup d'entre elles, tant de gens s'aimaient, se haïssaient, se combattaient...L'homme avait le tournis, un peu, d'elle, de lui. Il imagina un mouchoir porté par le vent, un qu'une main attraperait peut-être, ce simple bout de tissu pour essuyer des larmes, pour cacher un sourire.
L'herbe pour chatouiller la peau, eux, les deux songes allongés. Il n'y avait plus de solitude, pas jusque dans l'obscurité de la forêt, et ses yeux à lui en buvaient la couleur comme un secret, une promesse. Qu'il y aurait un jour un endroit comme ça, pour eux...
Et certaines promesses ne pouvaient se tenir peut-être, mais qu'importe. La réalité par delà le rêve, le vaisseau vide et froid,

 « Ne crains pas sa taille, ne crains pas de te perdre... »

Et parfois le soleil se couchait, embrasant les arbres d'un triste incendie, parfois on s'égarait à l'image d'un roi sans couronne, d'un prince sans royaume. Une forêt, et Seth se grava le mot au cœur parmi d'autres secrets aussi doux que son prénom, que son souffle contre le sien, dans le sien, avec la folle intuition qu'il y avait une clé dans ce rêve, une réponse. Là où il lui faudrait non pas la chercher, mais bien la retrouver.
Les étoiles pour le observer, lui qui ne pouvait la lâcher du regard, affamé de sa simple présence, une mélodie dans la tête qu'il ne fredonnait pas, souvenir d'un soir quelconque dans une cantina, d'une guitare accordée, de quelques notes, d'une voix triste surtout. La complète d'un poème, d'une autre solitude, des choses qu'il aimerait bien partager peut-être, la beauté des mots, lorsque lui -même ne savait comment raconter.

Les cheveux libres, les cheveux défaits, il les avait touché un peu, et la pauvre lumière blanche de la pièce jouait dedans avec autant de feu ou presque que les reflets des feuilles mortes. Ils iraient dans cette forêt, oui ils iraient, loin de ses rêves de neige et de glace à lui, loin du désert, loin de l'espace peut-être....

 « Rêveras-tu de moi un jour ? »

Elle pouvait dire non, qu'importe, il y avait trop de beauté en elle pour ne pas l'accepter. Des choix étaient fait, parfois on le regrettait, parfois on souffrait lorsque une décision restait la meilleure pourtant. Une décision, il avait pris la sienne, hier, en acceptant de pleurer, d'écouter, de se révolter aussi. Protéger Agheera lorsque cela était en son pouvoir, offrir sa vie, son honneur, tout ce qu'il portait au cœur....
Et peu importe si le silence devenait la seule réponse entre eux, certaines choses n'étaient pas faites pour être rendues et payées, souvenirs d'un autre après-midi, sur Naboo, d'une jeune fille effrayée un peu, de ses mains à lui.

Tu ne me dois rien...

Ces mots qui restaient...
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Dehors, l’espace était froid. Distant et pourtant si proche, une seule couche d’alliage le séparant de l’atmosphère contrôlée à bord du vaisseau. Il était froid, oui. Mais il y avait cette impression de douceur quand on y posait son regard. Comme si dans son immensité, on y trouvait qu’un calme plat et rassurant. La sensation de flotter dans une nuit éternelle, entourée d’astres disparus. Agheera s’y perdit un moment, contemplant au loin les étoiles qui brillaient sans gêne et sans honte. Elles étaient à leur place, fières.

Et elle, était-elle à sa place ?

Son esprit divagua un moment, s’éloignant de la forêt dans laquelle elle avait passé la nuit, dans laquelle elle avait marché pieds nus un instant. Et des pensées plus tourmentées remontèrent des nimbes de son esprit. À nouveau, elle pensait à la vieille Karsha, à Scipio et sa mère. Longtemps elle avait pensé sa place être sur Qi Lozar, parmi les bandits, les dunes et les carcasses de vaisseaux. Et la voilà résistante dans une guerre qui la dépassait. Trop. Le bien, le mal. Les vestiges de l’empire. On lui avait tout dit, oui, mais elle n’arrivait toujours pas à s’y impliquer corps et âme. Quelque chose manquait. Un but, surement. Elle n’en avait pas, si ce n’est survivre et même sur une planète aussi clémente que l’était D’qar. Elle n’avait nulle part où aller, pas de direction à prendre, se contentant de répondre présente quand on le lui demandait. Où était sa place alors, dans l’immensité de l’espace, si elle ne savait même pas où aller.

Près de ses hanches, il y avait sa main. Agitée, elle jouait avec ses doigts. S’occuper l’esprit en s’occupant les mains, cela avait toujours été sa solution lorsqu’elle se perdait dans trop de pensées. Lorsque le flux entre ses tempes était trop intense et trop sombre. Ici, elle n’avait rien pour s’occuper. Rien pour fuir ses pensées et ses peurs latentes qui ne surgissaient que de temps à autre. Celle d’être seule. Celle de ne pas avoir de place. Celle de s’égarer. Celle d’oublier, de plus en plus, le visage de ses parents. Leur voix, leur odeur. Et maintenant venait s’ajouter celle d’oublier ceux qu’elle avait laissé sur Qi Lozar.

Elle avait peur.

De ses démons, maintenant à la mercis de ces derniers. Et tout son langage corporel retranscrivait l’angoisse qui s’éveillait, ainsi que l’envie de la combattre. Si BB-2 était là, il saurait probablement quoi faire. Mais il était hors d’usage, en veille, incapable d’émettre quoi que ce soit car paralysé par les vagues magnétiques. Et elle était terrifiée à l’idée que cela puisse abîmer quelque chose dans son système, parce qu’il était sa seule famille. Tout ce qu’elle avait, tout ce qu’elle aimait.

Perdue dans ses pensées, elle n’écoutait que d’une oreille les paroles de Seth. Sa main droite agitée, qui ne cessait de jouer avec ses doigts et puis parfois avec le tissu de son pantalon.

« Rêveras-tu de moi un jour ? »

C’est avec cette phrase qu’il réussit à capter son attention. Elle cligna des yeux et tourna la tête dans sa direction, cherchant dans son regard ce qu’il voulait dire par là. Ou plutôt, pourquoi lui disait-il cela. Parce que cette question était étrange, trop sincère, trop honnête. Sa main ne s’arrêta pas pour autant de bouger, alors qu’elle réfléchissait un instant à sa réponse. Sans réussir à en trouver une.

«  Je… » commença-t-elle, encore un peu troublée par cette question. «  Je ne sais pas. »

Mais au moins, elle était honnête. Elle rêvait de peu de choses, souvent les même. Tanguant dangereusement entre visions d’horreur et images plus clémentes. Comme cette forêt. Soudainement consciente de l’activité de sa main, elle enfonça sa barre de céréales dans la poche de son pantalon et s’écarta de Seth pour se coiffer. Trois chignons qui formaient une ligne et descendaient vers sa nuque. Une coiffure étrange qu’elle conservait depuis plus de six ans. Depuis que sa mère avait rendu l’âme. C’était sa coiffure à elle, celle qu’elle avait imposait à Agheera plus petite. Une coiffure qu’elle avait finit par apprécier mais qui cachait bien un secret. Celui qu’elle n’avait toujours pas trouvé la force de s’en défaire totalement, comme si en adopter une autre, c’était accepter, enfin, d’être orpheline. Tout en réalisant les trois petits chignons elle s’éloigna de Seth, pensive encore. Dans une bulle de laquelle elle n’arrivait plus à s’extraire.

«  Tu devrais manger, j’ai compté ce qu’il reste. » dit-elle, un peu ailleurs. «  Il nous en reste pour deux jours encore. » elle traversa la pièce, terminant le dernier chignon. «  Trois si on se restreint vraiment. »

Et pas un de plus. C’était tout ce qu’il leur restait et c’était également leur espérance de vie si la tempête ne se calmait pas pour les laisser la traverser. Puis elle se retourna, à nouveau Lothbrok.

