[Espace] -Each man is a little war - Agheera - Page 2



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La soirée... - District Glitannai

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 [Espace] -Each man is a little war - Agheera

STAR WARS - RISE OF THE FORCE
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Age : 26 ans, orpheline depuis 6 ans.
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Occupation : Ancienne mécanicienne pour la résistance, excellente pilote et combattante. Sensible à la force, mécanicienne sur la Watchtower à présent.
Localisation : Coruscant, précedemment D’Qar, originaire de Qi Lozar.
Race : Humaine, sensible à la force. Née dans un vaisseau en direction de Qi Lozar.

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seth & agheera
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Là, assise sur ses talons, elle ne le regardait plus. La réalité la frappait tout à  coup, portée par l’élastique qui lui barrait les joues. Supportant jusqu'à ses lèvres un masque qui à lui seul tenait sa vie en main. Et celle de Seth aussi. Elle expira, soupirant presque, alors que la buée se formait contre le plastique de son masque, prête à se lever. À partir, réparer, encore réparer.

Sans qu’elle ne les aperçoivent s’approcher, les doigts de Seth vinrent trouver les siens. Elle les serra, aussi, fixant sa peau proche de la sienne, leurs mains sur ses genoux. La tête baissée, elle sentait à nouveau son coeur battre différemment. Ne plus battre que pour elle mais soudainement être habité par autre chose que sa simple âme. Petite et brûlante, mêlée à quelque chose de plus grand, de plus sombre. Surprise, elle releva la tête, seulement pour rencontrer le regard intense de Seth. Elle le soutenu, tout autant inquiète qu’intriguée, serrant plus encore les mains du brun.

Puis elle le laissa la relever avec une douceur qu’elle lui connaissait rare et précieuse.

Il s’éleva alors lui aussi, grand à nouveau. Fébrile mais imposant, la surplombant de sa carrure, l’obligeant à lever les yeux pour les planter dans les siens. Des vagues frappaient l’esprit de Seth, elle le voyait dans ses yeux inquiets, troublés. Et elle cherchait une lueur dans l’obscurité de son regard, lointaine mais présente.

« C'est à tes pieds que tu me trouveras un jour pourtant... »


Elle voulait lui dire qu’il avait tord mais elle resta muette. C’était un combat contre lequel ses paroles n’avaient aucun pouvoir. Pas pour le moment. Alors elle se contenta de détourner le regard. Cette fois-ci c’était elle la victime des vagues et les mains de Seth encore dans les siennes elle les serraient faiblement, son esprit préoccupé par ce qu’elle avait vu dans le regard de Seth. Par ce qu’elle percevait et qu’elle pensait être ses propres émotions, soudainement prise alors d’une peine qui n’était pourtant pas la sienne.

« Viens, allons remettre la ventilation en place… »

Il s’élança vers le tableau de bord, les gestes brusques, presque ceux d’un animal. Sauvage. Comme ce qui se disait d’elle sur D’qar, où pour des raisons différentes on la traitait de sauvage. Elle, l’impulsive et la brûlante qui sur son passage ne laissait qu’une odeur de fer chaud et l’impression de tempête. Lui, l’homme-bête qui ne semblait être animé que par l’instinct. Et puis la peine, aussi. Surtout peut-être. Rapidement, elle le dépassa, quelques centimètres à peine devant lui.

Je suis un guerrier

Elle tourna brusquement la tête vers lui. Avait-il dit quelque chose ? Non, bien sûr que non. Son esprit lui jouait des tours, comme d’habitude, et ce qui avait semblé n’être qu’un souffle, un murmure à peine audible, tout ça n’était que chimère. Elle fronça des sourcils et secoua imperceptiblement la tête, chassant de son esprit cette impression de paroles qui n’avait été, au final, que du vent.

« Ok, alors… » commença-t-elle, plus pour elle que pour lui.

Brusquement, il lui montra une rangée de boutons. C’étaient ceux qu’elle cherchait. Surprise, elle leva les yeux vers lui et ne pût s’empêcher de sourire. Doucement, presque caché derrière son masque.

« Merci. »

Agheera se pencha et du bout des doigts elle désactiva tout ce qui faisait parti du système de ventilation. Du moins, tout ce qui devait être éteint pour qu’elle puisse travailler sans être sujette à une possible électrocution.

« J’éteins toutes ces commandes pour pouvoir réparer la fuite de monoxyde de carbone. » expliqua-t-elle, entre deux boutons désactivés. « Quand je te le dirais, tu les réactiveras, ok ? »

Toujours penchée, elle leva les yeux vers lui pour être sûre de son accord, puis désactivant la dernière commande, elle s’éloigna pour fouiller dans un tiroir. Elle en sorti une oreillette qu’elle enfila.

« Je te dirais tout ça par micro. »
, elle hésita à rajouter un « cette fois » mais s’en empêcha.

À nouveau, elle allait le laisser ici. Seul. Le souvenir de ce qui s’était passé un peu plus tôt la frappa et elle serra les mâchoires. Cette fois serait différente, elle était bien plus proche. Elle pourrait l’entendre. Elle pourrait revenir. Elle n’avait rien à craindre, mais elle avait encore peur et les traces de ses larmes séchées sur ses joues ne faisaient que lui rappeler à quel point il avait frôlé la mort. À cause d’elle. Agheera s’éloigna, vers les couloirs où elle savait où trouver la fuite. Les écrans du tableau de bord le lui avaient indiqué. Avant de s’y engouffrer, elle jeta un dernier coup d’oeil à Seth puis disparu dans les couloirs.

Le coeur encore lourd, les oreilles bourdonnantes, l’air toujours pesant.

« Seth ? » demanda-t-elle, cette fois-ci convaincue qu’il l’entendrait parfaitement, qu’il lui répondrait. Peut-être.

Malgré son instinct qui lui intimait que tout irait bien, que tout allait bien, elle ne pouvait s’empêcher d’être inquiète. Et de vouloir entendre sa voix.

«  Parle moi. » souffla-t-elle, incertaine.



« soon enough my time will come
and all who stood in my way will fall. »


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Left with the glory and suffering of souls that we've torn


Il y avait le sourire, mais il y avait le masque au dessus, et le fantôme de son souffle, un souffle qu'avec elle il ne pouvait partager. Pas pour le moment. Alors, est-ce qu'il existait vraiment, ce sourire là, celui du bout des lèvres et du fond du cœur, qui lui faisait plisser les yeux un peu ? Et de la noirceur et des ténèbres naissait autre chose alors, une forme de pureté, celle de l'enfant qu'il avait été, ou plutôt de l'enfant qu'il avait rêvé.
Les yeux d'Agheera, toujours plissés eux aussi comme un éternel sourire alors même que seules les larmes semblaient exister. Il y avait le vent et l'incendie, et à présent la flamme dansait contre lui au moins un peu, car elle était les flammes d'un désert brûlant auquel il apportait l'eau de sa propre tempête, sauvagerie contre sauvagerie.

C'est ce que nous sommes...

Ensembles. Et pouvait-il y avoir un autre mot alors ? Non, car le lien était fait, car rien ne saurait le briser, et peut-être que quelque chose de grave les attendait alors, peut être qu'il n'y aurait que les larmes et le deuil, peu importe. Certaines vies ne se définissaient que par le sang, la souffrance, il le comprenait. Ils le comprenaient, sinon pourquoi la Résistance, pourquoi des rêves plus grands qu'eux, des envies de mondes qu'ils ne verraient peut-être jamais ?
Seth aussi avait de tels rêves, espérant un paradis amer capable également d'accueillir des gens comme lui, des gens différents.
Il n'avait pas de monde, il n'avait pas de planète à définir comme une maison. Mais il y avait les doigts d'Agheera pour le rapprocher d'elle alors, de son cœur, pour lui offrir un abri contre son propre corps gracile. Ses doigts devenaient dunes alors, capables d'emprisonner les bourrasques qu'était le chasseur.
Il pensait aux contes et légendes bien sûr, ceux de planètes lointaines, de cet équipage de folie que l'on disait visible simplement des damnés, et un être monstrueux présidait cela alors, et parce qu'il menait la Chasse, on l'appelait le Chasseur...
Dans ce rêve semi-éveillé qu'il faisait, le Chasseur le regardait. Et Seth se voyait lui-même, ayant tout perdu ou presque. Quelque chose resterait, quelque chose restait toujours....
Comme l'écho de ses pas à elle dans le couloir, semblable aux battements de son cœur à lui. Un échange, un miroir, ce que faisait l'un se répercutait sur l'autre. Toujours. La Force, quelque chose, et il pouvait l'expliquer bien sûr, y passer quelques secondes ou quelques heures, mais pourquoi ? Car cela était, car cela suffisait.

 « Hm ? »

Et le bruit de la Chasse Sauvage s'éloignait alors, car le danger viendrait bien sûr, pour eux, pour leurs cœurs meurtris.

 « Excuse-moi, je rêvassais.... De quoi veux-tu que je te parle, de l'histoire du vaisseau hanté qui erre dans l'espace, vide de tout équipage ? Non, ce serait de mauvais goût. »

Un silence, le temps d'une respiration. Il l'imagina seule, entourée par les ombres et capable de les combattre pourtant. Il l'imagina, et c'était comme la voir alors, être avec elle, derrière elle, assez pour qu'elle sente son souffle sur son épaule peut-être.

 «Je peux parler de toi alors, tout simplement... »

La jeune fille qui savait comment affronter plus fort qu'elle, mais contre son relfet, s'effondrait. Il comprenait cela, les batailles et les victoires, les défaites aussi, celles que l'on pouvait juste taire car qui d'autre comprendrait ?

 « Désolé, pas trop ce que tu as envie d'entendre. Mais je suis vivant oui, et la radio marche. On pourra bientôt enlever ces satanés masques et pourquoi pas se manger l'une des plaquettes de chocolat qui reste ? On le mérite... »

L'homme leva les yeux alors, et derrière les étoiles, quelque monstre à l'agonie le regardait. Seth sut qu'il s'agissait de lui-même, avec la même clarté qu'il reconnaissait son propre nom. Le péril était là, non pas dans le vaisseau, mais en eux, tous les deux.

Ensembles...

Un mot comme une malédiction, il le ressentait soudain, et tout était sombre, tout était vain. Les contes et les légendes, un bonheur qui n'existait pas, le silence aussi, Agheera.

 « Et toi, de quoi veux tu parler ? »
made by roller coaster



‟you dreamed to be a warrior, once„
Put the Bounty Hunter aside, become who you were born to be. It is time....
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seth & agheera
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Elle s’approchait maintenant de l’endroit qu’elle savait être celui de la fuite. Levant les yeux vers le plafond, elle remarqua une trappe hors de portée. Elle aurait dû s’en douter, généralement les systèmes de ventilations étaient installés en hauteur. Elle soupira, ses mains commençant à s’agiter contre le tissu de son pantalon. Et Seth qui tardait à lui répondre. Agheera fronça les sourcils, est-ce que le micro ne fonctionnait pas ?

« Seth ? » répéta-t-elle, un peu plus inquiète peut-être.

« Hm ? »

Elle manqua de sursauter tant il avait mis du temps à lui répondre. Dans son oreillette la voix du jeune homme semblait lointaine et bien moins personnelle que lorsqu’il s’était trouvé dans le creux de ses bras, mais elle était là. Et c’était tout ce qui comptait. Agheera se dirigea vers une pièce qu’elle savait contenir une échelle, peut-être la seule du vaisseau et repartie en direction de la trappe de ventilation.

« Je voulais discuter. » avoua-t-elle à nouveau face à la voix presque endormie de Seth. « Être sûre que tout allait bien. »

« Excuse-moi, je rêvassais…. »

Installant l’échelle sous la trappe, elle soupira. À moitié soulagée, à moitié…. agacée. Et son esprit se calma alors, maintenant certaine que de son côté tout semblait bien aller. Elle fronça les sourcils une dernière fois, montant maintenant sur l’échelle. Elle devait se concentrer. Un minimum du moins. Et entendre Seth parler lui donnait l’assurance suffisante que tout allait bien pour l’ôter de son esprit. Maintenant face à la trappe, elle dévissa cette dernière qu’elle laissa tomber par terre dans un bruit métallique, puis s’engouffra à l’intérieur du système de ventilation, entre fils et conduits.

« De quoi veux-tu que je te parle, de l'histoire du vaisseau hanté qui erre dans l'espace, vide de tout équipage ? Non, ce serait de mauvais goût. »

Agheera réprima un rire, dans un soupire, et ne pût s’empêcher de sourire à la bêtise de Seth qu’elle ne lui connaissait pourtant pas. Secouant la tête, elle se pencha plus encore à l’intérieur, vérifiant ce qui fonctionnait, cherchant ce qui ne fonctionnait pas.

Et puis tout à coup, un souffle.

Pas le sien, celui de personne. Un courant d’air, peut-être, suffisant à la faire sursauter et presque perdre l’équilibre sur la dernière marche de l’échelle. Un souffle chaud, un souffle humain, alors qu’elle était seule ici. Mais l’était-elle vraiment. Il y avait cette sensation, cette présence qu’elle n’expliquait pas. Agheera se retourna quand même, l’échelle tanguant à chacun de ses mouvements.

Évidemment, il n’y avait personne.

Si pour d’autres, c’était évidant, Agheera avait du mal à faire sens de ce qu’il se passait. Elle l’avait pourtant sentie cette présence et les frissons qui parcouraient son échine n’étaient pas là pour rien. Elle soupira.

Concentre-toi.

Puis elle se retourna et continua à chercher la fuite, invisible, imperceptible mais bien là.

«Je peux parler de toi alors, tout simplement… »

Alors qu’elle vérifiait des branchements, ses muscles de raidirent comme si le simple fait de parler d’elle la gênait à un point même physique. Son passé était passé, en parler ne ferait que la ralentir, non ? Et elle n’avait pas grand chose à dire, une vie passée dans le désert n’était pas une vie. Pour preuve, elle ne connaissait que trois mondes dans l’immensité de la galaxie. Qui pouvait se vanter d’une telle méconnaissance. Personne.

« Désolé, pas trop ce que tu as envie d’entendre. »

Agheera soupira, rassurée. Peut-être avait-il prit son silence pour une réponse. Une brèche, minuscule, semblait briller dans l’obscurité de l’endroit confiné dans lequel elle se trouvait. Elle plissa des yeux, intriguée.

« Mais je suis vivant oui, et la radio marche. On pourra bientôt enlever ces satanés masques et pourquoi pas se manger l'une des plaquettes de chocolat qui reste ? On le mérite… »

Au début, elle ne répondit pas, absorbée par cette brèche lumineuse. Puis les mots de Seth la frappèrent et suffirent à la déconcentrer, assez pour elle détourne le regard et cherche dans ses poches de quoi colmater la brèche qu’elle avait trouvé. Repensant à ce qu’il disait, un petit rire s’échappa d’entre ses lèvres.

« Du chocolat… » elle soupira, un sourire sur ses lèvres, « pourquoi pas oui. »

Trouvé. Elle ressorti de ses poches tout ce dont elle avait besoin et s’apprêta a réparer la brèche, mais celle-ci ne luisait plus dans l’obscurité. Elle fronça des sourcils.

Étrange…

Sur la pointe des pieds, elle se hissa pour atteindre le conduit touché et l’effleura du bout des doigts jusqu’à ce qu’elle ne sente le métal abîmé, presque rouillé. Elle était pourtant bien là, mais elle ne brillait plus.

« Je ne te savais pas si gourmand. » plaisanta-t-elle, alors qu’elle colmatait la brèche du bout des doigts.

Et que savait-elle de lui, de toute manière. Mis à part qu’il était grand et qu’il se pensait si bas. Qu’il était bon et qu’il se pensait si mauvais. Qu’il était bienveillant, et généreux, mais qu’il se cachait dans l’ombre d’un passé qu’elle ne connaissait pas. Mis à part qu’il était un homme brisé, par la vie, par le destin. Mais qui avançait, quand même.

« Mais ça me va, marché conclu. » dit-elle entre deux soupirs d’efforts tandis qu’elle se hissait plus encore entre tuyaux et branchements pour soigner son travail.

Alors elle l’entendit encore, cette voix lointaine qui ressemblait à celle de Seth mais qui ne l’était pas tout à fait. Ce souffle fin, terrible, doux. Ce murmure à peine audible. « Ensembles… » Agheera tendit l’oreille mais rien ne vint. Peut-être n’était-ce alors que le vrombissement du système de ventilation ? Le murmure de ses moteurs, le chant de son courant. Qu’importe. Ce n’était pas une voix, décida-t-elle, tout comme ce n’était pas celle de Seth. Tout comme ce n’était pas ce mot qu’elle avait entendu. Elle se pinça les lèvres et se concentra à nouveau sur sa tâche, une grimace lui traversant le visage alors qu’elle redoublait d’efforts pour finir.

« Et toi, de quoi veux tu parler ? »

Sa question la coupa net dans ce qu’elle faisait. Elle n’en avait aucune idée. Tout ce qu’elle avait voulut, c’était entendre sa voix pour être certaine que tout allait bien. Que son masque n’était pas défectueux, qu’il était en vie. C’était tout ce qui lui importait alors. Mais de quoi voulait-elle parler. Elle s’imagina lui demander de parler de lui, mais elle repoussa cette pensée et en chercha une autre. Moins personnelle, tout aussi importante.

Elle se remise au travail, silencieuse, réfléchissant.

Réfléchissant trop peut-être, pas assez concentrée. Elle s’entailla le doigt à un bout de métal qui n’avait d’ailleurs, rien à faire là. Quiconque avait possédé ce vaisseau ne s’en était, clairement, pas bien occupé.

« Aïe », petit, à peine audible.

Elle ignora le sang qui perlait quand il ne coulait pas, tout comme elle ignora ce sentiment d’élancement, de coeur battant. Elle verrait plus tard. La priorité, c’était la ventilation, le monoxyde de carbone, leurs masques à enlever qui de toute façon finiraient bien par manquer d’oxygène.

« Je ne sais pas vraiment. » finit-elle par lui répondre, cette fois concentrée sur son travail, un peu ailleurs alors.

« Parle moi des mondes que tu as visité, peut-être ? » demanda-t-elle, naturellement, sans réfléchir cette-fois. « Je ne sais pas. » elle marqua une pause, grimaçant quand elle fût obligée d’utiliser son doigt pour appuyer sur la brèche à présent presque totalement contrôlée. « Peut-être qu’il y en a un qui se démarque des autres, non ? » Elle n’hésitait pas.



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Sur son visage, les ombres de l'Espace semblaient s'animer alors, lui qui gardait les yeux fixés vers l'horizon. Il n'avait peur de rien en cet instant, et même la douleur semblait comme un cadeau. La douleur... Il avait entendu quelque chose peut-être, cri ou soupir il ne savait plus. Elle, lui... Et son doigt saignait désormais. Il le porta à ses lèvres, écoutant Agheera, lui répondant parfois.
Non l'homme n'était pas gourmand, pas vraiment, mais malgré toutes les barres énergétiques du monde, parfois on avait juste envie de sucre.
Le temps semblait se tordre et se distordre, il pouvait tendre la main, rien n'en arrêterait la chute. En fermant les yeux, il sembla à Seth voir une Lune engloutie par un océan, alors son souffle s'arrêta un peu comme un homme perdu au bord d'un précipice.
La voix d'Agheera, et la lumière de la Lune alors, celle qui avait disparu, sur son visage à lui. Les deux ne pouvaient être séparés, Seth s'en rendait compte à présent. Quant à la vérité que cela dissimulait, il la laisserait derrière le voile encore un peu.
Un vœu fut prononcé, il lui laissa aux lèvres un goût de coucher de soleil. Et Seth ne su plus comment parler. La peur, il fanfaronnait parfois, il croyait la dompter... Il mentait. Elle était là à présent, les griffes bien plantées dans son cœur et quoi faire alors, retirer le masque ? Parce qu'il ne savait pas, parce qu'il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas raconter ainsi qu'Agheera le désirait, lui incapable de percevoir les espaces, les distances...

 « Je... »

La droite, la gauche, toutes choses qu'un simple enfant saurait reconnaître.

 « Non...

La voix trop grave, la voix trop sombre, l'assassin soudain, celui d'un autre monde loin d'eux, loin d'elle, loin des étoiles. Celle de l'ordure à défaut de l'humain, parce que humain il ne l'était pas. Pas vraiment.