«  Pour ce qui est de l’eau, on devr- »

Une soudaine secousse la coupa net. Violente, si brutale qu’elle l’avait envoyée contempler le sol d’un peu plus prêt. Agheera lâcha un gémissement alors qu’elle tombait durement sur le sol métallique du vaisseau. Une alarme se mise à sonner, accompagnée de lumières rouges. Ce n’était pas un exercice, c’était bien réel. C’était un astéroïde qui avait frappé de plein fouet le vaisseau dont le bouclier avait cessé de fonctionner correctement depuis la tempête magnétique, passant de l’activation à la désactivation sans cesse. Et l’astéroïde avait eu suffisamment de chance pour frapper le vaisseau pendant cette petite ouverture. Seth et Agheera, eux, n’avaient pas de chance. Vraiment.



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Il acquiesça bien sûr, calme, serein, et peu lui importait la réponse, oui, non, je ne sais pas, tant que la vérité était là. A ces jeux là, nul ne pouvait perdre, et certainement pas elle. La douleur restait, mentale, physique, aussi douce qu'un rêve presque, aussi cruelle aussi. Le silence, parce que Seth n'était jamais vraiment bavard, toujours perdu dans ses propres songes sans quelqu'un pour l'écouter vraiment. Le silence, une main pour s'agiter, un appel à l'aide au néant.
Un rejet.
Il comprenait, il acceptait. Les ombres étaient là, l'attendaient et peu importe qu'il se soit cru soleil pour une nuit à peine, assez pour la porter elle au plus haut, assez pour la protéger comme l'on protégerait une rose sans le moindre nom. L'homme fit un pas en arrière, alors, le sang qui bourdonnait à ses tempes, le cœur qui battait aussi... Il n'arrivait déjà plus à respirer les parfums de la forêt, qu'importe.
Des choses à dire, des choses à faire, des erreurs aussi, lui qui n'était qu'humain. A nouveau avec cette maladresse inscrite en chacun de ses gestes, il leva le bras un peu, assez pour effleurer les doigts agités de la jeune femme. Assez pour lui dire qu'il était là, qu'elle pouvait lui saisir la main même pour trembler un peu, si la solitude était trop forte, trop présente. Elle lui tournait le dos, petite statue guerrière en perpétuel combat, et comme il l'admirait, par tous les dieux, comme il l'admirait...
La main qui se retire, la femme aussi, se refaire une coiffure comme l'on porte une armure... Un pas de plus, un pas loin de lui, il ne bougeait pas. La peur était présente, serpent lové en leur cœur à tous les deux, les crocs bien enfoncés dans les chairs palpitantes. Et l'enlever, ce serait se tuer peut-être. Pas de réponse, pas de solution, juste un gouffre énorme, la neige pour lui siffler aux oreilles, une autre vision, un autre rêve.
Un dormeur qui ne pouvait s'éveiller.
Elle parlait, Agheera, blottie derrière des choses primaires comme la faim, la soif, des choses que Seth connaissait, et oui on pouvait en mourir mais il l'avait dit pourtant : les choses s'arrangeraient. Il se fichait de boire, il se fichait de manger, peu importe sa gorge sèche, peu importe le chien affamé, le chien aux yeux rouges qui rêvait de sang et d'acier. Le temps comme une éternité, perception étrange de doutes et de trahison, il eut peur soudain, bien plus qu'avant, asse pour arracher quelque chose hors de lui. Quelque chose qu'il ne retrouverait pas, sa propre ombre, ses envies, son humanité. Deux yeux soudain, perles de ténèbres, perles de secrets, deux yeux pour le regarder comme un inconnu ou presque.
Et puis la fin du monde.
Il n'y eut même pas un cri, juste ses genoux pour se ployer dans un geste douloureux. Le torrent devint tempête, ce qu'il était, ce en quoi il croyait, c'était un océan, c'était une trahison. Ne l'avait-il pas senti dans la Force, qu'ils réussiraient ? La Force, cette énergie étrange, capable de mensonge alors que résonnaient les alarmes, qu'il y avait les cris du vaisseau, la forme frêle d'Agheera à terre...
Il n'aurait jamais dû en être ainsi, voilà tout. Alors l'homme étouffa une plainte amère, fouillant au fond de lui pour trouver la moindre solution. Mais le choc avait été trop grand, son cerveau handicapé peinait à se relever. Il sentait ses bras et ses jambes comme des entités propres à son corps mais inconnues pourtant. Malgré l'absence de blessures, Seth ne saurait les bouger, lui qui devait tout réapprendre à chaque instant. Il y a une nuit, il s'était cru soleil, au matin, réveillé de son arrogance, il pensait n'avoir été qu'une ombre, et à présent...à présent non. Moins, il valait tellement moins, les poings serrés, les poings qu'il ne pouvait défaire dans le vaisseau secoué, dans les lumières rouges pour les baigner comme un triste baptême. Et l'homme comprenait à peine ce que ses yeux lui offraient à présent, ce n'était pas de la panique, ce n'était pas une quelconque peur, et la peur viendrait mais bien plus tard, c'était simplement son corps défectueux. Défectueux depuis le début, alors il pensa à Yavin, à Kilian pour le saisir, l'emmener sans prendre le temps de la moindre question, sans prendre le temps de lui demander ce que Seth ne pouvait accomplir : marcher, courir comme un homme normal, même si blessé.

Je ne peux pas, je ne peux jamais...

Debout... Il voulu lever le bras droit, ne comprenant pas pourquoi tout lui semblait si étrange, avant de se rendre compte que seul le gauche avait obéit. A moins qu'il ne se soit trompé ? Et la tête lui tournait, il y avait des larmes amères, des larmes qu'il ne versait pas... Le bras, le mauvais bras, il tenta de le tourner vers Agheera, et parler, il le pouvait encore.

 « T'occupe pas de moi.. »

Agheera, poussière d'étoile, est-ce pour toi que l'Espace e révolte autant ? A-t-il peur de voir partir ainsi la plus brillante de ses enfants ?

Un soupir, il tremblait, mouvements incontrôlés d'un corps inconnu, le sien. Respirer, oublier le corps, oublier la vie, trouver en soi une énergie nouvelle, si ancienne en même temps. La Force, et comment ne plus trembler alors, comment lui dire à ce feu incontrôlable, qu'il lui avait fait confiance pourtant ? Et e nouveau cette sensation, celle qu tout s'arrangerait. Mais la mort n'arrangeait rien, simple passage, simple fuite.
La Force... Alors, y faisant appel avec un dégoût nouveau, Seth se releva enfin. Il y avait quelque chose de contre-nature bien sûr, compenser ce que son corps ne pouvait lui donner par quelque chose de bien trop grand pou lui pourtant. Et, d'un pas lourd, comme un animal blessé jusqu'à l'agonie, jusqu'à l'hallali, il releva lui-même la jeune femme soudain.

 « Le...problème de boucliers, pas vrai ? Ça a pu être notre chance, l'impact aurai fait dévier le vasiseau, l'aura bougé au moins un petit peu, là où les ondes peuvent être moins grandes.... aux machines, prépare toi à te débrouiller seule, je ne sais jusqu'où je peux aller. »

Et si le vaisseau avait tant d'énergie à dépenser dans ses alarmes...alors il en avait pour d'autres choses, non ?
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seth & agheera
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Elle resta un moment là, sonnée par la chute. Autour d’elle, tout était baigné d’une lueur rouge et l’alarme était assourdissante. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle cligna des paupières doucement. Elle avait du mal à procéder tout ce qu’il se passait, là, devant elle. Ce qui avait pût tomber -généralement des portions de nourriture de survie- l’avait fait, tout comme elle. Elle se hissa du bout des bras et regarda autour d’elle, une expression figée dans la peur sur le visage.