Imparfait... Différent... Déchet

 « Je ne peux pas

Il aurait voulu lui raconter Yavin, la paix de l'âme et le bleu du ciel, et puis d'autres planètes aussi, celle aux déserts immenses où les Dunes chantaient alors. Où il y avait enterré une femme, où il l'y avait oublié. Mais sa bouche était sèche, ses yeux devenaient fous, douleur et larmes. Il connaissait les mots pourtant, leurs significations, mais les repères qu'il ne pouvait avoir empêchaient les paysages dans sa tête de franchir la barrière de ses lèvres. Une langue dans sa tête, étrangère, une langue qu'il ne parlait à voix haute. Alors on le prenait pour un fou, alors on le prenait pour un idiot, comme pour tous les gestes qu'il ne savait exécuter. Et son corps était fatigué, si fatigué... Il voulait dormir à nouveau, oublier, que simplement les ombres le reprennent un peu.
La Tristesse, parce que l'on ne pouvait échapper, et le côté obscur avait tant de visages alors. Et si elle-même racontait, il ne comprendrait pas.

Tu n'avais qu'à naître entier... Comme tout le monde

Le chien noir s'énervait, c'était lui, la voix grinçante dans sa tête, celle pour lui reprocher chaque souffle qu'il arrachait à sa propre vie. Et quelle place avait un être comme lui dans le monde ? Agheera, les muscles fins qu'il avait senti tout contre lui, l'odeur du sable dans ses cheveux mais surtout, le parfum de la survie. Elle pouvait le faire seule, malgré les larmes, malgré la peur, elle pouvait le faire et lui, non. Lui aurait toujours besoin d'un autre, d'une main pour le guider, d'une voix pour le rappeler, et dans ce monde où l'on devait se battre pour la liberté, n'était-ce pas une hérésie alors ? Être dépendant, dépendant de quelqu'un acceptant un certain pouvoir sur votre vie. Parce que l'on ne pouvait survivre seul, parce qu'il n'était pas assez fort, ne le serait jamais.
Parce que différent.

 « Demande moi autre chose... »

Quelque chose que tu peux faire ? Tu ne sais rien faire, sois réaliste. C'est elle qui te sauve la vie, c'est elle qui pilote ce putain de vaisseau, elle et juste elle. Et la Force alors ? Elle ne te sert à rien aujourd'hui. Tu n'es rien, absolument rien. Ne t'inquiète pas, elle ne voudra plus te parler, plus après ça. Tu es fou, pire que tout, tu es débile...
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seth & agheera
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Elle avait terminé, la brèche était enfin contrôlée. Sur la pointe des pieds toujours, Agheera inspectait maintenant son travail, nouvellement concentrée face aux derniers détails qu’elle scrutait. Il fallait que cela tienne jusqu’à ce qu’elle rentre sur D’qar d’ici quelques jours elle l’espérait, là où elle pourrait remettre sur pieds ce tas de déraille avant que quelqu’un d’autre ne l’emprunte et se retrouve démuni face aux pannes de plus en plus courantes. Du bout des doigts, même celui sanglant, elle tâtonnait le conduit qu’elle venait de réparer avec attention quand la voix de Seth sonna soudainement dans son oreillette.

« Non. »

Un non puissant et sombre, si sombre qu’Agheera s’arrêta un instant. S’agissait-il de la même personne ? Elle fronça des sourcils, tendant l’oreille alors comme si cela allait changer quelque chose. Et son coeur battait, fort. Son souffle frappait le masque sur ses lèvres avec plus d’intensité.

«  Seth ? » tenta-t-elle.

La tempête se leva subitement, elle n’avait rien à voir avec celle dont elle domptait parfois la mélodie l’espace d’une poignée de seconde à peine. Dans ses bras, trop souvent. Elle en perdit le souffle, presque.

« Je ne peux pas, demande moi autre chose… »

Il était bien loin soudain celui qui se voulait guerrier. Qu’avait-elle dit pour attiser sa colère si brutale, si inattendue. Agheera serra les mâchoires, elle ne comprenait pas et son coeur se serra alors qu’elle sentait le vent se lever. Un vent bien plus froid et distant. Un vent d’orage et de pluie. Elle manquait d’air soudainement, là haut sur son échelle et Seth qui sans crier gare semblait plus en vouloir.

« Rallume les commandes de ventilation. » dit-elle simplement, un peu de colère dans sa voix aussi.

Une colère qui n’était pas sienne pourtant. Elle n’avait aucune raison de l’être, il n’avait rien fait, rien dit. Un simple refus comme des centaines dont elle avait été victime avec bien trop souvent plus de violence. Violence des mots et des mouvements à laquelle elle s’était habituée entre les dunes. Violence à laquelle elle ne portait plus attention.

Mais la colère était bien là.

Graine soudaine qui ne venait pas d’elle, elle le savait, elle le sentait. Mais il n’y avait qu’elle, mêlait à la peine de souvenirs qu’elle ne possédait pas.

Et puis cette voix, encore.

Tu ne sais rien faire.

Plus forte et plus hargneuse. Si bien que cette fois-ci, son coeur manqua un battement. Dans la surprise, elle sursauta et en perdit l’équilibre. Sur la pointe des pieds, elle glissa, essayant maladroitement de se rattraper à quelque chose en vain.

Le sol, enfin.

Dur et froid, tandis que derrière elle, l’échelle tombe avec fracas également. Le bruit l’assourdit un instant alors qu’elle reprend ses esprits et Agheera se relève, difficilement mais sans blessure. Elle reprend son souffle doucement, essayant tant bien que mal de calmer les battements de son coeur qui s’affole. L’idée d’enlever son masque lui traverse l’esprit et elle l’’arrache sans état d’âme avant de l’envoyer, la main tremblante, de l’autre côté du couloir.

Encore, elle, la voix.

Et la Force alors ?

Si elle avait du mal à remettre les pieds sur terre, Agheera sauta sur ses derniers, tous sens aux aguets. Terrifiée à l’idée de l’entendre encore, cette voix rauque et profonde. Juste là, tout contre elle. Et elle avait beau tourner sur elle-même, personne n’était là.

Et de toute façon, il n’y avait que Seth dans le vaisseau.

Elle n’était à personne. Non. Et ce n’était pas le vrombissement des moteurs, le chant de l’électricité. Et ce n’était pas cette tempête, encore, effrayante et trop obscure. Trop intense tout à coup.

Elle se noyait.

Agheera happait l’air à présent, respirait trop vite peut-être également. Plus que cette voix dont elle déchiffrait les paroles mais jamais le sens, il y avait maintenant le bourdonnement distinct et l’air lourd. Oppressée.

Tu n'es rien.

À ces mots, elle détala. Ils étaient dans sa tête. Dans sa tête. Elle devenait folle, elle le savait. Et si elle avait eu des doutes avant, elle en était certaine maintenant. Il n’y avait que la folie pour expliquer ce qu’il se passait. Les yeux humides, par la peur sans doute, elle marchait vite dans les couloirs dont les lumières d’alarme s’étaient éteintes. Elle avait au moins réussit quelque chose.

Absolument rien.

Agheera se mise à courir sans même savoir où aller. La colère l’habitait soudain, sans savoir pourquoi elle arracha son oreillette qu’elle jeta sur le chemin. Las et fatiguée. La tête pleine de pensées qui ne faisaient même plus sens, pleine de voix et d’images. Le coeur plein de sentiment qu’elle ne contrôlait même plus. La colère, la tristesse, la peine, la rancune. La culpabilité aussi. Elle s’arrêta à bout de souffle, les mains tremblantes.

La salle des machines secondaire.

Devant la porte, elle resta immobile. Silencieuse même, s’imaginant un instant que le mal qui l’habitait était entrain de s’estomper.

Pire que tout.

Elle cligna des yeux, sursautant avant de tourner sur elle-même à nouveau à la recherche d’une personne peut-être. D’une plaisanterie. De Seth. Rien.

« Stop ! » lâcha-t-elle, agrippant sans tête entre ses mains alors qu’elle s’engouffrait dans la salle des machines en pleine ébullition.

Agheera referma la porte derrière elle, et inquiète que la voix ne soit finalement pas dans son esprit, elle la ferma à clef empêchant quiconque d’ouvrir cette dernière depuis l’extérieur.

Débile…

« Non ! » dit-elle un peu plus fort, se laissant tomber le long de la porte.

Par terre, elle ramena ses genoux vers sa poitrine. La tête encore fermement entourée de ses mains, elle posa son front contre ses genoux, frissonnante.

Seule.

Il n’y avait plus la voix, et l’espace de quelques secondes elle trembla encore à l’idée de l’entendre à nouveau. Si proche, si nette. Si familière et pourtant si sombre. Il n’y avait plus Seth, dont elle en était certaine à présent, elle s’était attirée les foudres. Elle l’avait bien senti sa colère, dans sa voix si grave tout à coup. Son ton, violent. Comme ses mots peut-être.

Mais il y avait la tempête, à peine surplombée par le bruit des machines. L’air lourd, qu’elle happait toujours. Et tant pis si elle avait jeté son masque par colère avant que l’air ne soit assaini. Tant pis. Tant pis. Tant pis.

Elle la sentait grimper, vicieuse et lointaine. Pas même la sienne, elle le savait. Elle était bien trop étrangère mais son coeur battait en rythme. De chaque pulsion elle se nourrissait.

Et l’air était si lourd, si pesant. C’était à peine si elle ne le sentait pas lui serrer la gorge, lui appuyer les épaules. La serrer, l’oppresser.

Et le bruit des machines.

Et l’impression d’être observée.

Et le souvenir de cette voix.

Et le coeur lourd.

Et, et, et.

«  Ah ! » cria-t-elle de colère, à bout, fatiguée, en se recroquevillant plus encore sur elle. Fermant les yeux si fort qu’elle en pleurait presque. Le bourdonnement était encore là, malgré les machines. Elle sentait l’air vibrer à chaque inspiration incertaine.

Et puis finalement, la colère commença à s’estomper.

Elle était perdue.

Spoiler:
 



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Il ralluma les boutons, encore capable d'obéir à un ordre peut-être, lorsque la chute lui coupa le souffle. Il avait mal, ne pouvant localiser la douleur, la sentant simplement dans son corps, dans ses os, et tout allait trop vite. Parce qu'il était à terre et pourtant non, que l'air humide du couloir lui courait sur les joues alors que le masque était toujours là pourtant. Qu'il était debout normalement. Debout, non, à terre, vaincu. Invaincu. Et ses poumons refusaient presque de marcher, qui était-il, qui était celui qui respirait ?
Le sang à ses tempes, il avait appuyé sur les boutons au moins. Le chien qui ricanait aussi, l'accusant d'avoir tout cassé. Tout ce qu'il touchait, et les souvenirs d'Agheera contre lui, la nuit dernière, Agheera dans ses bras. Tout ce qu'il touchait. Agheera au sol alors, pourquoi ? Il avait peur, les hurlements du chien, son propre cœur aussi, et cela allait trop vite, cela allait trop loin.
Avec l'énergie du désespoir, Seth arracha le masque à oxygène, prenant de grandes inspirations soudain. Il avait les doigts gourds à présent, il était ignare et maladroit surtout. Et rien n'allait, rien n'irait jamais.
L'homme ferma les yeux, incapable de faire autre chose. Il voulu imaginer un coucher de soleil, quelque chose, l'équilibre subtil entre lumière et obscurité, les derniers instants de chaleur sur sa peau aussi, le calme avant la tempête. La tempête, rien ne la maîtrisait désormais, il y avait trop de colère, trop de douleur surtout. Dans le vaisseau, une voix cria et le mot fut bref, et le mot fut fort.

C'est contre moi qu'elle se bat...

Un chien dans le corps d'un monstre, car comment appeler autrement quelqu'un incapable de répondre correctement à ce que demandait sa propre espèce ? Un rêve d'homme imparfait plutôt qu'un homme pour de vrai, et des rêves, tellement de rêves beaucoup trop hauts, beaucoup trop grands. Des rêves de puissants.
C'était facile d'imaginer Agheera -et l'imaginait-il vraiment?- petite, si petite soudain, recroquevillée sur ses propres rêves brisés. C'était facile de s'imaginer tendre la main, lui qui n'avait su que lui tendre le cœur, juste pour lui relever la tête un peu, au moins un peu. Comme une reine, comme une princesse. Comme si elle n'avait jamais pleuré, et surtout pas pour lui.
C'était facile...

L'homme rouvrit les yeux, épuisé à nouveau. Se tenait-il à quelque chose ? Il ne savait plus, il était perdu. Elle aussi. Une vérité. Elle aussi, autant que lui, alors ce fut comme si on lui arrachait soudain toutes les couleurs des mondes, que l'oiseau se foudroyait en plein vol. Elle aussi, simplement, elle qui ne comprenait pas...
Ca faisait mal bien sûr, et la tête lui tournait un peu. Un peu trop, parce qu'il était seul, parce qu'elle avait peur, qu'il n'en doutait pas, et que le monde allait vite bien trop vite pour elle comme pour lui.
La solitude, l'abandon, celui de l'humanité, de la sagesse et de la folie tout à la fois, le désir de néant par honte, par peur, y avait-elle goûté ? Oui, avec d'autres mots, d'autres pensées. Le fardeau amené par la différence, voilà pourquoi lorsque la jeune femme s'était blottie dans ses bras, son poids lui avait paru si familier. Que ses doigts, longs et fins, avaient su où le toucher pour qu'enfin il baisse la tête un peu.
Qu'il accepte.
Et à présent ? Elle était loin, elle était seule lorsque lui ne pouvait plus bouger. Il avat besoin de quelque chose, de quelqu'un d'être guidé, qu'on le prenne par a main mais personne ne le faisait. Avait-il pleuré de toute cette noirceur ? Oui, l'avait-on déjà consolé ? Non. Il aurait voulu pourtant, mais personne ne s'approchait jamais. Personne ne s'approchait jamais vraiment, et certains préféraient le laisser à la solitude au moins un peu, par respect, par pudeur. Parce que le chien mordait, qu'il mordrait toujours, l était marqué, différent et certaines choses ne se guérissaient pas simplement.
Alors Seth voulait la consoler, elle. Il n'oublierait pas les insultes dans sa tête, il n'oublierait pas les regard des autres, son propre cœur trop fatigué non plus, il n'oublierait pas son propre chagrin mais.... cela était une chose à faire, voilà tout. Pour tout ce qui n'avait jamais été fait pour lui, pour chaque insulte, chaque mot reçu...

Jouer la comédie, jouer encore un peu, faire semblant. C'était peut-être cela, être grand. Semblant qu'il pouvait le faire, qu'il pouvait y arriver, et qui comprenait, qui comprendrait vraiment ? Deux solitudes, deux sauvageries pour s'entrechoquer.

Il marcha un peu, vacilla, comme rejeté par le vaisseau, le vaisseau qu'il ne comprenait plus, sans repère désormais. Comme toujours. Un pas, encore un pas... Sa main contre le mur aussi, et tomber à terre, et trébucher, pourquoi ? Sans raisons vraiment, non, juste son corps à lui, juste son cerveau aussi.
Il avait mal, incapable de bien placer ses membres, incapable de comprendre ses muscles, et la douleur de sa tête devenait celle de son corps alors. Tout n'irai jamais bien....

Cela prit du temps, tellement de temps, bien plus que pour une personne normale. Et il dû revenir en arrière parfois, tombant souvent, bien trop souvent, incapable de suivre un chemin pourtant simple, avec personne à appeler à l'aide également.
Il avait mal, tellement mal, quelque chose qui ne se consolait plus désormais, qui ne se consolerait jamais. Il ne voulait pas de cela, pas pour elle...

 « Non...

Tout l'amour qu'il portait au cœur, Seth le mit dans ce mot, simplement ça... Et la porte était fermée, alors l'homme leva la main, tremblant, et le loquet tourna, et la porte s'ouvrit.
Le loup blessé entra alors....

Il fallait rester debout pourtant, parce que c'était ce qu'Agheera lui avait ordonné. Obéir, être grand, souffrir aussi. Souffrir mais ne rien dire.

 « Je sais, Agheera, je sais... »

La colère et les larmes, la folie. Et puis elle, trop lumineuse, trop pure, ce qu'elle percevait de lui. Il ne pleurait pas, ce n'était pas son rôle, plus maintenant, plus jamais, plus devant elle. Qui la consolerait alors, qui lui dirait que oui, les ténèbres existaient, que le monde parfois ne vous accueillait pas mais que l'on restait debout.
Dans la douleur.

Il ouvrit les bras, ses grands bras imparfaits, ceux qui ne protégeaient pas, ceux qui brisaient.

 «Alors ne deviens pas comme moi, avec mes colères et mes silences. Ne l'oublie pas, tu es merveilleuse.. »

Elle était merveilleuse, il était grand, et telles étaient les cruautés qu'ils s'infligeaient l'un l'autre. Les masques, les mensonges...
Il voulait s'asseoir, seigneur, il voulait s'allonger, se reposer, mais il fallait faire comme si rien de tout cela n'existait pourtant. La fatigue, la différence....

Rester grand.
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seth & agheera
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Recroquevillée sur elle-même, Agheera tremblait incontrôlablement. Les yeux fermés, la tête prise entre ses deux mains, son souffle se cognait à ses genoux là où son front était posé. Elle se sentait petite. Minuscule, assise ainsi. Mais elle avait l’impression que cela la protégeait en un sens, disparaissant dans l’immensité du vaisseau le dos contre la porte métallique. La colère qu’elle avait ressenti laissait place maintenant à la peur.

Celle d’entendre à nouveau cette voix.

Sombre et rauque. Elle avait beau ne plus résonner dans son esprit, son souvenir était encore là, vif, marqué au fer rouge. Et ses mains plaquées contre ses oreilles n’y pouvaient rien, non. Elle était là, toujours là. Un conduit laissa échapper un nuage de fumée, relâchant certainement une pression trop forte, suffisamment pour faire sursauter Agheera qui ouvrit enfin les yeux. Son souffle se stabilisait, tout comme son pouls et ce même si la tempête était encore là.

Même si chaque battement était douloureux.

Oppressée.

Depuis combien de temps était-elle là, assise ? Elle n’en avait aucune idée, tout ce qu’elle savait c’était que la voix n’était plus là, que l’air semblait plus léger, que la tempête se calmait. Un peu. Juste assez pour qu’elle respire enfin, la tête hors de l’eau. Elle regarda autour d’elle, fébrile, observant les machines qui fonctionnaient tant bien que mal. Quel tas de ferrailles, quand même ce vaisseau. Elle frissonnait, comme parcouru d’un air glacé bien qu’il ne s’agissait là que de la peur de se retrouver à nouveau au centre d’un tout terrifiant. Incertaine, encore sur ses gardes, elle enleva doucement ses mains de ses oreilles de peur que la voix ne soit finalement pas que dans sa tête : mais dehors également.

Pourtant, il n’y avait que le bruit des machines.

Soudainement soulagée, elle soupire, tremblante encore. Que s’était-il passé ? Qu’avait-elle entendu ? Pourquoi ? Comment ? Des dizaines de questions s’entrechoquaient entre ses tempes, questions auxquelles elle n’avait pas de réponse. Evidemment. Elle passa une main hésitante sur son front, puis sur ses cheveux attachés, remettant une mèche de cheveux en place.

C’était terminé. Du moins, elle l’espérait.

Mais non. Non.

Elle se releva, haletante, une main sur la porte métallique, regardant autour d’elle alors que le bruit des machines devenait peu à peu rassurant. Comme si celui-ci comblait, en quelque sorte, celui d’une voix qui n’était pas la sienne. À peine debout, elle se crispa de douleur, pliée en deux.

« Ah… » se plaignit-elle.

Une douleur qui la frappait soudainement, généralisée, partout, d’un coup. Comme si elle venait de tomber, alors qu’elle était bien debout. L’était-elle ? Elle ouvrit immédiatement les yeux, titubante. Non, elle était bien debout. Ça recommençait. Elle serra des poings alors, la mâchoire crispée comme chacun de ses muscles.

Oh non.

Ses yeux se voilèrent de panique, nouvelle, différente. Habituelle. Que se passait-il maintenant ? Les voix n’étaient qu’un début ? Et ça, c’était quoi ? Elle était seule avec les machines, cette fois-ci ça ne pouvait venir que d’elle. Non ? Elle respirait soudainement plus vite, plus fort, plus intensément. Encore. Elle se crispa, non sans une plainte. Elle aurait dû rester avec Seth, oui. Voilà, c’était ça, elle aurait dû rester avec lui. La veille quand elle avait cru perdre pieds, c’était grâce à lui si elle ne s’était pas noyée entre les rafales. Non ? Agheera se retourna, déterminée à déverrouiller la porte. Mais encore. Cette fois elle tombe à genoux, vraiment à terre. Et l’impression de tomber, encore et encore par terre devient bien réelle. Les mains plaquées sur le sol, elle fixe le métal, terrifiée. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Qu’est-ce que c’était ? Agheera serre ses poings, le souffle court et s’aide de la porte à nouveau pour se relever. Le coeur battant.

Derrière elle, la porte s’ouvre.

« Seth ? » laissa-t-elle échapper, désemparée.

Il était là. Grand pour elle et pourtant si faible. Elle le voyait dans ses yeux, sur son visage. Et cette main qu’il utilisait pour se tenir debout et droit. Elle le sentait aussi, sans savoir comment. Sa fatigue, la sienne, comme liées. Elle cligne des yeux, désorientée. La douleur s’est estompée, mais le souvenir reste là. Avec celui de la voix.

« Je sais, Agheera, je sais… »

Sa voix lui semblait tout à coup étrange. Elle hésita un instant, perdue. La voix, la douleur, le sol, le souffle. Et puis lui maintenant. Les lèvres pincées, elle l’interrogea du regard, y chercha la lueur qui l’avait aidé la veille. Et comme s’il avait compris, il ouvrit ses bras.

Sans plus réfléchir, elle s’y engouffra.

Plus méfiante, plus sauvage mais rassurée et apaisée. C’était terminé, elle en était convaincue. Pour le moment peut-être, mais c’était suffisant alors tant qu’elle n’avait plus l’impression de devenir folle, de perdre pieds. De disparaître dans le néant.

« Alors ne deviens pas comme moi, avec mes colères et mes silences. Ne l'oublie pas, tu es merveilleuse.. »

Elle resserra un instant ses bras autour de lui, silencieuse, ne sachant que faire de ses paroles qui sonnaient sincères. Trop sincères. Et lui savait quoi faire des mots quand elle avait du mal avec eux. Avec autrui, avec le reste du monde. Tout ce qui comptait, c’était que tout était terminé.

« Comment ? » souffla-t-elle contre lui, le regard loin du sien.

Comment. Oui, comment. Comment avait-il su qu’elle était là. Qu’elle était perdue. Qu’elle avait besoin de lui. Qu’elle avait peur. Elle tourna la tête vers son visage, le questionnant du regard. Puis elle s’écarta, doucement, reprenant ses esprits. Calmée. La tête pleine de questions, quand même, pleine de souvenirs qui la hantent déjà. Dans ses yeux, elle y trouve un peu de néant, un peu de lumière. Un fin mélange qui l’intrigue et la fascine. Mais elle y trouve aussi la fatigue, une fatigue si grande qu’elle lui tombe dessus avec violence.

Qu’elle était bête.

Agheera s’approcha de lui, attrapa sa main, et l’entraîna dans le couloir. Elle n’avait pas réfléchi. Si elle était fatiguée, ce n’était rien en comparaison avec lui. C’était lui qui avait été en contact avec le monoxyde de carbone le plus longtemps, lui qui n’avait probablement rien mangé depuis le début de la journée. Lui qui avait perdu connaissance, lui qui avait parcouru le vaisseau pour elle.

« Tu dois manger. » dit-elle avec hâte. « Boire, et manger. » ajouta-t-elle.

Et elle l’emportait avec elle dans le couloir, préférant soudainement changer de sujet plutôt que penser à ce qu’il s’était passé. Car la seule pensée tournée vers le souffle, la voix ou la douleur lui procurait frissons et visions d’horreurs.



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Il lui ouvrit ses bras, et son ombre alors fut celle d'une croix.
Il lui ouvrit ses bras et, d'un regard, elle lui rendit sa foi.

Un cœur contre un autre, quelque part dans la galaxie des mondes se détruisaient, eux, pour un moment, ils s'en foutaient. Le chaos en marche déchirait leurs poitrines avec trop de force peut-être, et ils ne s'en relèveraient pas indemnes, mais qu'importe. Elle était là, son ombre dans la sienne, ses bras fins capables de le serrer avec toute la fureur du monde.
Sa main qu'il prit tout contre lui, l'homme, le vagabond, simplement avide de son contact. Alors il la vit, la simple écorchure. La même qu'il portait sur sa propre peau, qu'il cacha, serrant le poing un peu, alors même qu'Agheera lui échappait.
Elle voulut l'entraîner, la main dans la sienne, il failli la lâcher un peu. Elle ne le lui permit pas. Alors il vacilla, obligé de marcher malgré tout, il la suivit. Il commençait à comprendre. Des contes et des histoires, de quoi le faire trembler car de telles choses n'arrivaient que dans les récits les plus tragiques, n'est-ce pas ? Elle avait la Force, Seth le savait, elle s'en cachait pourtant et lui, lui.... Pourrait-on faire un jour un Jedi plus faible que celui qu'il était ?
Celui sans titre ni épée, alors pourquoi ? Pourquoi la Force les liait ainsi ?
Sentiments, la chair et le sang...
La jeune femme devant lui, sa nuque dégagée, lui tout prêt, et son souffle venait se perdre contre sa peau alors qu'il la suivait.
Ainsi qu'il l'avait déjà imaginé. Ainsi qu'elle l'avait déjà senti...

« Agheera... »

La cuisine, les placards avec les provisions qu'ils touchaient peu, préférant les barres de céréales au reste. Deux gamins qui n'osaient pas, malgré leurs masques d'adultes... Lentement, l'homme prit place sur une chaise. Il chercha comment lui dire d'arrêter, de le regarder simplement, de l'écouter. Il chercha mais les mots moururent dans sa gorge. Il aurait pu pleurer.
Ce qu'Agheera voulait, c'était lui faire plaisir. Parce qu'il avait faim, qu'il avait mal lorsque son seul désir à elle, c'était sa présence pour la serrer, pour la porter.
Penser l'un à l'autre, se protéger.
Il était grand, Seth, malgré cette chose terriblement enfantine en lui, malgré ses problèmes, son incapacité à se protéger. Il était grand, alors on le considérait comme tel, on ne l'aidait pas. On le laissait aider.
Pas elle.
Il était là, ce point obscur, celui qu'ils atteignaient ensembles , lorsque l'éternel donneur se devait soudain de recevoir. C'était aller au plus profond de soi, au plus profond d'eux, c'était comprendre un peu de leur propre fragilité, quelque chose d'éphémère et de mouvant, quelque chose d'effrayant surtout. Reconsidérer sa propre nature, celle de l'autre, comprendre que rien n'était gagné, que tout se perdait.
Lentement, il la fit venir à lui, reprenant ses mains dans les siennes, essayant d'accorder ses gestes à une idée de douceur, et la regardant droit dans les yeux surtout.

 « Ce...qui t'a fait fuir, ce qui t'a fait pleurer, c'est moi. »

Le cadavre d'une femme, un homme incapable d'aimer, lui, un cœur qui ne savait à qui appartenir. Un secret aussi, celui du feu, celui des regrets....Un secret qu'il avait voulu cacher, garder, et aujourd'hui il allait le dire à une femme refusant de l'entendre peut-être.

« J'étais un Jedi, avant....ou du moins j'essayais. Pas le genre capable de faire rêver, bien sûr, capable de se battre pour les grandes causes, mais... Bon dieu, j'essayais, c'est tout. Parce que si je n'étais pas comme les autres, j'avais la Force quand même, comme pour compenser.Alors c'est que je devais valoir quelque chose, non ? Même quelque chose de moins bien que les autres, tant pis.... »

Une tempête dont elle ne voulait pas, au bord du précipice, oh Agheera... Alors il la rapprocha de lui encore, caressant ses doigts un peu, comme ça, avec maladresse. Comme toujours.

« Je ne maîtrise rien de moi, jamais... Tu le sens n'est-ce pas ? Non je ne maîtrise rien....Et je suis cruel, cruel de n'avoir pensé à ce que je te faisais. Tu m'as entendu, pas vrai ? Les insultes, les colères.... Ce sont les miennes, et je ne devrais pas penser ainsi, non »

Il errait sans être perdu, roi dénué de royaume, guerrier sans épée, il possédait quelque chose pourtant, fragile comme un rêve, son rêve.
Il possédait la lumière d'u monde qu'il tenait là, devant lui, tout contre lui, et lorsqu'il la regarda alors, ce fut pour la voir comme illuminée de milliers de couchers de soleil.

 « Ma merveille, mon miracle.... »

Et lentement il embrassa les doigts fins et pâles. Contre ses lèvres, la petite écorchure semblait pulser faiblement.

 « Ce que tu ne comprends pas, c'est de ma faute....alors ne pleures plus, n'aies plus peur »

C'était la tenir, c'était l'empêcher de s'enfuir une nouvelle fois, une dernière fois. Qu'importe qu'Agheera ne veuille pas prendre conscience de certaines choses, oui qu'importe, car leurs rêves à tous s'écrasaient trop durement au sol. Il n'y avait plus d'étoiles dans le ciel, plus pour eux, qu'importe, il y en avait dans ses yeux...

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seth & agheera
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Elle savait que si jamais elle s’arrêtait, son dos serait bousculé par le buste de Seth. Elle le sentait derrière elle peiner à la suivre mais rester proche quand même, sa main dans la sienne. Entraîné de grès ou de force. Et sa peau était parcourue de frissons dès que le souffle du brun l’effleurait, sensation étrangement familière qui faisait écho à des démons qu’elle désirait pourtant encore cachés. Dans l’ombre. Au murmure de son nom, Agheera renforce sa poigne autour de sa main comme si par ce geste elle acquiesçait une promesse qu’ils ne prononçaient pas, jamais. Elle le guidait, hâtive, la perspective qu’il ne s’effondre encore la prenait à la gorge et elle restait silencieuse. Il avait été grand pour elle, mais à ses dépends. Et là maintenant, il avait besoin d’elle alors elle entrelace ses doigts avec les siens et le tire, l’entraine.

Derrière elle, Seth prend place sur une chaise tandis qu’Agheera fouille les placards à la recherche de quoi boire et manger. Pour deux. Elle s’octroie une pause aussi, finalement, la main droite peinte de sang séché qu’elle essuie un peu. Sa coupure toujours apparente, elle se pince les lèvres. Tant pis. Elle trouve de quoi manger, le pose sur la table et repart vers les placards mais Seth l’en empêche soudainement. Sa main attrape la sienne, électrique, et Agheera ne lutte pas quand il la tire vers lui. Au contraire, elle se retourne et croise son regard. Intense, toujours, mais étonnement doux comme ce geste qui l’attire à lui. Intriguée, elle se laisse faire ne sachant pas à quoi s’attendre. Elle s’avance, donc, jusqu’à ce qu’elle le surplombe. Lui assit, elle debout. Elle lie ses mains aux siennes, silencieuse, se nourrissant de ce contact qui change tout autour d’eux. Qui change l’air qu’elle respire, qui change l’atmosphère, qui transforme silence en bourdonnement. Elle est calme, première fois depuis des heures, depuis qu’elle s’était assoupie entre ses bras certainement. Agheera détourne le regard et le pose sur leurs mains emmêlées, les observe.

« Ce...qui t'a fait fuir, ce qui t'a fait pleurer, c'est moi. »

Elle fronce les sourcils, que veut-il dire par là ? Ses yeux retrouvent les siens alors qu’elle ne saisit pas ce qu’il tente de lui faire comprendre. Son coeur s’emballe, un peu.

« Tu dis n’importe quoi… » dit-elle doucement, faisant retomber ses yeux vers leurs mains.

Et pourquoi son attention était-elle tant attirée par leurs mains liées, par ce contact étrange bien plus profond que sa peau contre la sienne ? Elle serra les mâchoires imperceptiblement, décidant que tout ça n’existait pas, que ce n’était que leurs mains l’une dans l’autre. Point. Mais Seth n’était pas de cet avis.

« J'étais un Jedi, avant....ou du moins j'essayais. Pas le genre capable de faire rêver, bien sûr, capable de se battre pour les grandes causes, mais... Bon dieu, j'essayais, c'est tout. Parce que si je n'étais pas comme les autres, j'avais la Force quand même, comme pour compenser.Alors c'est que je devais valoir quelque chose, non ? Même quelque chose de moins bien que les autres, tant pis.... »

Son souffle se coupa, sans même qu’elle ne s’en rende compte. Et son coeur lui, semblait vouloir s’échapper. Elle remonta ses yeux vers Seth, désemparée, et s’en était presque si ses lèvres ne s’étaient pas déliées, bouche entre-ouverte. Les Jedi… La Force… Que disait-il, que voulait-il qu’elle dise aussi. Elle cligna des yeux, les sourcils froncés alors qu’elle inspirait soudainement, haletante.

N’importe quoi, il disait n’importe quoi.

Ses parents lui en avaient parlé toute son enfance, mais ces gens là, ces jedi, ils n’existaient pas. Mythes, histoires d’un soir qu’on raconte autour du feu pour émerveiller les plus jeunes, en effrayer d’autres. Mais ils n’existaient pas, et c’était bien mieux comme ça. Elle connaissait leurs pouvoirs, leurs histoires. Elle en avait fait autant des cauchemars que des rêves. Et lui se disait en être. Si elle avait été calme auparavant, ces révélations venaient de délivrer démons et tempêtes. Et l’air déjà chargé d’électricité s’alourdissait plus encore. Et le bourdonnement se changeait en orage, tout comme l’atmosphère autour d’eux qui était bien loin de celle qu’ils avaient partagés. Elle le regardait, perdue, effrayée aussi et recula d’un pas, voulant retirer ses mains des siennes. Car sa peau soudainement n’était plus qu’électrique, mais elle était brûlante. Et elle sentait qu’elle manquait d’air, qu’elle se perdait, qu’elle se noyait.

Il la tira plus encore vers lui, alors qu’elle avait reculé et cette fois-ci, elle ne se laissait pas faire. Et elle lutta un peu mais qui était-elle face à Seth ? Même à bout, ses bras réussissaient à la tirer vers lui. Crispée, tendue. Elle continuait à le fixer du regard et ne broncha pas lorsque ses doigts effleurèrent les siens dans le but, certainement, de la rassurer.

« Je ne maîtrise rien de moi, jamais... Tu le sens n'est-ce pas ? Non je ne maîtrise rien....Et je suis cruel, cruel de n'avoir pensé à ce que je te faisais. Tu m'as entendu, pas vrai ? Les insultes, les colères.... Ce sont les miennes, et je ne devrais pas penser ainsi, non »

Qu’elle sente quoi ? Le sol se dérober sous ses pieds ? L’air la prendre à la gorge ? Le tonnerre gronder dans sa poitrine ? Si elle l’avait entendu… Pas lui, une voix oui mais pas lui. Ce n’était pas possible, ce n’était pas normal. Elle tenta de se défaire de sa prise encore, mais il l’en empêcha.

« Ma merveille, mon miracle.... »

Ses mots la détendirent un peu, à peine. Presque pas finalement. Mais ils étaient bien là et si elle les oubliait maintenant, elle ne les oublierait pas plus tard. Quand il ne serait plus là pour la serrer de ses mains tremblantes. Elle essaya de s’enfuir, encore, mais il la tira vers elle. Apportant ses doigts vers ses lèvres comme il l’avait fait la veille, il y déposa un baiser et Agheera serra sa main. Parce qu’au milieu de la tempête, c’était à lui qu’elle s’accrochait, toujours et elle avait autant envie de fuir que de s’agripper à ses épaules.

« Ce que tu ne comprends pas, c'est de ma faute....alors ne pleures plus, n'aies plus peur »

Du bout du pouce, elle caressa le dos de la main de Seth, pensive. Oppressée aussi, par tout ce qu’il disait et qu’elle n’acceptait pas. Ne comprenait pas. Était-il autant fatigué au point de se perdre lui aussi dans ses paroles et ses pensées ?

«  Seth… » souffla-t-elle, alors qu’elle ne luttait plus pour s’échapper.

Les yeux un peu humides, le souffle court, le coeur battant. Et pour une fois, elle ne recula pas et s’approcha jusqu’à ce que ses jambes ne se cognent à la chaise sur laquelle il s’était assis, encadrée de part et d’autres de celles de Seth. Elle apposa doucement la main qu’il avait embrassé sur sa joue, caressant de son pouce sa pommette. Son regard était plus doux, mais au fond persistait l’angoisse de ne savoir où s’accrocher pour éviter de se perdre entre le vagues et les rafales.

« Je n’ai pas peur… » dit-elle simplement. « Tu n’as rien fait de mal. »

Elle fit descendre dans un seul geste affectueux sa main le long de son cou pour la poser sur son épaule, puis la glissa jusque vers son coeur. Elle s’était tue, son regard filant de ses yeux vers sa main sur son buste. Là, elle sentait son coeur battre et le sien s’y relier, s’y calmer. Elle se pinça les lèvres, incertaine. Beaucoup de choses se passaient et elle n’avait aucune idée de quelle manière elle devait réagir. Seth lui avait dit des choses qu’elle ne saisissait pas, qui la déstabilisaient. Et il l’avait empêché de fuir jusqu’à ce qu’elle finisse par se calmer. Que devait-elle dire ? Le remercier ?

« Tu devrais te reposer, tu sais. » hésita-t-elle « Tu en as besoin. »

Elle passa sa main libre dans la nuque du brun et la laissa là, un instant. Réalisant la proximité qu’ils avaient installés l’un et l’autre à laquelle elle n’était pas habituée. Et qui pourtant semblait naturelle. Et qui pourtant elle appréciait, elle désirait. Phénomène étrange qui la troublait. Nouveauté.



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Elle fuirait toujours, n'est-ce pas ? Cela faisait parti d'eux, de tous les deux, et Seth le comprenait enfin. Il souriait, refusant de la lâcher pourtant, refusant... Parce qu'il ne devait en être ainsi, que loin l'un de l'autre, ils se blessaient, ils se mouraient.
L'un de l'autre... Et 'homme dû dompter ses pensées encore une fois, que les mots ne viennent pas trop vites, ne viennent pas trop fort : elle avait peur, elle ne voulait pas.
Alors elle déchira son ombre pourtant, comme cela, d'un simple mouvement de main, et Seth y sentit l'odeur du cuivre, l'odeur du sang. Il la regarda, les yeux dans les yeux, c'était une apocalypse, une souffrance un peu. Et les mots qu'il avait prononcé, les mots qu'il n'avait pas simplement pensé, elle les avait accueilli alors car tout était dit ou presque.
Et que soient tués les faux dieux, trop tôt nés de leurs sombres yeux....
Il ne leva pas les bras, immobile, statue de roi endormi presque alors, et ses doigts à elle chantaient le vent du printemps contre les dunes de sa peau, ils couraient, ils y couraient, bien plus légers que leurs souffles à tous les deux. Jusqu'à atteindre le bruit de son cœur à lui, jusqu'à s'enfoncer dans sa nuque comme les racines de fleurs à venir. Et quelque chose n'allait pas, elle debout, lui assis, il repensa aux masques, à leurs souffles ne pouvant se toucher, front contre front à défaut de peau contre peau.

Lèvres...

Et que disait-elle soudain, Agheera, le prenait-elle pour un fou encore plus qu'il n'était vraiment ? L'homme osa sourire, assez pour lui déchirer l'âme un peu. La Force, les jedis, des contes pour enfants mais pas que. Non ils n'étaient pas les sauveurs annoncés comme dans tant d'histoires, et oui ils mouraient beaucoup, oui ils s'égaraient souvent.
Cela existait, c'était les battements de son cœur, celui qu'elle écoutant, c'était les flammes dans ses yeux lorsqu'il regardait le monde comme pour y lever le poing. C'était le cri de ses lèvres, celui du désarmé... la Force.
Il ne chercha pas à la contredire, et tant pis pour la honte, tant pis pou la folie. Comme si on pouvait réellement prendre au sérieux quoi que ce soit de lui... Alors il ferma les yeux, acquiesçant un peu. Dans sa main, le souvenir d'un sabre, et il se revoyait encore tellement, s'obligeant à ne pas trembler pour ses leçons, s'obligeant à comprendre lorsque les explications ne pouvaient convenir à son corps handicapé. Et réussissant surtout, réussissant un peu, alors où était le sabre, où était l'épée ? Il se voyait, il s'oubliait....

Elle ne reculait pas, elle ne bougeait pas, une main à son cœur, l'autre à sa nuque, comme si rien ne pourrait les séparer désormais. Alors Seth rouvrit les yeux et se leva, l'emprisonnant elle dans sa silhouette, dans sa carrure.
Son ombre.

Ce fut sans douceur qu'il l'embrassa, lèvres contre lèvres, simplement sa bouche, simplement son envie, il n'y avait pas de tendresse, juste une tragédie. Alors Agheera pouvait bien se défendre, fuir encore, fuir aussi, qu'importe. Elle était ainsi, elle le resterait, crucifiée à sa propre nature tout comme Seth l'était.
Ils auraient pu pleurer, peut-être, parce que rien ne dompterait les tempêtes désormais, parce qu'elle s'accrochait à son cœur meurtri lorsque lui effleurait à peine le simple frisson de ses hanches. Il ne pouvait pas. La tenir. La retenir. Il ne pouvait pas. Pas encore, pas tout de suite, peut-être jamais aussi... comme si la distance serait tout ce qui les sauvait finalement. Des mots, des pensées pour voler à travers l'espace et le temps, et le sang parfois, la peur aussi, mais sinon ? Avaient-ils droit à autre chose de la vie ?