Elle s’attarda sur lui, à genoux.

« T'occupe pas de moi.. »

Il était différent, tout à coup. Minuscule à présent au milieu de la pièce, oiseau auquel on aurait brisé les ailes. Son coeur se serra un instant, elle ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, à lui. Où était alors l’imposant aigle qui l’avait porté dans ses bras la nuit dernière, qui l’avait prise sous son aile toute la nuit durant.

« Seth ? » essaya-t-elle, trop doucement au milieu de l’alarme. Il ne l’entendait pas. « Seth ? » répéta-t-elle plus fort.

Où était-il alors ?

Ah, le voilà. S’élevant du sol avec autant de maladresse que d’assurance, un fin équilibre qu’elle avait remarqué de nombreuses fois maintenant. Il n’était pas l’aigle, pas l’arbre. Il était soudain l’ombre, celle de la rue, celle de Naboo. Torturée, obscure, mais là. D’une main, il la soulève. Sans douceur, urgemment, et elle se hisse aussi, accrochée à lui. Agheera reste muette, son poignet lui fait mal mais elle n’en dit rien. Pas le temps, pas le moment.

« Le...problème de boucliers, pas vrai ? Ça a pu être notre chance, l'impact aurai fait dévier le vasiseau, l'aura bougé au moins un petit peu, là où les ondes peuvent être moins grandes.... aux machines, prépare toi à te débrouiller seule, je ne sais jusqu'où je peux aller. »

Il parle vite, ses yeux plantés dans les siens. Et elle, elle boit ses paroles. Boucliers, impact, machine. Oui, le cockpit. Le tableau de bord. Sans attendre, elle acquiesça d’un regard et se rua vers le cockpit. Des commandes clignotaient, trop pour que cela soit bon signe et au fond elle savait que ce que Seth imaginait était impossible. Elle tenta de régler le plus gros du travail depuis le cockpit, réglant et déréglant des commandes pour compenser réchauffements et soudaine désactivation. Les sourcils froncés, elle jouait des mains sur le tableau de bord de manière frénétique, presque autant pas réflexe et par instinct que par connaissance. Elle n’hésitait pas. Jamais.

Et puis la réalité la frappa avec force.

L’astéroïde n’avait pas frappé le vaisseau de plein fouet, non. Si cela avait été le cas, elle ne serait pas là à jouer des manettes. Elle serait dehors, probablement en plusieurs morceaux. Il les avait frôlé, et ne s’était pas arrêté là. Il avait complètement abîmé une partie du vaisseau, emportant avec lui plusieurs pièces. Dont certaines des réacteurs.

Agheera s’arrêta soudainement.

« Oh non. » lâcha-t-elle malgré elle. Le souffle court, elle essaya tant bien que mal de ramener l’ordre sur le tableau de bord en appuyant sur plusieurs commandes. « Non, non, non. »

C’était trop tard.

Le coeur vacillant, elle se retourna. Parce qu’elle l’avait senti derrière elle, comme une brûlure vive et rayonnante.

« Un des réacteurs est abîmé. » lui dit-elle, les poings serrés pas la soudaine angoisse qui s’était emparé d'elle.

Et sa vie, c’était un peu ça. Une fluctuation constante entre moment paisible et soudaine panique intense et incontrôlable.

« BB-2 ne peut pas aller dehors, on doit le réparer manuellement. » continua-t-elle, hésitante. « Je vais y aller. » elle baissa les yeux.

Elle n’était jamais allée dans l’espace avant. Du moins, pas de cette manière là. Pas en combinaison. Et elle avait du mal à faire confiance à une si fine couche pour la protéger. Mais elle n’avait pas le choix.

« Toi, tu restes ici. » dit-elle alors, sa voix soudainement douce comme si malgré elle, elle se voulait rassurante alors qu’au fond, elle était tout sauf sûre d’elle.



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Ses yeux, deux gouffres encore, deux gouffres toujours, pourtant on ne s'y noyait pas. Pas vraiment.... Alors il fallait la regarder avec tout autant de courage et d'espoir que de folie, alors il fallait croire en elle, à elle, aimer aussi.
Il serra le poing, assez pour en saigner. Dans sa main crispée, l'homme imagina une poignée de sable avec trois vœux dedans. Trois vœux comme dans les histoires, et tous portaient le nom d'Agheera. Le Courage, l'Amour,la Vie... Et lorsqu'il desserra ses doigts un peu, le sable disparut, les souhaits s'en étaient allés pour elle, rien que pour elle. A lui, ne restait que le néant., car tout ce que son cœur à elle voulait, Seth le lui offrait, désir parmi les désirs.
Courage de prendre une décision difficile, que l'on sait folle, Amour comme énergie vitale, universelle, Amour comme un autre nom à la Force pour avancer encore, et puis Vie... Que l'éternité soit sienne, comme le plus beau des secrets, une ombre s'allongeant sous le sable, sous ses pas aussi, toujours plus lointaine, toujours plus grande.
Il l'imagina marcher parmi les dunes, et le soleil se couchait sur sa peau, non pas dans ses yeux, dans ses yeux il brillait toujours, pourquoi ? Vision de passé ou d'avenir, il ne savait pas, simple rêve aussi peut-être, Agheera...
Cette chose pour les relier, cette chose qu'ils ne nommaient jamais, elle était là, elle était forte, trop peut-être, capable de se rire d'eux, de chacun de leurs tourments, et qui était l'ennemi alors ?
Bouger un peu, juste un peu, avoir la désagréable sensation de ne rien pouvoir faire d'autre que la blesser. Comme s'il ne savait apporter que douleur, état-ce vrai ?
Ses mains lui attrapèrent le visage alors, et il la tenait comme un trésor, un Graal. Sa peur irradiait pourtant, elle, assez pour étouffer l'homme, assez pour qu'il commence à douter de choses n'entrant pas en son royaume.
La peur, un monstre comme un autre, pas vrai ? Et Seth n'avait pas la sagesse d'un maître jedi pour aider à s'en défaire, il avait essayé pourtant avec Ash une fois, mais l'autre femme n'était qu'une ombre mouvante dans son existence alors. Ici, les choses étaient différentes, bruits d'un cœur, bruit d'un souffle, de deux peut-être, et ils se regardaient. Tout ce qu'il possédait d'amour, tout ce qu'il possédait d'espoir pour ne pas devenir une bête comme une autre malgré l'ombre, malgré la douleur.
Ses lèvres sur le font pâle, un long baiser un peu dur, brutal presque, avec tout ce qu'il lui donnait. Les seules armes qu'il pouvait espérer contre une peur trop grande, et il n'avait même pas de mots pour les nommer, juste ce simple geste.
Tout ce que l'homme savait ne pas pouvoir dire.

J'ai peur de l'Espace, j'ai peur de t'y perdre mais je sais ce que tu es, ce que tu as aussi. Tu es grande, tu es forte, tu n'abandonnes pas, alors j'ai confiance en toi, peu importe ma peur, peu importe le danger. Ce qui est sera ou ne sera pas....

Ses mains de son visage à ses épaules, ses lèvres à son front, à ses paupières un peu pour en défier toutes larmes.

 « Je reste ici, mais je suis avec toi.... »

Alors il l'aida à enfiler la combinaison, tous ses sens en éveil de par la Force, à la recherche de la moindre erreur, du plus petit faux pas capable de coûter la vie à la jeune femme. Un acte étrange, l'habiller ainsi, que tout son être, tout on corps se cache du monde lorsque celui ci devenait trop hostile pour les hommes. Le casque vint en dernier, et il voyait toujours ses yeux, et il voulait qu'elle se rappelle la forêt aussi un peu, alors lui-même pensa à l'herbe fraîche, aux fraises sauvages comme l'on pouvait cueillir parfois, et toutes ces images, il les lui envoyait, les yeux dans les yeux, comme une promesse....