Et il l'embrassait encore, il l'embrassait toujours, alors cela avait un goût étrange :celui des dernières fois. Il y avait ses griffes plantées dans sa nuque, le détestait-elle ?
Lentement, l'homme se détacha, les yeux sombres, tellement sombres de ne savir comment aimer, mais capables d'aimer quand même, de l'aimer elle.

 « J'ai pris ce dont j'avais besoin en repos.... »

Une voix trop calme, une voix trop douce, avaient-ils le temps pour cela, l'espoir ? Alors qu'elle le prenait pour un fou, alors qu'elle était l'oiseau qu'il ne pouvait rattraper. De la tristesse à nouveau dans ses yeux à lui, tristesse de ne pouvoir être celui qu'il désirait, et l'inutilité propre de son existence était une douleur de plus, une doueur de trop.
Pendant que d'autres se battaient, Seth, lui, se mourrait d'un monde trop cruel.

 « Et je n'ai besoin de rien d'autre que toi »

Comprendrait-elle, Agheera ? Car il avait veillé sur son sommeil, car il y avait ces blessures qu'ils se partageaient, car elle était sa douleur, son trésor, sa merveille...
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MessageSujet: Re: [Espace] -Each man is a little war - Agheera   31/3/2016, 02:12


Dernière édition par Agheera Lothbrok le 31/3/2016, 20:46, édité 1 fois


seth & agheera
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Elle observait son visage silencieusement, parce qu’il avait les yeux fermés et que soudain il semblait calme et serein. Sans la peine qu’elle lui connaissait, sans voile obscur, sans détresse. De ses yeux, elle en dessinait les courbes franches. Et les vallées et les montagnes. Oubliant un peu sa main contre son coeur qui battait fort, plus que le sien dont elle n’entendait plus les battements ne les distinguant plus de ceux de Seth. Unis. Et si la tempête grondait avant, elle en décelait la mélodie maintenant. Petite et faible, à peine réveillait mais présente tout de même. Elle le regarda encore un peu, s’attendant quelque part à une réponse. Un oui, un non, quelque chose. À un geste peut-être, une main sur la sienne, une main dans le creux de son dos. Quelque chose.

Mais pas ça.

Pas qu’il se lève, soudainement et qu’à nouveau il ne la serre dans ses bras. Sans douceur mais comme il était : brutal, fiévreux. Elle veut reculer d’un pas, surprise, mais ses bras l’en empêchent encore. Ils glissent dans son dos accompagnés d’un frisson. Ils la tirent vers lui. Surtout. Plus proche, toujours plus. Et quand elle lève les yeux vers lui à la quête d’une explication, ce n’est que pour qu’il l’embrasse là encore comme l’enfant malade qu’il était. Bouillant. D’abord, elle tenta d’y mettre fin. Surprise, elle voulait fuir comme elle le faisait toujours. Elle avait levé ses mains, prête à le repousser. À le frapper peut-être aussi, car pour qui se prenait-il à déclarer ses lèvres siennes. À la posséder toute entière quand même elle n’y arrivait pas. Pour qui se prenait-il pour la pousser au milieu du vent et des torrents. Pour changer l’air en foudre, en tonnerre. Pour la changer elle aussi. Un peu.

Et puis son instinct en décida autrement.

Furtif, il s’était tracé son propre chemin entre la tempête, entre les vagues. Ou peut-être y puisait-il sa force ? Il avait toujours été là, il l’avait toujours guidé, toujours mise sur le chemin à suivre. Jamais elle ne s’était perdue, jamais elle n’avait regretté l’avoir suivi. Et le voilà à nouveau, souffle chaud sur les braises qui en ravive les flammes. Flammes qui l’entourent, plus encore qu’elle n’en avait l’habitude. Alors doucement, elle repose ses mains sur sa nuque et trouve le courage de le tirer à elle. Fébrile, brûlante. Entre hésitation et passion. Elle s’abandonne à son instinct et l’embrasse à son tour, aussi vive que le métal brûlant sous un soleil de plomb. Elle presse ses mains sur sa peau électrique, avide, et se pare d’un équilibre bancal entre douceur et fièvre. Entière, enfin, elle qui n'avait été que moitié toute sa vie.

Et autour d’eux, elle a l’impression que le monde s’écroule.

Que le sol à défaut de se dérober sous ses pieds ne les retienne que par chance. Que tout s’agite, que tout frissonne. Mobilier comme objet. Elle a l’impression que l’air l’écrase aussi, l’oppresse, et qu’il n’y a que lui pour l’empêcher de flancher. Son coeur s’emballe, son souffle aussi. Et ses doigts peu à peu se plantent dans la nuque de Seth à mesure qu’elle perd pieds, qu’elle se perd. Elle s’agrippe et s’accroche à ce qui semble être le seul point stable dans un univers de tempêtes et d’ouragans.

Mais elle fronce des sourcils.

Que fait-elle ? Que fait-il ? Que font-ils ? Sa prise faiblit, un peu. Elle doute alors maintenant quand le mal est déjà fait. Ils ne devraient pas. Pourquoi le fait-elle alors. En a-t-elle envie, ou n’était-ce qu’un geste dénué de sens au milieu de la galaxie qui se veut menaçante plus le temps passe. Sa prise faiblit, beaucoup. Et lui alors, qui est-il pour s’emparer d’elle comme ça. Et que veut-il au fond, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça, pourquoi tout simplement. Sa prise faiblit, irrémédiablement. C’est trop tôt. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment. Ses doigts glissent alors, s’échappent de la peau de Seth qui pourtant l’appelle. Est-ce seulement la bonne personne ? Son coeur se serre.

Il s’écarte, enfin.

« J'ai pris ce dont j'avais besoin en repos.... »

Et elle fait de même, le souffle coupé, rabattant sa main vers ses lèvres dont elle frôle la peau du bout des doigts. Qu’avaient-ils fait ? Elle recule d’un pas, cette fois rien ne l’en empêche et elle respire enfin. La tempête dans son coeur, comme dehors. Les oreilles bourdonnantes, les tempes qui tambourinent.

« Et je n'ai besoin de rien d'autre que toi »

Agheera n’ose même plus le regarder, le souvenir de ses lèvres contre les siennes la hante déjà tout comme celui de ses mains sur sa peau. Elle reste muette, incapable de dire quoi que ce soit. Stupéfaite quant à ses propres actions. Elle avait voulu le repousser oui, mais elle n’en avait pas trouvé la force. Et il y avait cet instinct, profond, puissant, qui lui dictait l’inverse. Qui la sommait d’abdiquer enfin et d’arrêter de luter contre vents et marées. Contre lui et contre eux aussi peut-être.

« Je... » essaya-t-elle de dire alors, dans un murmure.

Mais elle ne savait pas quoi dire. Devait-elle s’excuser ? Pourquoi le devrait-elle. Devait-elle s’expliquer ? À quoi bon chercher des mots sur quelque chose qu’elle ne saisissait pas. Et qu’avait-elle fait de mal pour qu’elle s’excuse, pour qu’elle s’explique ? Qu’avait-elle fait de bien.

« Qu’est-ce que je fais… » se demanda-t-elle, presque inaudible.

Que faisait-elle là, perdue parmi les étoiles à s’abandonner à cette ombre. À lui, à Seth. Elle recula d’un pas encore, perdue. Elle était entrain de fuir, de filer entre ses doigts comme le sable qui la constituait toute entière. Agheera fronça des sourcils encore. Ils ne devraient pas, non. Pourquoi le devraient-ils ? Et pourquoi pas ? Alors enfin, elle releva les yeux vers lui.

Ils étaient sombre.

Ils étaient tristes aussi, comme les siens perdus. Et elle cherchait encore en eux une réponse aux questions qu’elle n’osait pas poser. Pas même à elle-même. Elle y cherchait une lumière, une flamme même minuscule.

« Je devrais y aller… » finit-elle par conclure.

Le voulait-elle vraiment ? Elle baissa les yeux, prête à partir. À fuir encore, nuage de fumée qu’on attrape jamais vraiment. Mirage, peut-être.




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Et tout en l'embrassant, il lui donnait sa vie à nouveau, et ses lèvres étaient un incendie, douces, brûlantes. Elle l'embrassa en retour, ils étaient maladroits tous les deux bien sûr, chacun à leur façon, avec des cœurs qui ne savaient plus trop comment battre vraiment. Parce qu'il y avait des choses à donner, des choses à prendre, parce qu'il y avait eux, simplement, dans l'immensité de l'espace et rien d'autre, sans même le ciel pour les regarder, sans même le ciel pour les cacher.
Portant, ils durent bien se faire face à nouveau, et avant même qu'elle ne parle, Seth sut. Il l'écouta un peu, elle, ses doutes, ses regrets.
Son regret, embrasser, l'embrasser. Il ne pouvait rien répondre à cela bien sûr, à la peur, au remord. Une main qui quittait la sienne, cela était injuste, cela était cruel pour tus les deux. Parce qu'on leur avait appris à courir toujours plus vite, toujours plus loin sous les étoiles sans jamais s'arrêter, alors il ne pouvait y avoir de repos.
Courir plus vite que le cœur, courir plus vite que le chagrin, et Seth trébuchait tandis qu'Agheera s'élançait, il ne pouvait la rattraper évidemment, il ne le pourrait jamais. Sous les étoiles. Ses yeux étaient sombres, une vérité, ils le resteraient toujours, homme fait de ténèbres, homme acceptant de les combattre également, au prix de sa propre douleur.

 « Pardonne-moi... »

Dans sa poitrine, le chien hurla car il n'avait plus de cœur à dévorer désormais. Seth se renfrognait, se renfermait, se protégeait. Parce qu''il ne savait pas fuir, pas comme il fallait lui qui peinait déjà à bouger. Pas de haine pourtant, il comprenait, comment pouvait-on l'aimer lorsque lui-même se détestait ? Et qu'importe, elle voulait partir alors elle partirait. Il l'avait blessé, il l'avait trompé, ce qu'elle avait espéré de lui, il ne semblait pas capable de lui donner. Imbécile...
Il n'y avait plus les dunes, il n'y avait plus que le froid et la glace, que le chagrin aussi, celui qu'il portait, exprimait parfois, cachait souvent. Un autre homme l'aurait pris dans ses bras, elle, la jeune fille des sables, un autre homme aurait trouvé les mots, les réconforts, lui n'était pas un homme, juste une bête sauvage qui reculait, qui s'effondrait.
Et il y avait tant de douceur en elle, parce qu'il se souvenait de la chaleur de sa main, parce qu'il se souvenait du poids de son cœur, il y avait tant de douceur et de lumière. Oui bien sûr, elle ne méritait que le meilleur...

« Mange quand même quelque chose, bois un verre d'eau.... toi aussi tu en as besoin. S'il te plait. »

Il était assis à nouveau et son grand corps maladroit semblait à peine savoir comment se placer sur la chaise. Il pensa à ses rêves de puissance, une puissance qu'il n'atteindrait jamais. On craignait l'amour et la passion, chez les jedis, mais Seth était par trop habitué aux déceptions pour que la haine devienne trop forte, trop violente. Non, elle restait en lui, contre lui, et cela était bien ainsi, le gardant à la frontière de bien des mondes. Oui, cela était bien....
Agheera... Il tourna la tête pour la regarder à nouveau, elle, ses lèvres rouges, ses yeux brillants soudains. Alors il voulu se mettre à genoux, lui jurer qu'il ne lui ferait aucun mal car cela était vrai, car il l'aimait, mais les mots se coinçaient dans sa gorge pourtant, et son corps qui ne bougeait pas....
Elle ne lui appartenait pas, elle ne lui appartiendrait jamais mais depuis leur première rencontre peut-être, il était sien.

Ses mains tremblèrent un peu, quelque chose comme un spasme plutôt qu'un frisson, son corps fatigué implorant la pitié. Il restait tendu pourtant, Seth, prêt à obéir si la jeune femme lui demandait de partir. Alors il serra les poings un peu, essayant de maîtriser ce corps en miettes qu'il possédait, essayant de rester fort, d'en donner l'illusion. Et il avait des choses à dire pourtant, alors pourquoi rien ne venait, c'était comme un sanglot, c'était comme une autre frisson. Il pensa aux règles et aux codes, à tout ce qu'il avait appris, à tout ce qui avait disparu, aux contes et aux légendes aussi. Il y pensa fort, il y pensa trop, assez pour finalement taper du poing contre la table, assez pour tout envoyer au diable, debout à nouveau.
Tout envoyer au diable et la serrer elle, la serrer fort puisqu'elle était son cœur, puisqu'elle était sa vie.

 « Ne pars pas, ne fuis plus... Ce n'est pas ta faute, ça n'a JAMAIS été de ta faute....Jamais... »

Et il la berçait bien sûr, faisant hurler au martyr ses muscles fatigués, parce qu'il pensait trop vite, qu'il pensait trop fort, et sa tendresse était un cheval en furie d'écumes et de folie. Il acceptait la peur, celle d'Agheera, il l'acceptait, la chérissait aussi pour qu'il n'en reste plus rien qu'une envie plutôt que des regrets, et son pauvre cœur à elle il l'entendait, il l'entendait battre oui là, tout contre son torse à lui car il ne la lâchait pas, car il ne la lâchait plus.

 « Tu n'as pas à faire ça, te cacher, pas toi. S'il te plait.... Tu es noble, Agheera, comprends-le »

Elle était noble, il était grand, et les autres mots qui lui brûlaient les lèvres, il les taisait, s'interdisait d'y penser surtout, ne voulant sa fureur, ne voulant ses cauchemars à nouveau, celle d'une gamine se découvrant différente sans qu'il n'y ait jamais le moindre remède.

 « Et je suis à ton service, tu ordonnes et j'obéis... »

Il glissait, il chutait, à genoux devant elle, à genoux toujours, et dans ses yeux de la tendrese bien sûr, parce qu'il la regardait, et une poésie douce et amère, celle des derniers vers d'une tragédie. Parce qu'elle ne voulait pas de lui après tout, et que la solitude était un mot qu'il abhorrait, pourtant il l'acceptait, souriant un peu, soumis, presque noble du moins il l'espérait. Lui qui était presque tout plutôt qu'un tout entier....

Tu mérites mieux, tellement mieux...
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« Pardonne-moi... »

Pourquoi ?

Elle n’osait pas le regarder, de peur de croiser ses yeux corbeau encore. Et de s’y perdre, toujours, de s’y trouver aussi. Telle qu’elle était, telle qu’il la voyait, toute entière ou à moitié, qu’importe. Et il voulait s’excuser, mais pourquoi au juste. Devait-elle lui en vouloir au point de devoir le pardonner ?

Est-ce qu’elle lui en voulait ?

Les yeux baissés, elle réfléchissait et ses mains s’agitaient à nouveau de part et d’autre de ses hanches. Elle aurait pût le repousser, se débattre, s’en prendre à lui aussi. Mais elle ne l’avait pas fait, non. Elle avait fait tout le contraire. Elle était devenue sienne l’espace de quelques secondes, et lui, était devenu sien. Il avait beau être loin, elle sentait encore ses mains sur elle, ses lèvres. Comme s’il avait finit par la marquer un peu, que ce soit par ses lèvres ou par le fer. Elle se pinça les lèvres, perdue. Ne sachant quoi penser, quoi ressentir si ce n’est cette boule au ventre. Envie, désir, vide ou absence, elle ne savait pas. Amour ? Non, pas déjà, pas si tôt. Pas… et pourtant.

Il y avait quelque chose qui la poussait vers lui.

« Mange quand même quelque chose, bois un verre d'eau.... toi aussi tu en as besoin. S'il te plait. »

À peine finit-il sa phrase qu’elle lui répondit, presque du tac au tac.

« Je vais bien. » peut-être un peu trop vite, elle regrettait déjà.

Finalement, elle le regarda s’asseoir. Il était maladroit, perdu aussi un peu. Blessé surement. Elle se sentait coupable tout à coup, comme si finalement elle n’aurait pas du reculer, comme si finalement elle aurait dû rester là. Dans ses bras. Elle se pinça les lèvres, profitant qu’il ne la regarde pas pour l’observer alors qu’il semblait sombrer dans ses propres pensées. Et elle, plus que se sentir coupable, plus que regretter, elle se sentait fatiguée. Bien loin de son « je vais bien », la tête qui tourne, le ventre qui creuse, les mains qui tremblent. Elle ferma les yeux alors, elle voulait s’allonger. Quand elle les ouvrit, ce ne fut que pour rencontrer les siens. Froids, sombres. Est-ce qu’il lui en voulait lui ? Si d’autres auraient détournés le regard, elle le soutenu mais pour quelques secondes seulement. Suffisamment pour y voir le combat qui s’y déroulait. Agheera soupira, puis se retourna dans l’idée de se diriger vers quartiers, d’y dormir un peu. Quelques minutes, quelques heures, qu’importe. Elle était fatiguée, elle avait beaucoup fait ces dernières heures et le manque de nourriture n’aidait certainement pas.

Elle sursauta.

Parce qu’il avait tapé du poing sur la table sans qu’elle s’y attende. En colère, désemparé peut-être. À cause…. à cause d’elle ? Alors Agheera se retourna, surprise, le regard qui interrogeait Seth qui ne la regardait plus alors qu’il se levait. Qu’il s’approchait d’elle à nouveau. Agheera refréna l’envie de reculer, luttant contre sa propre peur. Celle d’avoir trouvé sa place, celle de ne plus jamais être seule. Et plus il approchait, plus il était grand. Avant qu’elle ne puisse faire quelque chose, il la serrait déjà dans ses bras.

« Ne pars pas, ne fuis plus... Ce n'est pas ta faute, ça n’a jamais été de ta faute....Jamais… »  

Au début, elle ne fit rien. Figée, par l’anxiété, par la culpabilité. Par la sensation de retrouver ses bras quand la dernière fois qu’il l’avait tenu de cette manière cela n’avait été que pour emprisonner ses lèvres des siennes. Un frisson la parcouru alors, et doucement elle l’entourait de ses propres mains. Hésitante, les faisant glisser dans son dos alors qu’elle posait sa tête contre son torse. Muette. Elle ne savait pas quoi dire, parce qu’elle n’avait aucune idée de se qu’il se passait. Dehors d’abord, autour. L’air qui lui manquait, le sentiment de n’être finalement pas que dans ce vaisseau. Chez elle aussi, son coeur qui se serrait, la chaleur qui la prenait à la gorge. Et puis il y avait eux. Qu’étaient-ils l’un pour l’autre.

« Tu n'as pas à faire ça, te cacher, pas toi. S'il te plait.... Tu es noble, Agheera, comprends-le »

Pour seule réponse, elle le serra plus fort. Le souffle court. Se cacher, elle avait passé sa vie à le faire. Ses parents avant elle, et ça elle ne l’avait découvert que depuis peu. Elle s’était cachée des autres, parce que c’était la seule chose à faire sur Qi Lozar. Et voilà que lui, il lui demander de se montrer. Mais lui montrer quoi ? Elle n’en savait rien. Il était différent et si elle était noble alors qu’était-il lui ? Il l’était plus encore.

« Et je suis à ton service, tu ordonnes et j'obéis... »

Elle voulait lui répondre maintenant, mais il lui glissait soudainement des bras pour s’agenouiller au sol. Las, épuisé certainement. Et malgré sa grandeur il était faible, trop faible. Agheera le suivit immédiatement au sol, urgente. Ses mains qui venaient trouver, encore, son visage tandis qu’il tentait un sourire. Presque triste. Son visage près du sien alors, leurs fronts collés, leurs lèvres tremblantes séparées par un souffle à peine.

« Mais si je suis noble alors qu’est-ce que tu es, toi ? » souffla-t-elle, tremblante.

Son corps lui faisait mal et il n’y avait que ses mains pour la tenir. Il était celui sans lequel elle serait à terre. Toujours.

« Que suis-je censée dire… » elle murmurait, si proche. « Je ne sais pas. » qu’elle répétait encore dans un souffle, les yeux fermés. «  Je ne sais pas. »

Et ils étaient proches, et elle avait peur. Pas de lui, non, jamais. Du reste, toujours du reste. Elle fronçait les sourcils encore, elle ne savait pas quoi faire, quoi dire. Il n’y avait plus que les gestes qui comptaient de toute façon, il n’y avait qu’eux pour montrer ce qu’elle ressentait. Mais là était le problème car tout se bousculait soudainement. Elle, lui, eux, sa réalité, ce qu’elle pensait être juste. Être bien. Et même son coeur ne lui répondait plus à elle, mais à lui.

« Je ne sais pas. », un dernier, petit. Un grain de sable.

Doucement, elle fit glisser son visage à sa droite. Effleurant ses lèvres des siennes, peut-être consciemment, peut-être sans le vouloir. Pas un baiser mais une caresse alors qu’elle venait poser sa tête sur son épaule. Et ses mains couraient jusqu’à son dos, y aggripaient le tissu.

« Mais si je sais une chose, c’est que j’ai besoin de toi. »
sa voix presque enveloppée par le creux de son épaule. « Et je ne sais pas pourquoi, ni comment. »

« Mais je le sais. »

Elle soupira, son souffle venant mourir sur le cou de Seth alors qu’elle ouvrait enfin les yeux.

« Il y a beaucoup de choses que je ne sais pas. »
avoua-t-elle, le regard perdu. «  Ça me fait peur. » Avant même qu’il n’y trouva à redire, elle continua. «  Mais je n’ai pas peur de toi… pas de ça. »

Elle marqua une pause, longue et pénible. Durant laquelle elle tendit l’oreille à la recherche du bourdonnement qui tantôt la terrifiait, tantôt la rassurait. Avant de briser le silence qu’elle avait imposé et qui avait seulement été interrompu par les battements de son coeur qu’elle entendait entre ses tempes tant il s’entêtait à se faire entendre de tous.

« J’ai juste besoin… » elle hésitait, ne trouvait pas les mots, ceux qui étaient justes. « d’aide, de temps aussi peut-être… je ne sais pas. » De toi ?




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Ne plus bouger, s'arrêter, immobile enfin, immobile jamais. Il ne pouvait pas, Seth, non il ne pouvait pas.... Sa malédiction peut-être, et l'homme n'avait jamais assez de temps pour affronter son reflet désabusé, pour comprendre. Comprendre que cela n'irait jamais, lui qui ne faisait que tomber. Agheera s'accrocha à lui, les doigts perdus dans un mensonge, il avait la gorge sèche, il n'y arrivait pas. Il ne regardait qu'elle, pourtant, car elle l'empêchait de regarder en lui-même....
Un poids conte lui, un poids à accepter, et il la portait presque bien sûr, alors que la jeune femme s'abandonnait, la tête sur son épaule. De vagues brûlures dans les muscles, les tendons, pourtant chacun de ses bras lui apparaissait comme inconnu, et un autre que lui aurait mieu su occuper ce corps qui était le sien, qu'il musclait bien sûr, mais pour des combats qu'il ne pouvait mener.
Une comédie de plus, jamais rien en lui ne serait vérité.
De quoi avait-elle eu peur, Agheera, qu'aurait-il à remodeler, à cacher pour ne plus ainsi la sentir trembler ?

 « Pourquoi vouloir tout savoir ? Nous sommes imparfaits de nature, certains plus d'autres, et nous le resteront. Il y a juste à faire au mieux dans le temps qui nous est imparti, composer entre intelligence et instinct, et ce que le cœur ou l'esprit ne comprend pas, d'autres que nous le comprendront peut-être alors, c'est tout...

On pouvait rire et pleurer tout à la fois avec une phrase pareille, et Seth y mettait toute la vacuité de la vie, toute la beauté aussi. Lui incapable de vivre vraiment, les yeux toujours tournés vers autre chose, l'inconnu, l'insondable, ce qu'il désignait comme un rêve, ce qui était autre chose peut-être, que même la Force ne pouvait décrire. Car ce n'était point là visions de passés ou de futurs, encore moins un présent incapable d'être vécu, c'était autre chose voilà tout. Les ténèbres et la lumière aussi bien sûr, la folie peut-être aussi, celle d'un gamin obligé de grandir trop vite, d'abandonner toute idée d'enfance pour survivre dans un monde où il était inadapté pourtant. Où il le resterait. La honte de sa famille, les yeux de sa mère, les coups de son père, pas toujours bien sûr, mais quelque fois. Parce quil les prenait moins bien que ses autres frères, voilà pourquoi il sen souvenait... Et le rêve était là, grand, insondable, la tempête semblait s'y précipiter, les laissant tous deux sur le bord. Souffle contre souffle, presque en paix, presque....

 « La peur.... »

Les longues nuits d'insomnies, à imaginer un chien sauvage pour mieux rationaliser, et le chien était famélique, efflanqué, il hurlait, il hurlerait toujours, qu'importe car Seth le voyait, le comprenait aussi bien que l'on pouvait comprendre un chien. Ainsi l'animal devenait l'incarnation des moindres peurs qu'il enfermait en lui, et de temps en temps il l'attachait, de temps en temps il le muselait, incapable de faire autre chose. Il se rappelait les leçons de méditation bien sûr, celles de Luke, celles qu'il appliquait pour que vienne le calme, que vienne la paix. Car la tempête ne pouvait toujours souffler, car un oiseau ne pouvait toujours voler....

 « Nomme-la, regarde-la dans les yeux, alors elle te transpercera jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Plus rien que toi....Et là peur ne sera plus »

Le chien gronda un peu alors, et après tout pourquoi pas ? Nul ne pouvait vivre sans peur, alors il suffisait simplement de lui trouver un autre nom voilà tout. Alors peut-être que ses mots étaient froids, peut-être que son corps aussi soudain alors qu'il serrait Agheera contre lui, parce que Seth, homme brisé depuis le propre jour de sa naissance, se réfugiait alors dans la froideur de l'intellect.
On ne lui avait pas appris les sentiments, pas vraiment, parce que la haine n'en faisait pas partie, il refusait de l'admettre, mais on lui avait montré le savoir, on lui avait montré la Force.
Et parce qu'il ne connaissait rien d'autre, il faisait sien le cœur de la jeune femme entre ses bras, essayant de prodiguer toute la tendresse qu'à lui on n'avait jamais donné.
Parce que cela avait toujours été ainsi, son chemin vers la lumière, donner aux autres ce qu'on lui refusait. Alors il repensa à Ash évidemment, qu'il avait voulu aider, et seule la violence fut sa réponse. Parce que la solitude, Seth ne voulait pas laisser les autres s'y noyer. Ils s'y noyaient quand même, il s'y noyait aussi, et qui pour lui parler alors, qui pour lui porter secours ?
L'ombre de l'homme fort, personne ne viendrait, on imaginait trop de choses à son sujet.
Alors il continuait d'observer les sentiments de l'extérieur bien sûr, sans les éprouver, le vice, la méchanceté, sur ses mains il y avait du sang parfois. Du sang qui ne lui appartenait pas.

 « Regarde encore plus loin et tu me trouveras, moi... »

Du bout des doigts il dessinait la forme de ses lèvres, y déposant un peu de lui-même, y déposant un peu de son rêve. Et les lèvres d'Agheera étaient sèches, craquelées, au moins autant que les siennes, c'était cicatrices sur cicatrices qu'ils s'étaient embrassés
Ses doigts jouaient sur sa peau un peu, ils y dansaient mal bien sûr, il en serait toujours ainsi, mais il y avait la chaleur, il y avait l'oubli. La toucher simplement, et lorsqu'ils tombaient, ils tombaient ensembles.

 « C'est ainsi. »

La fin d'une prière, la leur, alors il lui embrassa la tempe une dernière fois, et sa gorge restait sèche, et ses yeux voulaient pleurer à nouveau de trop de tristesse. Parce qu'il était comme elle, à cours de mots, que rien ne saurait aller vraiment, qu'il ne pouvait dire ce que c'était, eux deux, qu'il l'aimait et qu'il y avait plus, bien plus que cela. Quelque chose qui faisait mal, quelque chose qui apporterait les ténèbres en temps voulus.
Car sans les ténèbres, ils ne pourraient connaître la lumière....
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seth & agheera
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Elle resta silencieuse un moment, le sentiment d’en avoir trop dit se battant contre celui de ne pas avoir su tout dire. Alors elle maintenait sa tête sur son épaule, ses mains dans son dos, et son regard perdu loin de celui de Seth. Pensive, peut-être. Laissant son esprit divaguer d’une question à l’autre, d’une incertitude à une autre. Perdue et pourtant fermement accrochée à la seule chose qu’elle savait être réelle : Seth. Dans ses bras secs, elle le sentait s’agiter et peiner à rester immobile mais il persévérait, pour elle peut-être. Certainement.

Elle était perdue.

Dans ses pensées, peut-être, mais surtout au milieu d’une tempête qui de jour en jour prenait plus d’importance. Elle s’y trouvait dans l’oeil, et lui sans être l’instigateur semblait y être sensible aussi. Parce que c’était lorsqu’elle se trouvait près de lui que la brise qui l’avait guidée toute sa vie se transformait en rafales. Puissantes et effrayantes, mais il y avait quelque chose en elles qui avait le goût du destin, un pincée d’espérance et d’apaisement aussi. Elle soupira, refermant les yeux, profitant de cet instant de calme si rare et précieux. Il y avait sur ses lèvres encore un peu de lui, la sensation ne la quittait pas et elle se demandait si un jour elle partirait. Ou si c’était trop tard, s’il l’avait marqué. Sa tête contre son épaule, elle avait l’impression d’entendre comme un bruit continu pareil à un bruissement. Était-ce son sang qui filait à toute allure ? Elle se concentra, un peu, y cherchant le même fredonnement presque inaudible qu’il y avait parfois au creux des bourrasques.

Il était là, presque invisible.

Fermant plus encore les yeux, Agheera restait muette à présent. Elle pensait à tout ce qu’elle avait laissé derrière elle sur Qi Lozar, si peu et pourtant si important. Elle pensait à tout ce qu’elle avait vécu sur D’qar depuis son arrivée dans la résistance. Arrivée difficile, débuts difficiles. Elle pensait à Naboo, aux hommes que Seth avait tué, à celui qu’elle avait tué aussi. Elle pensait à ses cauchemars, à Hybram. Elle pensait à cette voix, à cette présence, ce souffle et ces douleurs. Elle réfléchissait trop, sans trouver de réponse. Elle ne savait rien, mais elle avait besoin de savoir. Pourquoi, comment. Qui.

« Pourquoi vouloir tout savoir ? »

Seth la ramena un peu sur terre en brisant le silence qu’elle avait imposé. Elle ouvrit doucement les yeux, le serrant plus encore dans ses bras. Si cela était ne serait-ce que possible. Et elle l’écouta attentivement, bercée par ses bras et par sa voix. Une voix grave qui en impressionnait surement beaucoup mais qui avait le don de la rassurer, elle.

« et ce que le cœur ou l'esprit ne comprend pas, d'autres que nous le comprendront peut-être alors, c'est tout… »

Elle acquiesça d’un signe de tête, ne sachant quoi répondre mais entendant bien ce qu’il avait à dire. La justesse de ses mots, se demandant si quelqu’un comprenait ce qu’elle fuyait sans cesse par méconnaissance. Si Seth le comprenait, et si un jour elle aurait le courage de le lui demander. La jugerait-il alors, si elle lui avouait l’orage qui grondait en elle, celui qui tempêtait dehors. Maintenant par exemple. Elle s’apprêta à dire quelque chose, mais il la coupa et elle ne chercha pas à en faire de même.

« La peur.... Nomme-la, regarde-la dans les yeux, alors elle te transpercera jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Plus rien que toi....Et là peur ne sera plus »

Mais comment faire quand elle n’arrivait même pas à savoir exactement de quoi elle avait peur ? Comment faire lorsque le sujet de ses tourments n’était pas visible, et que pourtant elle le sentait, toujours, encore. Elle leva les yeux vers Seth qui, elle l’avait senti, s’était soudainement renfermé. Malgré ses bras autour d’elle, les siens autour de lui, son souffle contre sa peau, elle le sentait loin. Trop loin pour qu’elle ne puisse l’atteindre. Et son regard perdu et noir ne faisait qu’amplifier ce sentiment. Elle le sentait se perdre et lui glisser entre les doigts, bien que ces derniers étaient fermement agrippés à lui. Le regard vissé vers son visage, elle délia ses doigts d’une main pour venir apposer cette dernier sur la joue du brun. Une main tendue, une aide. Un brin d'espoir brûlant contre sa peau glacée.

« He… » dit-elle doucement, son pouce soulignant sa pommette dans une caresse.

Mais il ne lui répondait pas, trop loin peut-être. Jusqu’à ce qu’il ne baisse enfin les yeux vers elle, changé. Elle voulait lui sourire mais elle n’y parvint pas, secouée par l’ombre qui s’était installée dans son regard, par la tristesse qu’elle y voyait et ne pouvait s’empêcher de ressentir.

« Regarde encore plus loin et tu me trouveras, moi... »

Du bout des doigts, il traça les courbes de ses lèvres qui ne tremblaient plus soudain, alors que tout son corps s’était figé au contact de ses doigts sur son visage. Ils y glissaient maladroitement mais laissaient derrière eux un sentiment délicat, tendre. Une ligne de par laquelle la chaleur de ses doigts dévorait celle de sa propre peau. Et elle voulait le voir, loin. Elle voulait le voir, oui, convaincue qu’il avait raison et que d’une certaine manière même dans le plus brutal des effrois il serait toujours là prêt à lui tendre la main et la hisser vers la lumière.

« Je sais… » fût tout ce qu’elle trouva à lui souffler.

Il ne s’était pas contenté de la sauver sur Naboo, non. Sur son passage, il avait mis à mal chacun des murs qu’Agheera s’était érigé pour se protéger des autres. Il avait fallut des semaines à certaines personnes pour qu’elle les accepte enfin, et lui était apparu dans sa vie aussi soudainement qu’un astre au milieu de la galaxie. Aussi violemment également, comme toute étoile son éclat n’égalait que la brutalité avec laquelle il avait fait son entrée. Et depuis, de sa lumière comme de son ombre, il bousculait tout ce dont Agheera était certaine. Et la seule chose dont elle était persuadée à présent, c’était du chaos qu’il avait installé et de sa nécessite subite.

« C'est ainsi. »

Deux petits mots qui vinrent sceller une promesse, la même qu’ils se faisaient depuis toujours. Celle de ne plus jamais être seul. Et parfois plus, sans qu’ils n’arrivent à le dire, ou l’avouer. Ses doigts finirent par cesser de parcourir son visage, et Seth déposa un baiser sur sa tempe. Petit, mais fiévreux. Fébrile et lourd de sens. Elle y senti la tristesse et le désarroi, son coeur se serrant alors à mesure qu’elle était frappée par des vagues d’émotions qu’elle sentait mais n’en était pas la source. Obscurité naissante contre laquelle elle ne savait que faire. S’écartant un peu de Seth, elle le regarda dans les yeux, presque désolée. Peinée, surtout. Elle s’asseya sur ses talons, mains sur ses genoux alors, effaçant le dernier contact physique avec Seth. Le coeur battant, elle sentait qu’il fallait qu’elle dise quelque chose, qu’elle réagisse, mais elle ne savait pas quoi faire. Et la tristesse du dernier geste du brun la troublait plus encore que le temps passait. Alors elle décida de ne plus réfléchir, et loin de nommer sa peur et son appréhension, elle les ignorèrent. Elle regardait loin alors, et elle ne voyait que lui.

Du bout des doigts, elle le poussa.

Jusqu’à ce qu’il tombe et s’assoit. Jusqu’à ce qu’elle ne s’approche et le piège, le surplombe. Que sa main ne retrouve sa nuque, et ses lèvres les siennes. Un baiser plus doux que le sien, plus ardent aussi peut-être. Il y avait sur ses lèvres le coucher de soleil de Qi Lozar et les cascades de D’qar. Il y avait les nuits fraîches d’entre les Dunes d’Ostrea et celles étoilés du centre de la galaxie. L’espoir et la lumière, la rare paix de l’épicentre d’une tempête au milieu de laquelle ils étaient. Et son coeur s’emballait à nouveau, avide de sensation et de vitesse. Son sang, bouillant, s’y précipitait. Elle l’embrassait avec passion, et une once de chagrin parce que c’était peut-être là leur dernier. Une opportunité qu’elle avait saisit au vol et qui ne se représenterait peut-être pas, qui sait. Mais quelque chose lui avait dit qu’il s’agissait de la bonne chose à faire. Une brise satinée qui l’avait poussée vers lui, la même qu’elle avait toujours suivit aveuglément toute sa vie. Lentement, elle s’écarta les yeux fermés, le front collé contre le sien, le souffle court. À peine surprise parce qu’elle avait fait. Elle se pinça les lèvres, le surplombant toujours. Lui assit, elle à genoux au dessus de lui.

« Allez… » dit-elle simplement, ne commentant en rien son geste. Ni explication, ni excuse car il n’y en avait nullement besoin. « Debout. »

Sans l’attendre, elle se leva, lui tendant la main pour l’aider à se relever quitte à tomber à terre à nouveau s’il le fallait. Qu’importe.

« Si tu manges, je mange. » Chantage qu’elle n’avait pas honte d’utiliser. Il était têtu, elle l’était plus encore. « Si tu bois quelque chose, moi aussi. » continua-t-elle sur la même lancée. « Mais pas l’un sans l’autre. » Histoire que cela soit clair.

Ils en avaient besoin, autant l’un que l’autre, mais chacun se plaisait à le nier jusqu’à ce que, peut-être, l’un tombe réellement d’épuisement. Alors peut-être se rendraient-ils compte de la nécessité de, parfois, courber l’échine.



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MessageSujet: Re: [Espace] -Each man is a little war - Agheera   5/4/2016, 17:41


Dernière édition par Seth Onoria le 22/4/2016, 15:55, édité 1 fois

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And all the wheels of Being slow.



Avait-il déjà rêvé d'une chute, d'un incendie ? Quelqu'un un jour lui avait posé cette question, à moins que... non, quelqu'un la lui poserait ? Il ne savait pas, il ne savait plus, perdu au delà du temps lui-même. Et qu'importe le passé du futur, car sa réponse demeurerait semblable : chaque nuit. Chaque nuit il tombait et brûlait avant que d'autres rêves ne s'emparent de son corps meurtri.
Alors il buvait à l'eau de ses lèvres, Agheera, se blessait au soleil de sa peau aussi, et il goûta les fleurs et la nuit, il goûta son propre parfum d'infini.  Il y avait son nom aussi, dans ce baiser, cela le fit frissonner, conscient des ténèbres, inconscient de leur finalité. Les plaisirs qui se meurent, une rose offrant au ciel son corps blessé...
Une rose qui pleure, le goût des larmes, et lui, lui il tombait encore...
Lentement, ses bras s'accrochèrent un peu plus au corps serré contre lui. Il y avait des mensonges et des vérités, il y avait eux aussi, le bruit non pas d'un cœur mais bien de deux, comme invincibles alors non, il ne tremblait pas. Il l'embrassait de ses bras, de ses lèvres, prêt à mourir pour un seul de ses soupirs. Une éternité lasse, enfuie déjà, il ne pouvait la retenir pas plus qu'il ne pourrait un jour retenir Agheera.
Et son souffle devint caresse, et derrière la caresse se cachait des sanglots peut-être, comme cela, front contre front. Car aucun lit ne les attendait, ne les attendrait jamais, tous deux le comprenait. Pas ainsi, pas comme cela, avec les peurs et les souffrances qu'ils portaient pour habits. Il n'y aurait que ce baiser peut-être, et cela faisait mal. Veiller sur elle, veiller sur son repos, écouter son cœur aussi, et il était à terre, il était vaincu. Elle avait gagné, elle gagnerait toujours face à lui, car Agheera était la plume capable d'équilibrer le chaos, la femme portant en elle toutes les puretés du monde et pour qui il se battrait.
Agheera, debout à nouveau, Agheera, la main tendue. La main qu'il attrapa pour s'élever à son tour, comme un dieu triste venu du plus sombre des enfers pour un peu de lumière. De SA lumière. Elle qui depuis le début, manquait à sa vie...

Jamais l'un sans l'autre, non ils ne le pouvaient plus, et le lien sembla plus fort alors, quelque chose pour lui serrer le cœur alors qu'il restait face à elle. L'embrasser encore, l'embrasser toujours alors qu'ils ne bougeaient pas l'un l'autre. C'était ainsi, et il l'aimait comme une blessure alors, qu'importe. Lentement, l'homme acquiesça. Boire, manger, elle, lui, et tomber alors ? Il frissonna. C'était se perdre dans la forêt à nouveau, la forêt au sortir du jour...