***

Chaque minute était une plaie ouverte un peu plus profonde, pourtant Seth ressentait la présence vivante d'Agheera là, à l'extérieur. Il avait murmuré quelque chose à la jeune femme, juste avant qu'elle ne sorte, mais étrangement son esprit ne parvenait plus à se rappeler quoi exactement. Parfois, du crachotement de la radio, lui parvenait la voix d'Agheera, mais il s'en souciait peu, seuls comptait le battement de cœur là, dans ses oreilles.
Il avait dû s'asseoir, faible, son être entier concentré vers la jeune femme. Comme s'il avait le moindre pouvoir, et les chemins de la Force étaient si étranges, alors pourquoi pas ?
Un poids sur ses épaules, quelque chose, un autre bruit aussi... Lui vint brusquement l'idée qu'Agheera était en sécurité, cela le fit sourire. Il l'appela « étoile filante », là, dans sa tête, tant pis si elle pouvait ou non l'entendre.
Seth ferma les yeux, le cœur dans les oreilles et...autre chose. Autre chose, comme une lumière rouge, trop rouge.
Danger.
Mais pas d'alarmes pourtant.
Danger.

Brusquement, il comprit, alors même que cela était trop tard : les systèmes de ventilation.
Dans sa tête, l'homme voyait les formules chimiques du poison qu'il inspirait à présent, et lorsqu'il voulut se lever, ne vint que la chute.

N'enlève pas ton casque, Agheera, ne l'enlève pas... 

Dernière pensée cohérente avant le noir et l'oubli, Seth à terre, immobile, évanoui.
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seth & agheera
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Elle le fixait, inquiète. Ses yeux dans les siens, toujours, cherchaient dans l’obscurité de ses iris une quelconque réponse. Un « tu vas y arriver ». Et ses mains recommençaient à s’agiter de pars et d’autres de ses hanches, incapable de s’empêcher d’angoisser à l’idée de faire quelque chose d’aussi important. Sans réacteur, ils n’iraient nulle part. Et s’ils n’allaient nulle part, alors ils mourraient au milieu de l’espace. Ensemble, ils ne seraient plus rien. Alors inquiète elle plantait ses yeux dans les siens, alimentant la tempête que parfois elle combattait, parfois elle rejoignait. Il attrapa soudainement son visage entre ses mains, sans crier gare, tellement qu’Agheera se crispa un instant avant d’accepter le contact de ses mains contre sa peau. Brûlant, électrique.

Et le vent se leva autour d’eux.

Elle le sentait sur sa peau, dans un frisson, autour d’elle. L’air lourd, magnétique, l’air grand. Alors elle ferma les yeux, y puisant la puissance de la tempête qu’elle sentait tout autour. Elle avait peur oui. Elle était terrifiée et son coeur le lui rappelait à chaque battement aussi incertain que violent. Mais au fond d’elle, son instinct lui disait de s’y plonger la tête la première. D’accepter de s’y noyer. Et les mains de Seth pour la soutenir, pour la porter. Et ses lèvres, soudain, pour la marquer au fer rouge alors que ses muscles se tendent à la spontanéité du geste. Elle ferme les yeux et se concentre sur la lointaine mélodie d’un tempête trop grande pour elle.

« Je reste ici, mais je suis avec toi.... »

Elle secoue la tête silencieusement de haut en bas, les yeux toujours fermés, les mains de Seth qui glissent à ses épaules alors qu’elle voudrait s’y accrocher. Tout se passe vite et sans un mot, elle enfile une combinaison et Seth ne la quitte pas d’une seconde. Bientôt elle disparait, casque sur les épaules, cachée derrière une vitre à travers elle continue de fixer Seth. Lui qui la regarde avec une intensité qui lui est propre et qui déstabilise autant qu’elle rassure Agheera. Il est là, toujours là. Avant de partir, elle lui serre une dernière fois la main. Promesse de retour. Alors elle rentre dans un sas, la lourde porte derrière elle se refermant sur Seth et la coupant une bonne fois pour toute du chasseur de prime.

Elle est seule.

L’atmosphère change, et elle se sent alors légère. C’est la gravité qui s’envole et avec elle toute connaissance d’Agheera. Elle est seule, et ne peut plus compter que sur elle et ce qu’elle sait de l’espace. Du vrai. Pas de celui qu’on traverse d’un point A à un point B protégé au coeur d’un vaisseau. La porte donnant sur l’extérieur s’ouvre.

Son coeur s’emballe.

Elle déglutit, peu rassurée. Mais serre les mâchoires et s’engouffre dans l’immensité de l’espace, accrochée à un câble, suivie de près par un sac contenant de quoi réparer des débats dont elle n’avait aucune idée de la nature. Agheera était totalement livrée à elle-même.

« Seth ? » demande-t-elle.

Sans réponse, peut-être que le comlink de sa combinaison ne marchait pas ? Elle inspire, fort, alors qu’elle entre dans l’obscurité de la nuit éternelle dehors, étonnée d’y trouver autant de lumière et d’étoiles.

***

Elle était restée un peu plus d’une heure dehors, se battant contre la montre et contre l’absence de gravité. Marmonnant seule au milieu d’un silence pesant par moment, certaine que personne ne l’entendait de toute façon. Et sans qu’elle ne puisse vraiment l’expliquer, elle avait l’étrange impression que dehors, elle n’était pas seule finalement. Comme si on l’épiait, la regardait. D’qar lui revenait alors en tête, toutes les fois où elle avait eu la même sensation.

Puis elle rentra, épuisée.

Physiquement, mentalement. Mais le mal avait été réparé et dès que l’atmosphère changea à nouveau dans le petit sas, elle ôta son casque sans attendre.

« Seth ?! » l’appela-t-elle, avant de continuer, une lueur d’espoir entre ses lèvres. « Tout va bien, tout est réparé ! Ce n’était pas grand chose au final, mais tout est tellement plus difficile dehors. » dit-elle par dessus son épaule en enlevant sa combinaison.

Mais il ne répondait pas.

Elle fronça des sourcils, tentant un dernier appel. « Seth ? », mais rien. Le même silence qu’entre les étoiles. Intriguée, elle sortie de la pièce dans laquelle elle se trouvait et déambula dans le vaisseau à sa recherche, un peu.

Juste assez pour ouvrir les yeux sur la brise qui ne la frappait pas, sur l’air dans lequel elle ne se noyait pas, sur la sensation d’être véritablement seule.

« Seth, réponds moi s’il te plait. » demanda-t-elle un peu plus fort.

Mais rien.

Elle marchait vite, tournait à droite puis à gauche alors que son coeur ne savait pas s’il devait s’arrêter ou battre si vite qu’elle aurait alors l’impression qu’il ne s’agissait là que d’un long battement interminable. Guidée par son instinct qu’elle écoutait enfin, sur ses lèvres il n’y avait que son prénom à lui qu’elle murmurait presque maintenant qu’elle avait peur qu’il réponde.

Jusqu’à ce qu’elle finisse par le crier alors qu’elle voyait son ombre au sol.

Elle se mise à courir, paniquée, tombant près de celui qu’elle avait finit par trouver. Le poussant avec douceur jusqu’à ce que son visage lui apparaisse. Immobile et froid. D’une main tremblante, elle dégagea les quelques mèches de cheveux qui lui barraient le regard, fermé, avant de s’attarder sur son front brûlant. Le savoir en vie ne la rassurait pas, car si elle entendait d’une manière qu’elle ne comprenait pas les battements de son coeur, ils n’étaient qu’un faible halo de lumière à peine visible au coeur d’une tempête qui avait laissé place à un calme plat.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » se demanda-t-elle à voix haut, d’une voix petite et brisée qu’on ne lui connaissait pas. « Seth ? » l’appela-t-elle sans espérer une réponse.

Ses mâchoires se serraient d’avantage, alors qu’elle essayait de le hisser, de le lever.