Lentement toujours, Seth se servit un verre d'eau alors, les mains tremblantes. Et le gobelet se renversa, il ne pu le retenir évidemment. Il y eut un silence, le sien, le bruit de l'eau qui goutte à ses pieds comme le sang le faisait parfois, le sang lorsqu'il venait de tuer. L'homme repensa à Alia, la chasseuse de primes, la femme qui comme une plaisanterie, l'avait accueilli. La femme qu'il avait assassiné, incapable de l'aimer. Comme beaucoup elle avait rit de ses difficultés, comme beaucoup, elle n'avait rien fait, forçant Seth à s'abandonner un peu plus à la solitude, à se blesser de nouveau avec une Force qui lui était nécessaire mais qui le condamnait pourtant. Car les autres étaient morts n'est-ce pas ?  Les yeux de Kilian qu'il n'avait pu soutenir, la sensation d'échouer, de trahir. Jedi, et Agheera qui ne le croyait pas, en était-il déçu ? Un choix s'offrait alors.  Il pouvait utiliser la Force bien sûr, palliant ainsi à ses gestes jamais habiles, à ce qu'il ne pouvait faire de lui-même. Ou bien....

 « J'ai besoin de toi. Aide-moi. »

Ou bien courber l'échine à nouveau, accepter de n'être que cette moitié d'homme, cet handicapé. Il ne croyait pas en lui-même aussi après tout, et quel intérêt pourrait-il jamais présenter aux jedis ? Quelque part, une envie de se battre pourtant, un rêve, et les ténèbres.
Il s'était éloigné, bien trop éloigné, rien ne pourrait jamais le rattraper vraiment. Mais le lien restait, le lien existait, et la Force était là, entre eux, en eux.

 « S'il te plait... »

Pour ce verre qu'il ne pouvait boire sans être servi, pour cette nourriture qu'il peinait à prendre lorsqu'il en avait envie.
Il s'abaissait, il s'agenouillait alors, là, quelque part dans ses yeux noirs, acceptant la lumière de la jeune femme, cette lumière qu'il ne posséderait jamais. Quelque part en lui, le chien hurla, ce fut bref, ce fut court, ce fut un cri d'amour pour toutes les choses passées, pour tout ce qui sera...
Incapable de correctement vivre, se débrouiller, Seth devait nier les choses qu'il ne pouvait posséder. C'était cela ou tomber beaucoup trop vite, beaucoup trop fort. Tomber sans se relever, et dans sa main comme un poids soudain, il repensa au sabre, il repensa à l'épée.
Ah que ne pouvait-il être un vrai guerrier, et son amour se tordait alors dans une souffrance trop grande, trop autre...

 « Ton chantage est inutile...j'ai soif, j'ai faim, mais je ne peux rien préparer moi-même. Il y a de gros défauts en moi, un handicap qui ne se répare pas, ne se réparera jamais. Tu as remarqué ? Je t'ai toujours apporté à boire mais jamais dans un verre, à chaque fois un récipient fermé, une bouteille, une canette. Quelque chose que je n'ouvrais pas. Comme les barres de céréales.....Tu n'es pas celle ayant besoin de moi, Agheera, c'est l'inverse, ce sera toujours l'inverse.... »
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seth & agheera
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Sa main dans la sienne, il se hissa jusqu’à la surplomber. Et ils restèrent un moment là, face à face, main dans la main. Se fixant l’un l’autre. Beaucoup de choses avaient changé, s’étaient tues ou réveillées. Le temps manquait à Agheera pour qu’elle y réfléchisse, l’envie aussi peut-être. Elle se contentait alors d'être seulement là, frappée par des vagues d’émotions contraires, noyée peut-être et pourtant sereine. Elle l’acceptait, lui et toutes les choses qu’elle ne comprenait pas. Toutes les choses qui lui filaient entre les doigts quand les siens s’agrippaient à ceux de Seth. Il la quitta pour obtempérer, Agheera le regarda s’éloigner, pensive. Elle avait le coeur lourd, enchaîné par une quelconque force qu’elle ne pouvait voir. S’apprêtant à partir vers le cockpit, soudaine envie d’y tenter quelque chose encore, la voix de Seth dans son dos la retint. Elle fit volte face.

« J'ai besoin de toi. Aide-moi. S'il te plait… »

Son coeur se serra, c’était bien la première fois que sa voix se tordait de cette manière et elle se sentit prise tout à coup d’une urgence.

« Oui, tout ce que tu voudras. » lui dit-elle immédiatement sans plus réfléchir, comme si lui apporter son aide se devait d’être naturel.

Elle s’approcha de lui avec hâte, contournant son ombre pour se trouver à ses côtés. Elle vit le verre d’eau, la bouteille, le liquide par terre. Et surtout elle vit ses mains tremblantes. Son visage était baissé, voilé par une ombre qui n’était pas la sienne. La première chose qui lui vint à l’esprit fût de poser ses mains sur les siennes, comme si la chaleur de sa peau calmerait les tremblements, espoir innocent. Agheera tenta de capter son regard, sans résultat, celui-ci restait perdu et bien trop bas pour qu’elle ne l’atteigne.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » finit-elle par s’inquiéter, son regard cherchant toujours celui de Seth.

Jusqu’à ce qu’il ne la regarde enfin, de ses yeux noirs de désespoir. Les siens étaient inquiets, remplis de lumière et de soleil. Celui même qui avait brûlé sa peau tout sa jeunesse, celui qui hantait ses nuits à présent bien trop lointain. À cet instant, ils étaient opposés, contraires. Complémentaire. Et elle se refusait le voir tout à coup si bas, lui qu’elle avait toujours vu comme trop grand. Sans réponse du brun qui la toisait tristement, elle entrouvrit les lèvres dans l’optique de répéter sa question, mais il la coupa dans son élan. Trop sombre, trop loin.

« Je ne peux rien préparer moi-même. Il y a de gros défauts en moi, un handicap qui ne se répare pas, ne se réparera jamais. Tu as remarqué ? »

Elle le savait. Elle l’avait toujours su. Et qui était-elle pour juger autrui, alors, elle qui n’avait connu de normalité qu’un père malade et une mère mourante. Que la violence pour une ration ou pour une vie. Qui était-elle pour le juger à ses défauts quand elle n’en était que constituée. Jamais à sa place, jamais comme il faut. Toujours sauvage, toujours trop ardente. Sans un mot, elle serra ses mains sous les siennes, le regard vissé dans le sien. Un regard ni désolé, ni étonné. Un regard qui se voulait rassurant, compréhensif. Parce qu’elle le comprenait. Et son mal-être faisait écho au sien de la manière la plus étrange et la plus imparfaite. Ses lèvres se pincèrent, doucement, tandis qu’elle l’écoutait. Triste de le savoir l’être. Mais jamais les bras baissés.

« Tu n'es pas celle ayant besoin de moi, Agheera, c'est l'inverse, ce sera toujours l'inverse.... »

Faux.

Encore faux. Toujours faux. Ses mains serrèrent encore un peu celles de Seth, trop peut-être. Elle n’en savait rien, et elle s’en fichait. Tout ce qui comptait maintenant, c’était de le faire retrouver sa grandeur. Celle avec laquelle il évoluait parfois consciemment ou non. Celle qu’elle voyait, ça et là, dans ses gestes, dans ses paroles. Celle dont elle avait besoin et celle qu’elle désirait. Mais pour être grand, il fallait être tombé. Seth l’avait déjà trop fait.

« Je le sais. » commença-t-elle. « Je l’ai toujours su. »

Elle lâcha ses mains, doucement, sentant encore sur sa peau la sensation de celle de Seth. Comme si à présent, il ne la quitterait plus jamais vraiment. Il était toujours sur sa peau, dans son souffle, sur ses lèvres.

« Mais tu n’es pas une machine, tu n’as pas besoin d’être réparé Seth. » dit-elle presque avec un sourire. « Ce n’est pas ce dont tu as besoin. »

Elle était douce, soudain, bien loin de l’image de fer brûlé qu’elle véhiculait parfois. Et le soleil de ses yeux était celui de D’qar, plus clément, plus doux. Celui dont on pouvait se délecter des rayons sans les craindre, eux qui ne faisaient que caresser la peau au lieu de la frapper. Et dans sa voix, il y avait la lune de Qi Lozar, rassurante et lumineuse sans laquelle les dunes se perdaient.

«Tout le monde a ses défauts, ses différences, certains plus que d’autres. C’est tout.»

Et les mots sortaient d’entre ses lèvres avec une facilité qui la surprenait. Parce que ce qu’elle disait s’appliquait peut-être à elle aussi. À d’autres, à beaucoup d’autres. À tous ceux qu’elle avait côtoyés sur Qi Lozar, trop pauvres pour s’offrir des soins, obligés de vivre comme des moins que rien, mais toujours la tête haute et les yeux rivés vers les étoiles. Fluette, elle se faufila entre Seth et la table sur laquelle il avait renversé le verre, se piégeant dans cet espace restreint pour y capter son visage. Face à lui.

« Et tes défauts, tes différences, elles font parties de toi. »

Moi je les aime tes différences.

De sa main droite, elle vint caresser la joue du brun qu’elle fixait toujours avec intensité. Yeux dans les yeux, et plus encore. Car dans leur regard, il n’y avait plus qu’eux seulement, il y avait autre chose. Du même ordre que le vent, que les vagues, que l’air lourd.

« Tu es bien plus important que tu ne le penses. » finit-elle par avouer.

Pour les autres, elle n’en savait rien. Mais pour elle, il était la raison pour laquelle elle se trouvait encore là. La raison pour laquelle elle ne se noyait plus, ne suffoquait plus. Et il n’y avait que lui pour l’apaiser, la rendre forte. Que lui pour la retenir, pour y arriver.

« Tu l’es pour moi, au moins. »




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Face à elle, il ne pouvait bouger, peinant jusqu'à la regarder. Baisser les yeux, baisser la tête, et tomber aussi, car il était épuisé, incapable de maintenir son propre centre de gravité. Par pur réflexe, lui qui en possédait trop peu, Seth s'avança, plaquant la jeune femme un peu plus contre la surface de la table, l'obligeant à se courber, se casser en deux un peu, et ce n'était pas la chose à faire pourtant.
Non.
Il avait lâché ses mains pour cela, plaquant les siennes de par et d'autre du visage sombre et lumineux qui le hanterait jusqu'au bout de sa vie, il le sentait. Maladresse encore, parce que l'homme ne savait à quoi se retenir, alors il se courbait, il se penchait, et que jamais leurs yeux ne se quittent. Il se penchait sur elle, sur la table qui la retenait, qui le retenait lui aussi, et il la regardait surtout, il la regarderait toujours.
Une main sur sa joue, une pensée qu'il attrapa comme un baiser, et puis le verbe aimer. Sa gorge sèche de n'avoir pu boire, aussi, son souffle pour lui caresser la peau. Ce n'était pas un homme pourtant qui se penchait ainsi sur son propre corps, alors s'il n'avait d'humain que le reflet, que pouvait-il être à part une machine capable de larmes et de désespoir ?
Il y avait sur son corps, le fantôme de tous les coups reçus, il y avait les cris et les insultes aussi, lui à qui on avait tant de fois demandé de se suicider. Parce qu'il était laid, imparfait, qu'il ne servait à rien. Elle était là, la balance de son propre équilibre, cette chose capable de le définir un peu, bien plus que l'obscurité ou la lumière/ Parce qu'au fond, il était l'homme de toutes les chutes, que rien ne soignerait jamais cela entièrement.
Et il aimait aussi, il aimait plus qu tout soudain, c'était une porte ouverte, un fleuve de colère et d'amour sur tout ce qu'on lui refusait, c'était son souffle contre le sien, elle, et si Seth se refusait au moindre dieu, alors il l'adorerait elle.
Certaines différences s'acceptaient plus que d'autres, et quelques unes se refuseraient toujours quand on ne pouvait les voir, les comprendre. Alors il goûta la solitude au creux de son cou à elle, comme cela, du bout des lèvres, et ses sentiments étaient les siens aussi, car qui 'autre pouvait comprendre sans juger ? Dès le début, ils s'étaient regardés, ils avaient su, et cela plus que tout autre chose avait poussé Seth à la sauver, Agheera. Parce qu'il savait fort bien que sinon, il n'y aurait personne, pour lui comme pour elle, ils étaient trop sombres, trop sauvages malgré la lumière, ils étaient eux lorsqu'on les voulait autres...
Doucement encore, l'homme embrassa la peau, les sentiments en dessous, et ses lèvres frôlaient la gorge et l'épaule avec une douceur malhabile pourtant, qu'importe. Car s'il ne donnait pas cet amour maintenant, il en mourrait, empoisonné soudain de ne pouvoir être traité comme un humain. Et combien pourraient dire alors, ire qu'il n'était qu'un mur froid de silence et de secrets, qui était-il en ce cas, qui était cet homme au cœur vivant ?
Lentement, avec tristesse presque, avec adoration surtout, il leva les yeux, son souffle contre sa peau toujours. Il la regarda, quelque chose d'un enfant restait en lui, on ne guérissait pas de cela.

 Tu ne me trouves pas laid ou difforme?

Une question idiote bien sûr, et comment comprendre toute la souffrance derrière et les insultes ? Il n'y avait pas de mots, il n'y en aurait jamais assez, alors ses grandes mains -et où avaient-elle été, il ne les sentaient plus, quelque part peut-être sur la peau d'Agheera, sa joue, son visage ou ailleurs- attrapèrent la jeune femme aux hanches alors qu'il se relevait un peu. Il la porta, simplement, le corps tremblant, mais il la porta quand même, comme l'on porte une idole Et la table sur laquelle il l'avait allongé un peu, il l'y assit à présent. Pour la regarder yeux dans les yeux encore, yeux dans les yeux toujours, et ses cheveux étaient en bataille, certains s'échappaient de sa coiffure désormais, alors mon dieu qu'il l'aimait...
Ils ne s'embrassaient plus, ils ne se lâchaient plus non plus, cr cela aurait été contre-nature pour eux. C'était simplement être là, face à l'autre, poser un peu son front contre le sien, oublier la fièvre et oublier le chagrin.

Et toi, tu es si belle....

La lune de ses baisers, le soleil quand elle le regardait, le soleil et l'ombre aussi, l'ombre qu'il était pour la protéger de trop de coups, trop de violence, et couche toi sur moi, bel astre, car je suis ta nuit et le resterait....

Pardonne...pardonne tout de moi, mes différences et ma laideur, pardonne s'il te plait, car je mourrais de te perdre...

[color=olive) « Agheera....Regarde, regarde le monstre à tes pieds[/color]

Car il ne pouvait rien dire de plus....
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seth & agheera
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Il tombait, s’avançait, l’obligeait à se courber. Elle résista, au début, se pensant assez forte pour le garder debout, mais c’était faux. Et il y avait la table contre elle qui l’empêchait de s'effondrer mais l’obligeait à plus encore se courber. Alors elle finissait par tomber elle aussi, agrippant ce qu’elle pouvait de Seth pour ne pas s’abattre trop durement sur la table. Son cou, par exemple, tandis que ses pieds quittaient le sol. Surprise, elle le regardait des questions plein les yeux mais elle le laissait quand même encadrer son visage de ses mains, la piéger juste là. Son coeur s’emballait, battant de manière irrégulière, tonnant entre ses tempes. Parce qu’il la regardait comme il ne l’avait jamais fait encore et son regard la transperçait de part en part. Atteignait les profondeurs de son âme surement. Puis il se pencha plus encore, dangereusement. Elle n’avait pas peur. Jamais.

« Seth ? » le questionna-t-elle dans un murmure.

Mais il ne disait rien, se contentait de la dévorer du regard. Et il s’approchait, toujours, son visage à la frontière du sien. Agheera retint son souffle alors, perdue dans son regard brûlant, ses mains toujours contre sa nuque y glissant un peu tant il était proche maintenant. Ses yeux le dévisageaient, l’interrogeaient, entendaient certainement son désir. Et cette main sur sa joue, elle vint s’y blottir un peu avide de sa peau soudain. De la chaleur de celle-ci, rugueuse contre sa joue. Muette, elle fixait toujours Seth sans jamais perdre le noir de ses yeux et la tempête derrière eux. L’air devint électrique et pesant, un poids autour d’eux alors que leurs souffles se mêlaient, s’écrasaient l’un contre l’autre pour ne devenir qu’une seule et même brise.

Puis il disparu.

Dans un soupire elle inspira tandis que ses lèvres parcouraient son cou comme le vent de Qi Lozar caressant les courbes des dunes. Un, deux, elle ne les comptait pas. Lentement, un frisson la parcourue et elle se surprise à remonter ses mains vers ses cheveux, y faisant courir ses doigts un instant. Les yeux fermés, elle tendait le cou. Affamée, désireuse de plus. Plus de ses lèvres, plus de ses mains. Plus de lui. Et les premières se perdaient sur sa gorge alors que les secondes vagabondaient jusqu'à sa taille sans jamais la quitter. Une vague de sentiments la frappa. Les siens peut-être, elle ne savait pas et c’était étrange. Colère, passion. Ils la secouaient avec force et violence alors qu’elle s’y perdait un peu, raffermissant sa poigne sur la nuque de Seth. Passion, colère. Et tout avait changé chez elle. Il était loin le chat sauvage qui montrait les griffes à tout bout de champ. Il était loin l’orage qui l’accompagnait partout, tonnerre, éclairs. Elle n’était plus que brise et pluie salvatrice d’une journée d’été. Cinq, six, elle ne les comptait plus. Elle aurait dû pourtant, car il s’était arrêté. La laissant le souffle court et le corps fiévreux. Posant son regard vers lui, elle rencontra ses yeux. Et il n’y avait qu’eux, il n’y avait qu’eux.

Tu ne me trouves pas laid ou difforme?

C’était sa voix. Elle résonnait étrangement dans la pièce silencieuse si ce n’était pour leurs souffles. Le sien contre sa peau, électrique.

« Pourquoi est-ce que tu dis ça ? » se contenta-t-elle de répondre.

Puis ses mains migrèrent vers ses joues. Son regard se perdit sur ses lèvres tandis que la sensation de ces dernières sur sa peau courrait encore. Elle allait et venait comme le battement, fou, de son coeur. Et celle sur ses lèvres se réveillait, doucement. Du bout des doigts, elle en dessina les contours, frôlant plus que touchant.

« Bien sur que non… »

Elle disait ça pensive, perdue entre les sensations qui se chevauchaient. Ses lèvres, ses mains, son souffle. Si on lui avait dit que pour lui elle ferait tomber les murs qu’elle s’était construit, elle n’y aurait pas cru. Et pourtant la voilà face à lui, entre ses bras, ses mains, ses doigts.

Et pourtant la voilà à lui.

Doucement, elle senti ses mains glisser vers ses hanches, la soulevant un peu. Elle se laissait faire sans un mot de plus, assise à présent. Son regard toujours plongé sur ses lèvres. Depuis combien de temps les fixait-elle ? Les mains de Seth semblaient transpercer le tissu alors, c’était presque si elle ne sentait pas la chaleur de sa peau contre la sienne. Sous ses mains, à elle, elle le sentait trembler. D’épuisement sans doute, et elle se sentait coupable de le tenir là, debout entre ses genoux. Elle retrouva le chemin vers ses yeux, muette. Les siens lui disaient tout. Il était temps d’accepter sa fatigue, de se laisser guider jusqu’à son lit. Et son front rencontra le sien, s’y reposant un peu. Il était chaud.

Et toi, tu es si belle...

Son regard quitta alors soudainement le sien, un peu gênée, un peu flattée. On ne le lui disait pas. Jamais. La beauté n’avait pas sa place entre les coups et le soleil meurtrier de Qi Lozar. Elle se mise à rougir, un peu, pinçant ses lèvres dans l’espoir de dissimuler le sourire qui y naissait. Entre échec et réussite. Ses yeux se perdaient à présent sur ses mains, contre ses hanches encore, alors elle lâcha enfin son cou pour en prendre une entre ses doigts.

Pardonne...pardonne tout de moi, mes différences et ma laideur, pardonne s'il te plait, car je mourrais de te perdre…

« Agheera....Regarde, regarde le monstre à tes pieds » Plus fort, bien plus fort que tout ce qu'il lui avait dit avant. Elle sursauta presque.

Soudainement, elle releva les yeux vers lui. Les sourcils un peu froncés, parce qu’elle n’était pas d’accord et ne le serrait jamais. Agheera s’écarta un peu, éloignant son visage de celui de Seth pour mieux le regarder. Ses traits forts, ses yeux fiévreux. Ses lèvres encore.

« Arrête… » commença-t-elle, un peu ferme. « Il n’y a ni monstre, ni laideur. »

Elle ramenait maintenant sa main libre vers son visage, la faisant glisser en une caresse contre sa mâchoire jusqu’à ce qu’elle ne meurt à la naissance de sa gorge.

« Tout comme tu n’as rien à te faire pardonner, jamais. »

S’approchant de lui à son tour, son regard mêlé au sien. Il n’y avait plus que ses yeux et rien n’existait autour. Si ce n’est son coeur, fou, sa peau, brûlante.