« Allez Seth, réveille toi. » le supplia-t-elle doucement. « Je t’en pris. »

C’était peine perdue. Il était grand, il était fort et imposant. Et si la veille il l’avait soulevé avec l’aisance d’un géant, elle n’y parvenait pas. Las, elle s’agenouilla près de lui, une main sur son buste, l’autre sur son front. Le regard perdu, humide. Il avait perdu connaissance, pourquoi ? Était-ce la faim, la fatigue ? Autre chose ?

« S’il te plait… » soufflait-elle, désespérée, les yeux humides, la voix cassée.

Elle voulait se noyer, elle voulait se perdre entre deux bourrasques trop puissantes, elle voulait sentir le vent à nouveau. Elle voulait l’air lourd, elle voulait le contact brûlant de sa peau et l’électricité de ses yeux. L’ombre de sa carrure et plus encore elle voulait sa présence.

« Me laisse pas… »

Elle abattit son visage contre son buste, serrant une de ses mains dans les siennes, implorant les étoiles de le ramener. Rien qu’une fois, rien que maintenant. Et puis tant pis si elle devrait payer en retour, elle s’en fichait. Il était quelqu’un de bien, il ne méritait pas ça. Quoi que « ça » soit. Agheera sentit le long de sa joue rouler une perle d’eau salé. Est-ce que. Est-ce qu’elle pleurait ?

Et puis un bruit, minuscule, et pourtant suffisamment fort au milieu du silence pour qu’elle l’entende et lève la tête. Une alarme. Un voyant orange. La jeune femme se releva, ses gestes étrangement difficiles à faire, sa tête lourde et son esprit voilé. Était-ce la fatigue qui la frappait tout à coup.

Monoxyde de carbone, fuite, système de ventilation, brèche.

Elle se retourna vers Seth, immobile au sol, puis reposa ses yeux sur le voyant orange qui clignotait faiblement. Comme si par le passé, personne n’avait pensé à changer son ampoule. Une expression d’horreur traversa le visage d’Agheera prise de panique à nouveau alors qu’elle se ruait titubante sur un placard qu’elle ouvrit pour trouver non pas trois masques à oxygène mais deux. Fait pour eux. Elle les agrippa tremblante, les joues humides et retomba à genoux sans délicatesse près de Seth auquel elle enfila le masque.

Et elle priait pour qu’il ne soit pas trop tard.

Puis elle imita le geste sur elle-même, enfilant le masque avant de tirer Seth vers elle alors qu’elle se calait contre un mur, posant la tête du brun sur ses genoux. Un dernier regard vers lui à travers les larmes surprenantes qu’elle avait versé.

« S’il te plait Seth… Reviens. » murmura-t-elle faiblement.

Elle n’osait plus lâcher son visage du regard, passant une main tremblante dans ses cheveux, une tendresse qu’elle redécouvrait doucement tandis qu’elle les caressait.

Priant pour son retour.




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Par delà les brumes du poison, il y avait un vin amer qu'il buvait pourtant. C'était une épreuve, c'était un fardeau, quelque chose pour s'accrocher à ses os comme un désir de vivre et de mourir tout à la fois, un nom aussi. Un nom que l'on répétait au même rythme qu'un cœur, et il connaissait la voix, il connaissait tout ça.
Porte-moi lorsque je ne serai plus...
Une femme, c'était toujours pour une femme, pas vrai ? Partir ou rester, et les loups au dehors, un hurlement de plus, un sourire qui disparaissait dans un jeune visage d'elfe. Peut-être y aurait-il un poème, quelque chose autre que ce nom que ses lèvres formaient. Elle.
Elle à qui il avait promis tempêtes et incendies...
Alors il se souvint, il se souvint de ce nom qui était le sien, qu'elle criait, qu'elle murmurait, sans gloire ni pardon.
D'autres l'avaient dit avant elle, d'autres pour qui il refusait de vivre ou mourir. Parce qu'elle était son secret en trois syllabes, qu'il aurait bien voulu murmurer aussi sans le masque pour lui barrer le visage.
Les larmes d'Agheera, ainsi ils avaient pleuré tous deux, prêts à lutter à armes égales l'un contre l'autre. Déchire-moi le cœur avant que je ne dévore le tien...
Et combien de fois lui sauverait-elle encore la vie ?
Il voulait se rappeler l'homme fort, celui qu'il voyait parfois dans ses yeux, celui qu'il aurait pu être sans son cerveau imparfait. Un cerveau incapable de commander un corps, un corps incapable de se faire comprendre d'un esprit, et la douleur de chaque instant, celle de ne pas réussir, d'être différent. Un jeu cruel, un de plus, qu'il jouait pour elle. Elle dont les yeux suivaient parfois le vol lointain d'un aigle ou d'un simple rêve, charmeuse d'oiseau aux lèvres ourlées de liberté.  Réapprendre en trop de secondes ce qu'il fallait faire pour se redresser, réapprendre et surtout, s'exécuter, l'esprit à l'agonie. Non, non pas comme ça, tu te trompes, tu échoues, hélas... Et que tu es ridicule, que tu es différent, il y a son regard sur toi...
Ouvrir les yeux, il avait failli oublier, trop de gestes, trop d'ordres le havre de paix de ses genoux, ah s'y blottir encore et la serrer d'un bras d'un seul peut-être, lorsque deux devenait trop difficile...
Et son corps immense tremblait, chaleur des larmes sur d'autres joues que les siennes, incendies de doigts en tristes tendresses, fallait-il qu'il soit mourant pour que 'attarde la femme-sauvage ?  Oui, car il était l'oiseau blessé, l'oiseau s'entêtant à voler, à prouver des choses sans doutes trop idiotes au reste du monde, comme si son existence là était fardeau.
Et cet oiseau, il ne se posait pas, craignant la chute, craignant la mort, on pouvait lui courir après parfois dans un cri d'amour, on abandonnait surtout.
En un autre effort surhumain pour lui, Seth se mit à genoux, son torse s'abaissant aux rythmes de respirations profondes qu'il retrouvait comme des prières.
Une toux lui montait au cœur, souffrir encore, souffrir toujours, ses yeux, ses mots, son nom qu'elle prononçait et puis cela simplement : reviens.
Ne lui avait-il pas dit pourtant ? Il restait avec elle, peu importe la distance, oui, il le resterait...
Alors, toujours à genoux, parce qu'il y avait les doigts fins pour apaiser ses tourments, parce qu'il y avait les joues baignées de larmes sous le masque, il posa son front contre le sien. Et la tempête revint, celle de leurs souffles, celles de leurs cœurs lorsque battre faisait si mal.

 « Agheera.... »

Un corps à serrer, à enlacer, elle avait le froid de l'espace sur la peau et sa grande masse à lui manqua les faire tomber au sol tous les deux. Pour cela, il s'en haït un peu plus, et le masque touchait le masque, car chacun des mots qu'elle prononçait était un peu de l'air qu'il respirait, alors il ne voulait rien perdre, rien. Et surtout pas la lâcher...

 « Le réacteur...tu as réussi ? »

Ses mains pour la serrer fort, si fort...

 « Tu étais morte de peur.... »

Les mots qu'il lui avait murmuré, les yeux dans les yeux, les mots qu'elles avaient entendu peut-être, qu'elle avait oublié, avant que 'Espace ne se referme sur sa personne.

Tu es magnifique...

Magnifique de peur et de volonté, équilibre parfait, balance ultime dans ce corps jeune, là contre le sien. Elle avait affronté l'Espace, et l'Espace ne l'avait pas avalé...

 « Et tu as réussi... »

Son souffle, buée éphémère sur le masque, elle, le froid de l'univers, la chaleur de ses larmes, de leurs mains, là, front contre front.

 « Ne pleure plus pour moi, je suis là...Inutile de gaspiller de l'eau pour rien, pas vrai ? »
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Ses mâchoires se serraient à intervalles réguliers, comme si là était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour tenter de ravaler les larmes qui roulaient tout de même le long de ses joues. Sur ses genoux, la tête de Seth dont elle caressait doucement la chevelure comme elle l’avait fait plusieurs fois avec Scipio lorsque la fièvre l’emportait. Mais si avec l’enfant, elle avait toujours été certaine de son retour, là, ses mains tremblaient terriblement face à la possibilité qu’elle ait réagit trop tard.

C’était de sa faute.

Tout. Du vaisseau bloqué jusqu’à l’état de santé du brun. Agheera était le seul élément que l’on retrouvait partout et elle en était consciente. Elle se pinça les lèvres, coupable. Les yeux baignés de larmes alors que pour la première fois depuis longtemps, elle se retrouvait totalement désemparée quant à quoi faire. Et malgré la peau de Seth contre la sienne, la tempête était bien faible, à peine une brise qu’elle sentait autour d’eux.

Pour la première fois, elle avait peur non pas de la tempête mais de sa soudaine absence.

« Je suis désolée. » commença-t-elle faiblement. À peine un murmure. « Pardon, pardon, pardon. »

Elle ferma les yeux, fort. Trop fort peut-être alors qu’elle se mordait maintenant les lèvres, prise d’un sanglot. C’était sa faute. Ah si seulement elle n’avait jamais quitté Qi Lozar. Alors peut-être qu’ils ne seraient pas bloqués ici depuis des heures (des jours peut-être ? elle n’en avait pas même l’once d’une idée). Alors peut-être que Seth irait bien. Et les gens qu’elle avait abandonné sur la planète sableuse se porteraient bien aux aussi. Karsha, Scipio, sa mère malade. Elle cessa alors un instant de caresser les cheveux de Seth, incapable de faire autre chose que pleurer silencieusement, lèvres pincées avec violence.

Et soudain elle le sent s’agiter sous ses doigts. Faiblement. Mais bien là.

La tempête se lève, à peine un peu plus forte. Mais bien là.

Il ouvre les yeux.

Bien là.

« Seth ?! » lâcha-t-elle, surprise, rassurée, une multitude de sentiments qui viennent se bousculer subitement alors qu’elle ouvre les yeux et les plonge vers le visage du chasseur de prime.

Elle resta silencieuse un instant, parce que le voir bouger soudainement la prenait de court. Elle l’avait cru condamné et voilà qu’il tentait de se relever, qu’il combattait contre un mal dont elle n’avait pas même été victime. Son nom s’échappa encore une fois d’entre ses lèvres, surprise et rassurée, coupé par le masque qu’elle portait. Immédiatement, elle se releva sur ses genoux et tenta de le soutenir, agrippant ses épaules.

« Doucement, doucement. » lui dit-elle, la voix tremblante encore des sanglots qu’elle avait refréné silencieusement.

Il appuya son front contre le sien, comme elle l’avait fait la veille. Chacun son tour. Elle prit son visage entre ses mains, encore, et même s’il était déjà près, elle le voulait plus encore. Il était là, il irait bien. Elle le savait. Et c’était tout ce qui comptait. Parce que parmi toutes les erreurs qu’elle avait pu faire, il n’en serait pas une, finalement. En entendant son nom, elle ne peut s’empêcher de répéter le sien dans un souffle qui, s’il n’y avait pas eu leurs masques, se serait mêlé à celui de Seth. Une grimace lui traverse le visage alors qu’elle réfrène encore un sanglot. Elle avait eu si peur.

Et il y avait de nouveau le vent, l’air lourd, la sensation de se noyer.

Elle se noyait. Oui, dans ses bras à présent.

Ils manquèrent de tomber mais elle tint bon, cette fois-ci, il ne pouvait pas être l’arbre sur lequel elle se posait. C’était son tour. Elle le serra plus encore dans ses bras, empoignant entre ses doigts tremblants -toujours- le tissu de ses vêtements qu’elle avait cru être son linceul. Mais il ne le serait pas. Non. Son masque se cogna au sien et elle ne tenta même pas de le dévier, fermant ses yeux enfin apaisée.

« Le réacteur...tu as réussi ? Tu étais morte de peur.... »

À nouveau, elle se pinça les lèvres tandis qu’elle empêchait un sanglot de prendre le dessus. Elle acquiesça d’un mouvement de tête imperceptible sans pour autant briser le contact de son front contre le sien. Oui, elle avait réussi. Oui, elle avait été terrifiée. Mais là n’était pas la question, elle ne l’était plus. Elle soupira, un souffle secoué par la peur qui s’estompait doucement. Pas celle de l’espace, celle d’avoir été si proche de le perdre lui et sa tempête.

« Ne pleure plus pour moi, je suis là...Inutile de gaspiller de l'eau pour rien, pas vrai ? »

C’était trop. Les yeux toujours fermés, elle fronça des sourcils alors que cette fois-ci elle laissait le sanglot prendre le dessus. Quelques larmes s’échappèrent de ses paupières closes alors qu’elle déliait enfin ses lèvres.

« J’ai cru que tu allais mourir… » souffla-t-elle péniblement alors que ses mains remontaient lentement jusqu’à sa nuque pour la serrer comme la veille. « J’ai eu tellement peur. » avoua-t-elle alors doucement.

Encore, elle se pinça les lèvres, incertaine d’être capable de tenir encore bon au milieu du cataclysme qui se levait autour d’eux. Elle avait eu peur, oui. Mais elle était maintenant terrifiée par l’électricité qu’elle sentait sous ses doigts, là où elle touchait sa peau. Par l’air pesant qui, elle avait l’impression, alourdissait chacun des battements de son coeur. Où était-ce autre chose ?

Agheera inspira, se murant dans un silence où elle tenta de se calmer sans succès.

Et elle sentait Seth sous ses doigts, s’accrochant à lui comme à la dernière branche qui la séparait d’une chute certaine.

« Est-ce que ça va ? » tenta-t-elle. « Comment tu te sens ? »

Elle ouvrit les yeux, voilés, les plantant dans ceux de Seth, fatigués.

« J’aurais dû réagir plus vite, comprendre plus vite. » dit-elle, coupable.




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Devant bien des cœurs, Seth s'était incliné déjà. Un choix, celui de sa propre volonté, et il y avait eu des mains sur lui, sur son corps, il y avait eu des armes aussi parfois, il y avait eu les larmes. Pas les siennes. Les doigts fins étaient sur sa nuque, lui faisant oublier chacune des autres mains, chacune des caresses, aventures d'un soir, parfum de haine et de colère, un peu d'affection, du respect de temps en temps, de l'amitié aussi mais de l'amour jamais.
Agheera, sa tempête, la seule capable de lui faire ployer la tête.
Il tombait, il tomberait toujours, homme perdu au milieu des étoiles, capable de s'accrocher à un soleil parfois. Qu'elle le brûle si telle était sa volonté, elle était l'astre qu'il portait au cœur non plus fardeau mais vérité.
Et les masques les cachaient l'un à l'autre, ils l'acceptaient. Parce que la mort était là, tout autour, invisible souvent, comme le gaz qui aurait pu les étouffer tous deux. Il voyait son souffle court par delà les lèvres entrouvertes, celui qui s'échappait entre deux sanglots, un souffle devenu sien la nuit dernière pour quelues heures peut-être, le temps de dormir ainsi, cœur contre cœur. Un souffle qu'elle avait repris, pour vivre à nouveau, femme-tempête, femme-océan.
S'il allait bien ? Bien sûr, parce que deux yeux tristes étaient plantés dans les siens, qu'ils brillaient plus, bien plus que n'importe quel joyaux sur la couronne d'un empereur ou d'un roi. Et que son propre nom lui résonnait encore aux oreilles d'avoir été autant prononcé. Comme si cela avait la moindre importance, après tout des voix amies il en connaissait, mais sa voix à elle, marcheuse du désert, marcheuse d'étoiles....
Alors il lui détacha simplement l'une de ses mains pour la porter à son cœur à lui, qu'elle entende, qu'elle écoute, parce qu'il ne pourrait y avoir de meilleur réponse. Un incendie, ses doigts étaient brûlants, à moins que ce ne soit sa peau à lui ? Sauvagerie, le chien sauvage, celui qu'il portait en son âme, combien de souffrances encore ?
Et devant l'enfant abandonnée, le chien courbait l'échine lui aussi, fidélité, soumission. Etait-ce ainsi que l'on prêtait serment alors ?