« Et tu ne me perdras pas. » qu’elle conclût, à un souffle du visage de Seth.

C’était une promesse, petite et déjà craquelée, mais elle était bien là. Celle qu’elle ne le quitterait pas, plus, jamais vraiment. Celle qu’il ne mourrait pas. C’était un aveu, aussi. Car pour la perdre il fallait qu’elle soit déjà sienne, et elle l’était. Plus qu’elle ne s’en rendait peut-être compte. Plus qu’il n’espérait, sans doute. Une promesse à peine visible, une lumière qui naissait, minuscule, au milieu d’un ciel trop sombre.

Si proche, son souffle se perdait sur ses lèvres contre lesquelles elle plaqua les siennes. Un baiser pour sceller une promesse.




« soon enough my time will come
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C'était sa bouche contre la sienne, et c'était la lune aussi, la lune qui chutait entre le froid et l'incendie... Son corps était là, comme une invitation pour lui simplement, lui incapable de se fondre dans le sien propre pourtant, alors...la toucher, elle ? Une tristesse comme une caresse, leurs mains pour se rejoindre parfois, ils s'effleuraient, cela n'allait pas plus loin, deux animaux entravés, deux animaux enragés. Et dans leurs yeux, une passion. Oui, ils s'appartenaient l'un l'autre, le reste n'était que détail, le souffle et la tempête, les cœurs et les regards...
La peur n'existait plus, plus pour eux, plus entre eux, et l'équilibre parfait semblait atteint alors. Respirer à son essence, l'embrasser encore, l'embrasser toujours, et la lumière brillait bien sûr, car ils la faisaient exister avec bien plus d'espérance soudain qu'ils n'en avaient jamais eu. Et que pouvaient les ténèbres contre une telle chose ? Rien,  c'était simplement leurs cœurs amoureux pour battre un peu plus, et dans le baiser, leurs noms se perdaient, se mélangeaient là où leurs corps ne le pouvaient.
Elle le caressait du bout des doigts, enlevant les lambeaux de peau de son visage, pour que derrière le monstre apparaisse l'homme. En levant la tête, Seth pouvait se voir dans ses yeux à elle, loin de la laideur des mots et des insultes. Être autre chose que cette difformité, vraiment ? Il trembla, comme un frisson d'agonie dans un cops de bête, il trembla. Une dernière fois. Parce qu'elle l'avait entendu, elle avait entendu ses pensées, y avait répondu, et la lumière ne saurait être plus belle alors que les mots d'Agheera. Agheera qu'il ne perdrait pas...

 « De nous deux ce n'est pas toi que je m'inquiète de perdre...Surtout avec mon sens de l'orientation désastreux »

Et le coin de ses lèvres se releva alors, dans un sourire qui n'en était pas vraiment un, avec toutes les histoires et tous les secrets derrière. Qu'importe... Dans les yeux noirs, comme un rire aussi, une plaisanterie un peu sombre, un peu triste, l'écho d'un lac en plein désert, le souffle d'un mirage. Se donner à elle, se détourner encore plus du rêve qu'il avait porté, celui des Jedis....
Mais elle, porterait-elle de telles ambitions un jour, faudrait-il à Seth le courage de se détourner afin qu'elle devienne celui qu'il n'avait jamais été ? Le Futur ne pouvait se lire, pas dans les yeux d'Agheera, dans la violence de son souffle et la chaleur de sa peau. Pas ainsi, pas maintenant, quant à mériter d'aimer....Un monde n'offrant que la haine ne pouvait mériter d'être sauvé.
C'était rire un peu, c'était rire à deux, parce qu'il lui embrassait le cou à nouveau, parce qu'il pouvait tomber peut-être, mais qu'elle aussi, ensembles, comme n'importe qui. Une simple chute, un nouveau masque à porter, un masque qu'elle saurait lui enlever à chaque temps voulu, lorsque ne restera plus qu'eux, leurs cœurs à nus, et cueillir l'espoir tremblant qu'elle lui offrait au jardin de ses vingt ans....

 « Et c'est quand je suis à genoux, à tes pieds, que je suis grand... »

Leurs doigts qui s'entremêlent,  et il peinait, oui, il peinait à attraper les siens, car ceux d'Agheera vagabondaient de sa peau à ses lèves parfois, pour l'attraper aux cheveux soudain comme l'Amazone retiendrait le cheval en furie. Mais il y avait la douceur aussi, celle du rêve au matin, lorsque les blessures cessent de saigner pour une heure ou deux, qu'il ne reste que la paix.
Galope, mon cœur, galope donc car ta course est folle, car nos rêves aussi...

Il la regarda à nouveau, lui que seule elle pouvait nommer désormais, il la regarda droit dans les yeux, là où il avait cru voir la lune tomber. Et deux soleils jumeaux s'y levèrent alors, dans la profondeur des yeux noirs...


Et si nous ne devons plus nous voir sur aucune de ces terres, souviens-toi que  malgré tout je t'attends...


Lever la main pour que la lumière s'y dépose, alors ses yeux à lui s'écarquillèrent un peu plus d'amour, il n'y avait as de soleil dedans, juste les tempêtes et les averses pour se déposer sur les fleurs sauvages au beau milieu du désert.

L'un comme l'autre ils comprenaient, ils savaient. Savaient qu'une fois leur destination atteinte, alors il faudrait se quitter, et quand se reverraient-ils alors ? Peut-être quelques jours, peut-être quelques mois, peut-être des années...

Des décisions à prendre, des combats à mener. Ne plus fuir, voilà ce qu'Agheera lui disait du bout des lèvres, du bout des doigts, oui, ne plus fuir...
Et Être enfin, Être réellement...
Alors c'était cela, leur Lien ? Leur tragédie, car ils appartenaient l'un à l'autre, que leurs ombres se mêleraient lorsque leurs corps s'éloigneraient. La Force. Ils ne pouvaient être ensembles, rester ensembles, pas tout de suite, pas maintenant.... alors l'univers leur donnait cette chose là, triste et ignoble, cette capacité  d'être et de ne pas être tout à la fois. Que chacun y puise sa force, lorsque le réconfort ne pouvait venir, et qu'ils soient debout, tous deux, d'un côté comme de l'autre de la galaxie.
Le lien avait été formé, on ne pourrait l'enlever, alors en s'acceptant tels qu'ils se voyaient vraiment, les yeux dans les yeux, Seth comme Agheera venaient de se condamner.  Et comment lui dire, comment lui expliquer ?
Expliquer ce qu'elle savait déjà, dans chacun des baisers qu'elle lui donnait.

Ils apprenaient à vivre lorsque déjà, il était trop tard désormais....

Trois vœux qu'il avait eu dans sa main, la Force, l'Amour et le Courage, trois vœux que sans lune ni soleil, il lui avait offert au matin....
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seth & agheera
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Elle avait besoin de lui comme de l’oxygène, mais elle en avait à peine conscience. Parce que si respirer lui était naturel, l’embrasser l’était plus encore. Un appel qui l’attirait vers lui, ses lèvres, sa peau, auquel elle répondait sans hésiter, sans réfléchir. C’était ça ou… Se noyer ? Sombrer ? Avoir peur ? Elle n’en avait aucune idée et n’avait pas envie de trouver de réponses à ces questions. Tout ce dont elle avait envie, c’était sentir ses lèvres sous les siennes, sur les siennes. C’était sentir ses mains redessiner ses courbes, les découvrir aussi, lui arrachant ça et là un frisson. Puis deux, puis trois. Et elle se cambrait un peu alors, sous les torrents de baisers que faisaient pleuvoir ses lèvres sur sa peau secouée par la fièvre. Il ne la perdrait pas non, c’était certain. Parce qu’elle l’avait goûté et en était déjà dépendante, la sensation de n’être qu’une moitié de rien sans lui persistait. Celle d’être presque quelqu’un avec. De trouver dans sa présence une place qu’elle n’osait plus chercher tant elle pensait chose impossible. Et pourtant il était là, contre elle, et elle enroulait ses jambes qui pendaient dans le vide autour des siennes un peu. Ils ne se perdraient pas, elle ne le permettrait pas. Parce qu’elle avait besoin de lui plus que de l’oxygène, même. Sans son ombre, elle se perdait, s’asphyxiait sous une lumière trop ardente et trop vive. Et il n’y avait que sa carrure alors qui lui permettait d’y voir plus clair. Du bout des doigts, elle effleurait son visage, et ses mains ne tremblaient plus. Mais Seth oui, et chacun de ses tremblements devenaient siens soudain, comme si il n’y avait plus deux âmes mais qu’une. Un peu sombre, un peu lumineuse, mais leur. Agheera sentit les lèvres de Seth s’éloigner des siennes, venir effleurer plus loin un peu d’elle, tête baissée qu’il releva pour rencontrer son regard d’aube et de lumière. Elle tenta un sourire, petit, une trainée de poussière dans un vaste désert.

« De nous deux ce n'est pas toi que je m'inquiète de perdre...Surtout avec mon sens de l'orientation désastreux »

Trainée de poussière qui trouva sur les lèvres de Seth un homonyme. Tout aussi fin et fragile, loin du rire qu’elle décelait pour la première fois dans les yeux noirs du jeune homme. Un semblant plaisanterie qui lui arracha un rire sonore, lui, qui se mourrait dans l’air oppressant, tourbillonnant qui les entourait tout deux. Elle fit mine de lever les yeux en l’air, avant de lui répondre.

« Heureusement que Julen est là pour t’éviter une telle catastrophe. »

Son rire se mêla au sien, un peu, avant de disparaître contre son cou. Elle frissonna encore tandis qu’elle rapprochait Seth un peu plus d’elle et si ce n’était pour la table il la porterait surement tant plus rien ne les séparait. Elle se pinçait les lèvres, étouffait ses soupirs, faisait courir ses doigts dans le dos de Seth les passant dans ses boucles brunes parfois avec passion, parfois avec tendresse. Un juste milieu qu’elle trouvait aisément, presque trop d’ailleurs. Guidée par une brise, un aura. Et elle avait le droit, oui, elle avait le droit de s’abandonner à lui, pour lui. Elle en avait le devoir, même, parce que c’était écrit quelque part. Où, elle ne savait pas. Elle le sentait juste dans l’électricité de ses baisers. Mais elle en était certaine : elle ne pouvait pas faire machine arrière, c’était déjà trop tard. C’était déjà gravé dans la pierre et dans sa peau. Dans son souffle, il y avait son prénom parfois qui venait s’abattre sur ses lèvres quand il avait le malheur de quitter sa peau. Comme là, avant qu’il ne prenne la parole.

« Et c'est quand je suis à genoux, à tes pieds, que je suis grand... »


Sur ses lèvres, il y avait un sourire quand elle lui coupa la parole dans un baiser. Elle sentait ses doigts chercher les siens, eux qui couraient jusqu’à sa nuque alors qu’elle l’obligeait à se pencher un peu sur elle, renforçant ses lèvres contre les siennes. Mais elle finit par le laisser attraper ses mains, y lier ses doigts. Quels étaient les siens, quels étaient ceux de Seth. Son coeur s’emballait, ne lui répondait plus trop occupé à l’assourdir de ses battements puissants. Et elle se noyait un peu au milieu de ses émotions, des nouvelles par-ci par-là qui lui faisaient un peu peur et sur lesquelles elle ferma les yeux. Pas maintenant, plus tard. Quand il n’y aura plus le souffle de Seth contre son cou qu’il martelait de ses lèvres. Encore et encore. Puis il se redressa, la toisant d’un regard presque ivre. D’elle, de lui. Et elle le lui rendait, de ses deux billes ensoleillées où il avait réussi à trouver une place entre les astres qui le peuplaient. Quand il se perdait dans son jour, elle s’égarait dans sa nuit. Opposés qui s’attirent, se ressemblent finalement. Se complètent certainement.

Et si nous ne devons plus nous voir sur aucune de ces terres, souviens-toi que malgré tout je t'attends...

Alors il leva sa main, immense, qu’elle attrapa sans plus attendre et déposa contre sa poitrine là où son coeur se battait pour sortir tant il s’entêtait à n’être que tambours violents. Elle voulait qu'il le sente s'affoler à la seule pensée d'être obligée de se souvenir plus que de pouvoir voir. C’était son tour, maintenant, de lui embrasser le cou. Avec fièvre et tendresse, remontant jusqu’à sa mâchoire puis s’approchant de son oreille où elle y glissait quelques mots.

« Je n’en aurais pas besoin. » souffla-t-elle doucement. « Parce que je n’oublierais pas. »

Elle l’embrassa encore un peu, ça et là. Gouttes d’eau qui venaient s’abattre contre le sable brûlant qu’était sa peau. Et il y avait comme une urgence soudaine en eux. Parce qu’ils manquaient de temps, ils en manqueraient toujours. Et peut-être que demain ils ne seraient plus. Peut-être qu’ils ne quitteraient jamais ce vaisseau. Et s’ils le feraient, qu’adviendrait-il alors ? De tout ça, d’eux ? Se quitter, s’éloigner. Mais pas s’oublier, non. Et comment ferait-elle pour reprendre le cours de sa vie quand ces murs métallique avaient été témoins de biens des choses surprenantes. Redeviendrait-elle une moitié d’elle sans sa présence pour la combler ou le souvenir de sa peau contre la sienne suffirait-il à la compléter. Partirait-il un jour, se souvenir. Et cette présence qui ne l’avait jamais quitté, pas même dehors dans le froid de l’espace.

« Je ne pourrais pas… »

Un murmure tandis qu’elle glissait ses mains dans son dos à nouveau, sous son t-shirt et sur sa peau irrégulière marquée par des années de combat certainement, et de coups, surtout. Sentir sa peau, elle qui irradiait maintenant, avait le don d’apaiser l’urgence de ses baisers. Un peu, juste assez pour qu’elle tremble moins alors.

Jamais.

Et c'était souffrir un peu que de l'envisager. Parce qu’elle ne voulait pas ne plus le voir, elle ne voulait pas l’oublier. Ses pensées la dirigèrent vers les visages de ses parents qui avec le temps devenaient plus stériles et perdaient de leur détails, eux qu’elle ne pouvait plus voir et qu’elle oubliait un peu plus chaque jour. À quoi ressemblait le sourire de sa mère, déjà ? Et son père, quel parfum avait-il lorsqu’elle le serrait dans ses bras ? Ses lèvres finirent par le quitter, alors qu'elle posait son front contre son épaule, les mâchoires serrées.

« Promets-moi. » sa gorge se serrait un peu. « Promets-moi que ce ne sont pas nos derniers instants, que tu reviendras. N’importe où, n’importe quand. Promets-moi que l’on se reverra. »

Dans son dos, elle le tira plus encore vers elle, cachant son visage de celui de Seth parce qu’elle savait la tristesse qui s’y lisait certainement.

« S’il te plait. »

Ce qu’elle avait trouvé aujourd’hui, elle n’était pas prête de le laisser. Elle ne le voulait pas, simplement. C’était trop tard, de toute façon, et son coeur se serrait à l’idée de devoir subir un nouvel abandon, un nouvel oubli. L’oublier lui serrait alors synonyme de fin. D’elle et du reste. Tout le reste.



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A elle de supplier désormais, parce qu'il lui avait donné un cœur, oui, un cœur qui lui appartenait déjà depuis trop longtemps maintenant. Alors il la serra contre lui un peu plus, parce qu'il ne pouvait rien faire d'autre, que les promesses étaient mensonges mais qu'il les ferait pourtant. Par faiblesse, par amour peut-être, pour toutes les choses dites, pour toutes les choses tues. Elle hoquetait à présent, perdue au milieu de leur tempête, et cela ne s'arrêterait jamais bien sûr. Parce qu'ils étaient nés ainsi, au milieu d'une Chasse Sauvage bien trop grande pour eux, que la Force était là, qu'ils ne la maîtrisaient pas. Lorsque Seth ferma les yeux, il cru sentir son sang bourdonner à ses tempes avant de comprendre : non, point de sang, juste l'écho d'un sabre laser.
Un sabre qu'il ne portait plus, et l'Ordre était loin, tellement loin désormais. Parmi les cendres et les cadavres, odeur de chair brûlée, odeur de triste charnier.
Il pouvait crier son amour, le taire à chaque baiser aussi. Il pouvait lui tenir la main comme au dernier jour, comme au premier s'il y en avait jamais eu, et le juste milieu restait là, entre eux. Avec ce qu'ils savaient, avec ce qu'ils portaient.
Trouver les mots comme l'on pouvait chercher la foi, et Seth ne savait quoi dire alors face à ce qu'Agheera demandait. Il aurait voulu fermer les yeux, voir le futur au moins un peu, trouver où s'arrêterait le mensonge, où commencerait la vérité. Il ne le pouvait, évidemment, pas ici, pas maintenant, alors à nouveau il lui caressa la joue simplement. Sa merveille, sa déchirure....
De tristes mots, qui pour ses grands yeux tout aussitôt moururent....

 « Je te le promets, oui.... »

Par delà les fleuves et les océans, par delà la lune et les soleils, sur tout ce qu'il pensait précieux, sur tout ce qu'il avait détruit aussi.

 « Je te retrouverai... »

Sur le sang en leur veine, sur le sabre qu'il ne brandissait plus, sur elle, tremblante entre ses bras, elle qu'il ne lâcherait pas.

 « Et jamais tu ne prendras de chemins où je ne saurai te suivre »

Par delà la vie et la mort, et ils vivaient, là, tous les deux, l'un contre l'autre, écrasés par une puissance qu'ils ne possédaient pas. Dans ses yeux à lui, les nuages cachèrent le soleil, l'océan en furie. Il avait la mort aux lèvres, presque, Seth, malade et condamné. Et alors ?
L'homme secoua la tête, et son corps était un combat, et son amour une bataille. Quelque chose entre souffrance et pardon, lorsqu'aucun mensonge ne serait sez grand, lorsqu'aucun mensonge ne serait assez beau.
Douleur...

 « Sur la route la plus longue, je serai là, à tes côtés, sur la voie la plus obscure, sans lumière, je serai là aussi, tu le sais.... »

Ils étaient nés du froids de l'Espace, du désespoir et de l'abandon, loin des planètes et des soleils, eux qui n'appartenaient à rien, eux qui n'appartenaient à personne. Ils étaient nés à l'instant, enfin vraiment, l'un comme l'autre, l'un dans l'autre, et le sommeil les fuirait désormais, eux qui s'éloignaient de la beauté des choses.
Son amour, son orpheline....
Ce n'était pas une promesse, qui s'échappait de son cœur, qui s'échappait de ses lèvres, ce n'était pas une promesse, non, pas ces mots impossibles à garder, impossible à réaliser. Alors que les sentiments se déchiraient eux-aussi, et pourrait-on un jour aimer assez ?

Cela était une prière, un abandon, celui de l'homme debout toujours à genoux. Quelque chose de glaçant, car s'il n'avait le pouvoir d'être un héros mais qu'il devait vivre quand même, alors quel serait son camps ?
L'embrasser encore, l'embrasser toujours, de nouveau le feu, de nouveau l'incendie, et ses émotions étaient fortes, et ses émotions étaient grandes... Il se recula d'elle pourtant, la main sur son visage, oui il se recula. Quelque chose de vieux et d'ancien terriblement dans les yeux obscurs, et si cela n'était pas la dernière fois, pourquoi s'aimer, pourquoi s'embrasser ?
Mensonges, vérités....

C'était cela leur destiné ? Ne plus véritablement se trouver ? Et qu'il y ait toujours une première fois ainsi, au nom de toutes ces choses et ces baisers qu'ils n'avaient pu réaliser. Et grande, si grande paraissait sa main contre le visage d'Agheera, il pensa à d'autres histoires, d'autres univers, d'autres souffrances.
Il pensa à eux surtout.

Et quelque chose se fissura alors, quelque chose qui n'était pas en lui, quelque chose qui n'était pas en eux. Porté par la Force, les sens ouverts, il la reprit contre lui dans un geste totalement différent, la portant sans peine ni douleur, les membres animés par une force autre, les membres animés par la Force simplement. Quelque chose de fluide, de naturel et d'inhumain peut-être un peu. Parce qu'il l'avait senti.
La table s'écroula alors, fendue en deux, et qu'importe, car il était debout, et qu'Agheera était dans ses bras, voilà tout.
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Occupation : Ancienne mécanicienne pour la résistance, excellente pilote et combattante. Sensible à la force, mécanicienne sur la Watchtower à présent.
Localisation : Coruscant, précedemment D’Qar, originaire de Qi Lozar.
Race : Humaine, sensible à la force. Née dans un vaisseau en direction de Qi Lozar.

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seth & agheera
(codage by anaëlle)
Son coeur était lourd, son coeur était grand. Il battait comme un forcené à qui on aurait tout enlevé et qui retrouvait peu à peu sa liberté. Il battait tristement, aussi. À l’idée que ce qu’ils vivaient, là, n’avait vu le jour que pour mourir bientôt. Mourir surtout. Dans un jour, deux, trois, qu’importe. Mais que jamais les rayons du soleil ne viendraient caresser leurs mains emmêlées. Peut-être sentait-il alors cette soudaine ombre qui venait recouvrir son visage et ses yeux, loin des siens. Peut-être était-ce là la raison pour laquelle il la serrait plus encore dans ses bras, un peu plus et il l’aurait certainement brisée. Mais qu’il le fasse alors si cela pouvait l’aider. Son souffle était lent, entourée par ses bras elle y était en sécurité et le sentiment que rien ne pouvait l’atteindre pointa le bout de son nez. Comme si en disparaissant dans son ombre, elle pouvait s’y cacher et s’y fondre. Elle était fatiguée, Agheera.

« Je te le promets, oui....  Je te retrouverai. Et jamais tu ne prendras de chemins où je ne saurai te suivre »

Elle se pinça les lèvres, les sourcils courbés, tentant de dissimuler un sourire qui essayait de se frayer un chemin jusqu’à ses lèvres à travers un soupire. Seth était quelqu’un de bien, elle l’avait toujours su derrière son masque. Le même que parfois elle empruntait pour survivre face à des gens trop sombres, trop mauvais. Seth était différent. Il était bon, il lui était indispensable. Et ses bras autour de sa taille l’étaient encore plus, un soutien dont elle avait besoin. Une présence immuable, un endroit où se reposer, enfin, elle qui s’y refusait préférant se battre alors pour vivre et survivre. Il était l’ombre au milieu du désert, celle que beaucoup cherchent mais peu atteignent. Et elle l’avait atteint.

« Sur la route la plus longue, je serai là, à tes côtés, sur la voie la plus obscure, sans lumière, je serai là aussi, tu le sais.... »

Doucement, elle tourna la tête pour lui offrir son visage entre tristesse et apaisement. Et puis elle finit par lui sourire, doucement. Les yeux un peu humides parce qu’elle continuait à avoir constamment peur de devoir repasser par là. Par les nuits à hurler aux étoiles de lui rendre ceux qu’elle aimait. Par les nuits à pleurer son corps entier à la terre et au sable de l’empêcher de les oublier.

« Je le sais. » répéta-t-elle faiblement.

Elle était fatiguée, tout comme il l’était lui. Elle le sentait dans ses bras qui parfois tremblaient, elle s’en souvenait dans sa chute. Mais aucun n’avait la force de quitter l’autre, de se tourner le dos, de se déchirer un peu. Elle se redressa à peine, juste assez pour quitter son épaule et retrouver son visage. Yeux dans les yeux toujours. Elle voulait lui dire tant de choses mais n’en trouvait pas le courage. Et il faudrait alors qu’elle comprenne pourquoi quand ses mains la frôlaient elle était parcourue de frissons. Pourquoi quand ses yeux la dévisageaient, elle se sentait soudainement mise à nue. Et pourquoi, pourquoi, elle se sentait entière seulement dans ses bras. Si c’était ça l’amour, alors qu’il en soit ainsi. Agheera s’approcha doucement, leurs visages se touchaient presque et elle déposa sur ses lèvres un baiser qui se voulait doux, tendre. Un baiser qui voulait lui dire oui, lui dire que s’il était à elle, alors elle serait à lui. Mais il se transforma rapidement en quelque chose de plus sauvage, frappé par des émotions trop grandes. Trop fortes. Celles de Seth, celles d’Agheera, qui se mêlaient les unes aux autres. Alors à qui la passion appartenait, à qui l’envie était ? Et l’urgence alors, lequel des deux la ressentait ? Ses mains quittèrent son dos pour retrouver son visage que ses doigts connaissaient par coeur, l’encadrant, le poussant à elle dans une envie pressante de le sentir contre le sien. D’abattre ses lèvres sur les siennes, plus vite, plus fort. Encore.

Mais il en décida autrement. Posant sa main tout contre son visage, elle l’englobait presque et Agheera voulut l’espace d’un instant y disparaitre toute entière. Qu’entre ses doigts elle y glisse comme le sable de Qi Lozar et que sur sa peau elle ne laisse que la poussière de milles et une vies. Ses lèvres quittèrent les siennes qui pourtant les appelaient, fiévreuses, maladives, affamées. Et puis ses jambes quittèrent les siennes. Il était là, debout et grand. Elle se sentait soudainement minuscule, moitié de rien. Et il la regardait si étrangement alors, qu’elle finissait pas l’interroger du regard. Anxieuse qu’il lui tourne le dos. Pourtant il y avait toujours sa main sur son visage et elle y apposa la sienne, petite et fine.

Silencieux.

Regards enchaînés l’un à l’autre. Il n’y avait rien, plus rien autour d’eux. Pas même la table sous elle, pas même le vaisseau. Il y avait peut-être le ciel noir et les étoiles étincelantes, qui sait. Mais dans ses yeux à elle, il n’y avait que ceux de Seth. Sombres, profonds, perdus. Elle lui tendit la mains dans un geste docile, qu’avait-il tout à coup pour s’éloigner d’elle ainsi ? Avait-il des doutes ? Des inquiétudes ? Mais elle n’eut pas le temps de lui dire quoi que ce soit que la table sous elle craquait et que les griffes de la gravité menaçaient de la tirer vers le sol.

Elle ferma les yeux, prête à tomber.

Mais elle ne sentit que les bras de Seth l’entourer juste à temps, ses mains glisser jusqu’à ses cuisses alors qu’elle agrippait sa nuque, l’entourait à son tour de ses jambes qu’elle croisait dans son dos. Sauve.

Seth ne tremblait pas, et elle sentait ses mains l’empoigner avec force. Plus encore qu’auparavant, comme si enfin il ne tremblait plus et que la fatigue l’avait quitté. Agheera rouvrit les yeux, surprise, rassurée aussi qu’il l’ait rattrapé. Mais comment avait-il fait ? Elle avait senti la table se dérober sous elle trop tard pour réagir et lui, lui s’était jeté sur elle avant même qu’elle ne s’effondre. Ses yeux rencontrèrent les siens et ce fût suffisant pour qu’elle cesse de s’inquiéter sur le pourquoi du comment. Elle se contenta de poser son front contre le sien dans un soupire.

« Ce vaisseau finira vraiment par nous tuer… » dit-elle, une plaisanterie qui cachait pourtant bien une angoisse réelle.

Et son rire presque déjà tu ne pouvait effacer l’anxiété qui parcourait ses veines. Trois jours à se restreindre, voilà ce qui leur restait avant de devoir abandonner tout espoir. Doucement, Agheera délia ses jambes et les laissa glisser le long de celles de Seth l’obligeant à ne plus maintenir sa poigne sous ses cuisses jusqu’à ce qu’enfin ses pieds ne touchent le sol. Ainsi debout, elle retrouvait sa place sous la carrure de Seth. Rassurante, imposante. Elle devait lever les yeux pour rencontrer les siens et ne trouvait toujours pas le courage de lâcher ses mains toujours accrochées à son cou. Fatiguée, elle posa sa tête contre son torse les yeux rivés vers le sol. Trois jours donc. Et que feraient-il après ? Et que feraient-ils pendant ? Cela faisait déjà deux jours et aucun ne s’était passé correctement. Les épreuves s’accumulaient, les catastrophes étaient évitées de justesse. Fuite, panne, astéroïde. Quelle serait la prochaine excuse du vaisseau pour tenter à leur vie ? Seth avait été le premier, en serait-elle la seconde ? Non, bien sûr que non. Elle devait s’en convaincre, elle devait oublier ses peurs et ses inquiétudes. Continuer à avancer. À espérer pour le meilleur et non pas pour le pire. Pensive, ses mains avaient dérivé de la nuque de Seth à son dos, retrouvant la chaleur de sa peau, y dessinant du bout des doigts quelques cicatrices sans qu’elle n’y réfléchisse plus. Parce que pourquoi y réfléchir à deux fois quand ses lèvres avaient rencontré les siennes, avaient rencontré sa peau.

« Je vais me coucher… » dit-elle, en soupirant.

Puis elle s’écarta doucement de Seth, de ses bras, de la chaleur de sa peau, pour retrouver le vide et la froideur du vaisseau alors que même la tempête qui les entourait semblait se calmer. Et elle ne connaissait pas l’heure, mais qu’importe.



« soon enough my time will come
and all who stood in my way will fall. »


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Be near me when my light is low,
     When the blood creeps, and the nerves prick
     And tingle; and the heart is sick,
And all the wheels of Being slow.




Ce qu'elle promettait à chaque baiser, il l'oubliait, lui, son cœur brisé, qu'importe du futur ou du passé. Car cela arriverait, car cela était arrivé, l'homme le savait, la douleur, et la haine. Ils avaient choisi la passion après tout, celle de se tenir l'un contre l'autre, de s'oublier, alors oui cela arriverait. C'était le vide ou cela, et le vide, Seth n'en voulait plus. Pas quand d'autres avaient le droit de ressentir, pas lorsque la solitude n'avait jamais été son choix.
Il aurait pu pleurer peut-être, il aurait pu pleurer bien sûr, après tout l'homme l'avait déjà fait. Au lieu de cela, l resta debout simplement, prenant une conscience aiguë du vaisseau alors, le vaisseau qu'il ne combattait pas. L'homme avait appris à refuser certaines batailles après tout, une leçon de Luke, une leçon sans laquelle il serait mort aujourd'hui lui aussi, saignant de trop nombreuses blessures. Et quel enseignement pourrait-il un jour porter, avec ses yeux noirs et son corps meurtri ? Poussière d'étoile contre ses doigts, poussière d'étoile aux creux de ses mains, tout s'envolait....
Il pensa à un enfant, un enfant mort d'avoir voulu trop aimer, il pensa à lui alors sûrement, et il la lâcha. Comme elle le lui demandait. Dormir, se reposer, et l'homme acquiesça un peu,
la laissant partir, laissant son ombre s'arracher à la sienne. Il ne pouvait la retenir, et ses propres mots lui revinrent à l'esprit. Parce que Seth avait promis de la suivre, peut être, et la suivre, ce n'était pas être à ses côtés. Pas vraiment....

 « Va... »

Il resta immobile, lui, bien après qu'Agheerai ait franchi la porte pour rejoindre ses quartiers. Il resta immobile, comme abandonné. Les débris de la table, la sensation pesante du vaisseau même, l'envie d'être ailleurs... Et il avait soif aussi, parce qu'il y avait eu le verre d'eau. Le verre d'eau qu'il avait voulu, qu'il n'avait pas réussi à se verser. A présent, la table était écroulée, d'autres obstacles, d'autres difficultés. Chaque seconde lui apportait son lot de réflexion sur les gestes à faire, il leva le bras, toute énergie disparue, et le monde tremblait de toutes parts, incontrôlable pour sa pauvre personne. Son geste lui donna comme un sentiment de nausée, parce qu'il ne pouvait le contrôler bien sûr, parce que chaque espace semblait comme se rebeller contre ses mouvements. Il était un corps étranger dans un tout ne souhaitant que le rejeter.
La bouteille...La bouteille d'eau là, sur le plan de travail. Il avait oublié quelque chose pourtant ? Ah oui le verre, et sa gorge le brûlait...mais où étaient les verres ? Il n'allait pas trouver. Il avait besoin d'une main sur son épaule, d'une voix pour le guider, il avait besoin de quelque chose, oui, quelque chose autre que la pitié, et la colère grondait soudain....
Il la retint.
C'était cela, sa solitude, celui d'une aide qui ne viendrait jamais, celui de l'incompréhension aussi. Il voulait boire, il voulait manger, il voulait dormir.... Il voulait pleurer, comme aurait pleuré l'enfant avant lui, l'enfant qu'on ne l'avait jamais laissé être.
Encore une fois, il y eut de l'eau renversée, car s'il pouvait faire des choses, il les faisait mal malgré tout. Et le verre n'était pas plein, juste à moitié à peine, rien d'assez suffisant pour étancher sa soif. Seth ne pouvait faire plus, alors il se contenta de ce qu'il avait réussi à prendre, de ce qu'il avait arraché.
C'était dur de se retenir, se retenir de hurler, envoyer contre le mur ce verre qu'il ne savait remplir, briser ces choses qu'il ne pouvait vraiment toucher. Une malédiction en lui, un peu, mais la colère n'apporterait rien d'autre que les yeux pleins de reproches d'Agheera, que son accusation silencieuse aussi, parce qu'elle aussi, elle ne comprenait pas.
Alors encore une fois, Seth ravala chacune de ses noires pensées. Il avait l'habitude, cela ne se perdait pas, cela blessait juste toujours, voilà tout.

L'homme quitta la cuisine finalement, ne sachant où aller. Il lui semblait sentir le sommeil d'Agheera, ne voulait la déranger. Alors il ne suivit aucune direction, simplement son souvenir à elle, son souvenir d'elle, pour se retrouver devant une porte close. La sienne.
Lentement, Seth posa la main contre la paroi, espérant presque y sentir le souffle d'une respiration, espérant l'imaginer un peu peut-être.
Agheera, qu'il pouvait rejoindre, Agheera, prête à ouvrir ses lèvres, à ouvrir ses bras, et après ? S'y réfugier, tout oublier.... Il avait veillé sur son sommeil une fois, mais le jeu avait changé, et la folie était proche.
La table, la table qui s'était brisée bien sûr, comme un jugement rendu, une frontière à ne pas dépasser.

Il entra.

Il entra pour simplement s'asseoir au pied du lit, adossé contre le matelas. Il dormirait ou ne dormirait pas, mais il était là. Pour veiller sur elle, son sommeil à nouveau, tant qu'il le pouvait encore, tant que les ténèbres s'éloignaient un peu.

 « Si jamais tu fais un beau rêve qui te donne la solution pour se sortir de là...hésite pas à partager »
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seth & agheera
(codage by anaëlle)
Le monde semblait si vaste, si vide maintenant. Et sur ses bras elle sentait encore un peu ceux de Seth, sur son visage il y avait son odeur, sur ses lèvres les siennes. Comme un souvenir encore trop vif, encore trop frais et qui pourtant elle ne voulait pas voir partir. Parce qu’en s’éloignant, elle s’était perdue. Le souffle plus lent, le coeur calme. Elle avait l’impression que là, dans le froid du vaisseau, plus rien n’avait de couleur ou de goût. Un monde bien étrange qu’elle redécouvrait, seule, désenchantée. Chaque pas qui la menait à ses quartiers sonnait comme un glas, un avertissement, une plainte même. Oui, voilà, une plainte monotone. Son corps tout entier désirait faire demi-tour, mais son esprit la sommait de s’accorder du repos. Elle avait faim. De lui.

Ses mains recommencèrent à s’agiter, là, tandis que le temps passait et qu’elle prenait conscience de ce qu’il s’était passé, frappée de plein fouet par la réalité. Qui était-elle, alors. Agheera ne se reconnaissait pas, mais cela avait été plus fort qu’elle et elle n’avait pas trouvé le courage de combattre l’incendie qui brûlait. Ni l’envie, finalement. C’était nouveau. C’était étrange. C’était merveilleux aussi. Elle, la femme sauvage, le félin, la lionne, qu’importe. Elle la méfiance incarnée, la désabusée, elle avait trouvé quelqu’un capable d’apprivoiser ses démons. Et pire, elle se plaisait à jouer avec les siens. Un écho lugubre, un miroir fêlé. Une main dans la sienne, des lèvres sur sa peau. Une ombre au milieu du désert. Pourquoi lui, pourquoi elle. Comment. Des questions qui n’avaient plus aucun sens, plus d’intérêt même maintenant qu’elle acceptait d’être consumée par les flammes d’un autre, et que les siennes se mêlent à d’autres, et que le feu devienne incendie. Qu’importe si elle ne saisissait pas tout.

Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle se sentait mal seule dans ses quartiers. Comme au pied d’un mur qu’elle ne franchirait qu’avec son aide. Tout ce qu’elle savait, c’était que sur sa peau il y avait encore la trace de ses lèvres, marquée au fer rouge. Et son âme criait famine à présent, de s’être plongée dans une autre et d’en être privée si rapidement. Son coeur ne battait plus que pour elle, maintenant. Calme. Sonné. Comme elle. Ses doigts tremblaient un peu quand elle se détachait les cheveux, quand elle les passait entre ses boucles châtains, démêlait du bout des doigts les noeuds là où il avait perdu ses mains. Et elle frissonnait en se déshabillant car sa peau réclamait celle brûlante de Seth, un appel qu’elle ne contrôlait pas. Un besoin, certainement. Ailleurs, elle enfilait des vêtements plus légers destinés au sommeil, comparables à ce qu’elle portait sur Qi Lozar pour dormir quand la nuit la température ne tombait pas. Et elle avait froid, alors.

Ses pensées ne fatiguaient pas, la ramenant toujours à Seth. À lui, à eux. À cet instant qu’ils avaient partagé et surtout à la passion qui elle non plus ne tarissait pas. Elle la sentait encore ramper autour de son buste, affamée. Pendant un moment, elle essaya de dormir sans succès. Mais bien vite, la fatigue prit le dessus et sans qu’elle ne s’en rende compte, elle finit par sombrer. Au milieu d’un lit trop grand, glacé.

Il y avait le soleil, clément. Et cette brise toujours présente qui l’appelait et la guidait. L’herbe lui caressait les jambes et du bout des doigts elle pouvait en frôler l’extrémité tant celle-ci était haute. C’était une forêt. Non, une clairière. Et la clairière était vide si ce n’était pour elle qui marchait lentement se délectant de l’herbe haute. Une voix l’appela derrière, elle se retourna.

Sa porte s’ouvrit dans un bruit de respiration.

Agheera ouvrit les yeux, juste assez pour voir la silhouette de Seth dans l’encadrure de la porte éclairée par les lumières du couloir. Elle aurai pût être en colère, lui dire de partir, qu’elle voulait dormir. Mais cela aurait été mentir. Et le feu se réveilla un peu lorsqu’il s’approcha du lit tandis que du bout des bras elle se relevait sous les draps.

« Seth ? » dit-elle, d’une voix encore un peu endormie.

Pas de réponse, seulement l’ombre de Seth qui maintenant se fondait dans l’obscurité de la pièce. La porte s’était fermée, la pièce était noire d’encre. Mais il y avait son ombre qu’elle avait l’impression de voir comme en plein jour. Il s’asseya par terre, au pied du lit et Agheera s’approcha de lui silencieusement, féline. Elle n’avait pas besoin de lumière pour savoir exactement où il était. Elle le sentait, et son corps tout entier le réclamait alors. Que ce soit lui, ou simplement ses mains. Ses lèvres. Qu’importe.

« Si jamais tu fais un beau rêve qui te donne la solution pour se sortir de là...hésite pas à partager »

Un sourire s’esquissa sur ses lèvres. Imbécile. Maintenant à sa hauteur, elle le savait dos à elle. Et ses épaules étaient larges et sculptées. À genoux sur le matelas, elle fit couler ses doigts par dessus ses épaules, les glissant doucement sur son torse jusqu’à ce qu’elle ne le puisse plus. Là seulement, elle posa sa tête sur son épaule, enfouissant son visage dans son cou. Elle était gelée, et la peau de Seth contre son visage la faisait se sentir un peu plus vivante. Elle apposa ses lèvres dans son cou une unique fois, baiser furtif et solitaire.

« Si seulement… » souffla-t-elle, un peu plus réveillée.

Elle murmurait plus qu’elle ne parlait sans savoir pourquoi. Peut-être était-ce dû au fait que la pièce était plongée dans un silence et dans une obscurité qui lui donnait l’impression alors que tout était feutré. Peut-etre était-elle seulement fatiguée. Et son souffle se perdait dans le cou de Seth quand elle parlait, chaud.

« J’ai rêvé d’une clairière. Un peu. » avoua-t-elle, se souvenant de la sensation de l’herbe haute sur ses jambes nues. « Il faisait beau. »

Agheera rêvait toujours de verdure, plus encore maintenant qu'elle en avait vu de ses propres yeux, qu'elle avait senti l'herbe fraîche sous ses pieds. Elle se tût enfin, profitant de la chaleur qui émanait du corps de Seth, de ses mains contre son buste. Et de celui-ci qui se soulevait à intervalle régulier. Les yeux fermés, elle n’avait besoin ni de les ouvrir, ni même de lumière pour voir Seth. Elle le sentait sous elle, et elle avait la sensation également qu’il était un peu en elle. Comme une présence qui ne partait pas. Écrite sur sa peau.

Et puis dans un souffle.

« Reste… »



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