 « ...Si je te disais tout ce que je pense que j'aurai dû faire ces dernières heures.... »

Il souriait, presque féroce alors, et ses mains l'entouraient sans plus jamais vouloir la lâcher. Respirer, les muscles en souffrance, pouvait-on guérir par les yeux d'une personne ? Oui....

 « Pense déjà à tout ce que tu as fait, Agheera.... la fuite à colmater, le réacteur, le masque.... et puis le tueur de Naboo. C'est cela que tu as fait, et regarde-moi : je n'ai qu'une seule existence, et ces quatre vies qu'il faudrait que je t'offre pourtant pour payer ma dette. »

La tempête couvrait sa voix, trop forte, trop grande, il y avait alors quelque chose de terrible dans ce cataclysme invisible qui les recouvrait chaque fois qu'ils avaient à se toucher. Pourtant, il ne pouvait s'en séparer, d'elle, de son front brûlant, des yeux noirs, si noirs...

 « Tu n'as pas échoué, non, jamais. !»

Comme un corbeau sur son épaule soudain, comme une malédiction ancienne, trop ancienne, un autre monde, un autre temps et le rire de l'oiseau « Jamais plus, jamais plus ! ».
Il voulait lui dire de se lever, de réparer la ventilation, tout, tout pour assainir le vaisseau, jeter les masques et...Et quoi, presser son visage contre le sien à nouveau, peau contre peau, comme une vague se briserait contre un rocher ? C'était se perdre, c'était son oublier, et ses mains en tremblaient un peu parce qu'au fond, qu'est-ce qui les attendrait alors ?
Ils n'avaient pas d'avenirs, elle la petite guerrière, lui l'ombre. Des guerres et des combats, ils vivaient par le blaster et l'épée, ils en mourraient aussi.
Des héros pouvaient survivre, oui, mais dans les contes et les histoires. Dans la vraie vie, il ne restait que la souffrance....

Il avait un rêve, celui-ci s'appelait Agheera, et les masques qu'ils portaient semblaient ainsi semblables à cette fine frontière entre le songe et l'éveil.

 « A partir de quel argile me modèles-tu, femme, que je sois si faible entre tes doigts ? Tu me demandes de te pardonner lorsqu'il n'y a que ta simple voix pourtant pour compter. C'est moi qui me traîne à tes pieds pourtant....je ne sais pourquoi je supplie, mais je supplie quand même, et tu m'apaises, tu m'apaises tellement... »

Ces mots, Seth aurait voulu les pensées, mais de ses lèvres assombris ils étaient sortis pourtant. Il y avait eu un après midi sur Naboo, il l'avait appelé gamine, il l'avait appelé petite, et désormais, c'était femme qu'elle était.
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Put the Bounty Hunter aside, become who you were born to be. It is time....
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Occupation : Ancienne mécanicienne pour la résistance, excellente pilote et combattante. Sensible à la force, mécanicienne sur la Watchtower à présent.
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seth & agheera
(codage by anaëlle)

Elle sentait ses doigts tremblants s’accrocher à Seth dans l’espoir d’y trouver le calme dont elle avait besoin. Agheera avait passé un temps fou à réparer ce qui avait été abîmé à l’extérieur, seulement pour affronter à son retour la mort. Si elle l’avait déjà combattu ? Oui, bien sûr. Des dizaines de fois, peut-être plus. Qi Lozar n’était pas une planète faites pour une petite fille, encore moins pour une jeune femme. Et la mort, tout comme pire, elle l’avait affronté maintes fois. Mais lorsqu’il s’agissait de celle d’autrui, elle savait qu’elle perdait toujours.

À chaque fois.

Et elle avait eu peur, elle avait été terrifiée, tout comme elle l’était là. Parce que même dans ses bras elle sentait l’orage gronder autour, le bourdonnement, la sensation de perdre pieds et de se perdre dans plus grand que soi. Alors elle s’accrochait à Seth avec tout l’espoir qu’elle possédait. Ses yeux dans les siens, elle sentait son coeur hésiter entre chaque battement, patientant pour sa voix, toujours.

Mais elle ne vint pas.

À la place, il y avait maintenant sa main sur la sienne qui la déliait doucement de sa nuque pour la guider vers son coeur là où l’espace subsistait encore entre leurs deux corps. Agheera serra sa main dans la sienne sur le chemin, encore un peu frissonnante, jusqu’à ce qu’il ne la pose. Et qu’elle ne sente que chaque battement résonnait dans son esprit avec une telle intensité qu’il aurait pu s’agir là de son propre coeur.

« ...Si je te disais tout ce que je pense que j'aurai dû faire ces dernières heures.... »

Face à son sourire, elle en tenta un. Faible et petit mais rayonnant entre ses joues humides. Étalant plus encore ses doigts là où se trouvait son coeur, y apposant sa paume plus fort alors que lui, resserrait toujours plus leur étreinte. Comme s’il voulait qu’ils ne fassent plus qu'un.

« Pense déjà à tout ce que tu as fait, Agheera.... la fuite à colmater, le réacteur, le masque.... et puis le tueur de Naboo. C'est cela que tu as fait, et regarde-moi : je n'ai qu'une seule existence, et ces quatre vies qu'il faudrait que je t'offre pourtant pour payer ma dette. Tu n'as pas échoué, non, jamais. ! »

Elle baissa les yeux, presque honteuse face à tout ce qu’elle avait fait. Trop humble, peut-être, mais surtout peu habituée à ce qu’on lui fasse confiance. À ce qu’on la remercie ou la complimente. Elle resta un instant interdite, ne sachant pas quoi faire. Un fébrile « Merci » siffla entre ses lèvres, presque inaudible. Mutin.

Merci d’être là, juste là. Merci de croire en moi et de me tenir dans tes bras.

Il la connaissait à peine et pourtant cela semblait lui suffire comme si ce qu’il était arrivé à cerner de ce qu’elle était faisait écho à ce que lui représentait. Un jeu de miroir et d’opposés. Et dans ses bras elle se noyait, dans ses yeux aussi qu’elle avait quitté depuis longtemps.

Ses oreilles bourdonnaient, les frissons s’enchaînaient. Tempête invisible qui la bouleversait, qui mesurait les battements de son coeur et les rythmait comme bon lui semblait. Eux qui soudain sonnaient étrangers, comme si son coeur ne battait plus que pour elle mais pour le monde entier.

Et pour lui un peu.

« A partir de quel argile me modèles-tu, femme, que je sois si faible entre tes doigts ? »

Elle resserra sa main sur sa nuque, serrant ses doigts, plus bas, autour du tissu contre lequel elle avait appuyé sa main. S’il était faible alors qu’était-elle, elle. Minuscule grain de sable qui s’était perdu au milieu des étoiles, dans une toile nébuleuse trop grande pour elle. Alors que lui semblait toujours se relever malgré le poids qui abaissait ses larges épaules.

« Tu me demandes de te pardonner lorsqu'il n'y a que ta simple voix pourtant pour compter. C'est moi qui me traîne à tes pieds pourtant....je ne sais pourquoi je supplie, mais je supplie quand même, et tu m'apaises, tu m'apaises tellement… »

Elle fronçait les sourcils, combattant les dernières perles au bout de ses cils. Agheera l’apaisait alors et lui que faisait-il. Source d’un torrent de sensations au milieu desquels elle se figeait, apeurée. Si seulement il savait le combat qu’elle menait et la peur qui l’empêchait de penser clair quand il l’entourait de cette manière. Et pourtant, au milieu de l’orage, c’était bien son ombre à lui qui l’empêchait de perdre pieds et à laquelle elle s’accrochait avec espoir et désespoir. Dernier rempart derrière lequel elle respirait quand la tempête autour sifflait trop fort et que la mélodie elle ne l’entendait plus. Car à ses oreilles ne venait que le brouhaha terrible d’une force oppressante qu’elle ne saisissait pas. Était-ce de l’angoisse, de la paranoïa, de l’agoraphobie, de la claustrophobie. Devenait-elle folle, était-elle schizophrène à sentir et voir des choses qui n’existaient pourtant pas. Qui ne devrait pas exister. Elle expira, fébrile, remontant sa main de sa nuque vers ses cheveux dans lesquels elle fit courir une dernière fois ses doigts avant de s’éloigner.

Toujours dans ses bras -et qu’il la serrait fort, alors-, elle éloigna son front du sien, posant ses mains sur ses épaules. Il y avait ses yeux, un peu rassurée, un peu bouleversée. Un peu effrayée. Elle le regardait bien en face, étudiait les courbes de son visage et les ombres qui dansaient accompagnées des lueurs au creux de ses yeux. Elle ne savait pas quoi dire, et pourtant elle parlait quand même. D’une voix calme qui cachait mal l’orage.

« Tu ne devrais pas supplier, non. » lui dit-elle doucement, maîtresse de ses mots qu’elle soufflait sans y penser. « Et tu ne devrais pas ramper quand pourtant tu es si grand. » Ses mains tremblaient, instables. « Parce que tu l’es, grand. Je le sais. » Elle marqua une pause. « Je l’ai vu. »

Et si je t’apaise alors tu me rends plus forte.

Ses pensées vibraient plus fort soudain, c’était à peine si elles n’avaient pas traversé la barrière de ses lèvres pincées. Elle dévia son regard et plissa les yeux, incertaine quant au fait si elle avait prononcé ses pensées à voix haute ou non.

Et puis elle s’éloigna, assise sur ses talons, obligeant Seth à délier ses bras par ce recul. Un peu trop loin de lui, tout à coup. Il n’y avait plus ses bras pour la soutenir, il n’y avait plus sa peau pour faire taire le vent. Il n’y avait plus que la réalité d’une tempête dans laquelle elle se perdait et celle de tant de choses à faire, maintenant. Réparer, encore, toujours. Mais surtout prendre soin de lui.



« soon enough my time will come
and all who stood in my way will fall. »


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This is the faith that we share
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Enfin elle l'avait couronné, lui, le fou, le poète, le seigneur du chaos et des tempêtes, et de ses lèvres scellées était née une pensée alors, sans mot, sans bruit, sans rien. Une pensée qu'il avait entendu comme un cri d'amour, alors il ferma les yeux pour ne pas tomber. Parce que la chute était là, proche, parce qu'il souhaitait être debout avec toute la violence des univers sur ses épaules, entre ses mains.
Au lieu de cela, l'homme la saisit à nouveau, ses doigts contre les siens, ses doigts pour la serrer, ne plus la lâcher, et il s'insultait en même temps, il s'insultait de bête sauvage, de tyran.
Il resta à terre un peu, juste le temps de lever les bras, tenant fermement ses mains dans les siennes, assez pour la relever elle. Alors seulement, quand elle fut debout, Seth se redressa. Et toute la grâce qu'il semblait avoir mis pour Agheera sembla avoir disparu alors, ne resta qu'une brutalité sauvage pour le secouer comme un frisson. Il y avait du danger en lui peut-être, lui, le roi de la tempête. Debout faces à faces, comme deux ennemis soudain.
Guerres et combats, toutes ces choses pour les attendre au retour, se reverraient-ils seulement un jour ? Mourir, mourir loin de l'autre, une idée insupportable lorsqu'aucun des deux ne semblait la combattre pourtant. Et qu'étaient-ils, eux, les orphelins d'un monde oublié ? Un jour il lui raconterait les étoiles, celles qu'il connaissait, celles qu'il inventait. Un jour elle l'écouterait peut-être, lui, ses secrets d'adulte, le chien sauvage que d'une caresse à peine elle savait apaiser.

 « C'est à tes pieds que tu me trouveras un jour pourtant... »

Un rêve, une vision ? Il était aveugle cependant, dans son cœur, dans tout ce qu'il ressentait, lui avec son corps brisé, ses désirs égarés. Un jour oui, elle baisserait les paupières assez pour l'y trouver, bas, toujours plus bas qu'elle, une course qu'il ne voulait la voir gagner, une promesse impossible à définir aussi. Et le masque lui brûlait le visage lorsque l'enlever serait la mort alors. Le sang pour bourdonner à ses tempes, les vagues qui s'écrasent, lui, un désir de furie, quelque chose, son ombre à elle aussi. Il n'avait pas peur, il connaissait la violence, il connaissait la colère, il les combattait parfois, il s'y abandonnait aussi lorsque rien ne restait.
Que savait-elle de lui, pour le décider si grand ? Il voulu lui parler des morts et des disparus lorsque ce n'était pas le propos pourtant. Il y avait un vaisseau à réparer au moins un peu, qu'ils puissent respirer comme deux êtres humains, non plus comme deux égarés. Et du sang coulait de ses mains sans qu'ils ne puissent le voir, parce que toute a lumière en lui était amère alors. Il y croyait, bien sûr qu'il y croyait tout comme il croyait en elle, Agheera...et après ?

Il la regardait toujours, comme un défi, en serait-elle capable ? Chevaucher la tempête, s'avancer nue et fière, déshabillée de peur et de sentiment pour le regarder à son tour et penser peut-être enfin « oui, c'est ainsi que je suis faite ».

Le masque, l'enlever. Car se dissimuler face à elle devenait trop dur. Qu'elle lui dise, oui qu'elle lui dise ce qu'il était vraiment, lui qui savait autant fuir que combattre, lui qui pleurait comme l'on donnait l'eau aux mors, lui qui se souvenait, se rappelait de tout.

 « Viens, allons remettre la ventilation en place... »

Retourner au poste de pilotage, jouer avec le feu aussi, comme s'il ne s'agissait que d'un rêve de plus pour eux, les forces contraires, les chagrins futurs, les chagrins passés, et sous le masque d'Agheera, il y avait encore des traces de larmes pourtant.
Qui un jour avait déjà pleuré pour lui ?
Elle, il n'y avait qu'elle, il n'y aurait qu'elle, et ses mains tremblaient un peu, à la recherche du bon geste, et son corps fatigué n'en pouvait plus de ces contraintes …
Il fallait se battre, quelque chose d'éternel, d'immuable. Agheera était venue alors, son visage comme une épée, ses yeux comme des secrets à partager. Elle était venue, ainsi que viennent les Victoires et pour la première fois, lui avait donné le goût des combats.
Je suis un guerrier, pensait-il, et les guerriers ne pouvaient mourir ici, loin de tout, alors encore une fois l'espoir venait, frêle, fragile, comme la taille élancée d'une femme sous ses mains brutales. A lui de ne rien briser.
Julen, éternel bavard, essayait souvent de lui inculquer quelques notions non pas de pilotage, comprenant que cela était impossible pour son compagnon, mais de survie simplement dans un milieu tel que celui-ci. Ne lui avait-il pas parlé de cet ensemble de boutons par exemple ? Ils avaient leur importance, alors il les montra à Agheera, qu'elle lui dise où appuyer, car lorsque l'esprit était troublé, on ne pouvait faire mais on pouvait expliquer.
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[Espace] -Each man is a little war - Agheera

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